Nicolas Hulot : nouvel espoir des anti-GCO

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La nomination de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique donne quelques espoirs aux anti-GCO. Le ministre veut remettre à plat le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Ils lui demandent d’en faire de même pour le projet d’autoroute.

Les sondages géotechniques ont rendu le projet concret depuis l’automne dernier. Photo : DNA

Les sondages géotechniques ont rendu le projet concret depuis l’automne dernier. Photo : DNA

Le Grand contournement ouest de Strasbourg est le dossier de tous les possibles. En 2012, un changement de président de la République, associé à des négociations financières difficiles pour le concessionnaire pressenti, avaient abouti à l’interruption de la procédure d’appel d’offres. Elle a été relancée depuis et Vinci confirmé comme concessionnaire de la future A355.

Aujourd’hui, les opposants à ce projet d’autoroute, dont les travaux préliminaires ont débuté, se prennent à rêver que le changement de président de la République, et surtout, la nomination au ministère de la Transition écologique et solidaire de Nicolas Hulot, aboutissent à une interruption du projet avant le lancement du cœur du chantier, début 2018.

« Oui, c’est une demande qu’on va lui formuler, explique Dany Karcher, le maire de Kolbsheim et membre du collectif GCO Non merci ! Sa nomination est un bon signe et ce dossier mérite d’être remis à plat. S’il signait une ordonnance qui dirait « tout s’arrête », on applaudirait, mais nous ne sommes pas naïfs. Il y a plein de gens en face qui ne comprendraient pas un arrêt brutal. Il faut le remettre à plat, qu’on en parle et là, le projet tombe de lui-même ».

De fait, Nicolas Hulot ne s’est jamais exprimé officiellement sur le contournement autoroutier de Strasbourg. Du côté des militants écologistes, on pense se souvenir qu’il aurait donné son point de vue, opposé au projet, en 2011 en comité restreint lors de la primaire des Verts.

Mais rien d’officiel. Nous avons contacté le ministère de la Transition écologique, en pleine installation, qui n’a pas encore donné suite à nos questions.

Ce que l’on sait, c’est que Nicolas Hulot a été invité en Alsace par le président de l’Eurométropole Robert Herrmann pour l’inauguration du forage de géothermie de Vendenheim, le 12 juin. On ne sait pas encore si le ministre répondra favorablement à l’invitation ni s’il envisage d’ajouter l’une ou l’autre étape dans le Kochersberg à sa visite alsacienne.

Toujours est-il que les réseaux écologistes cherchent à préparer le terrain. Ils ont commencé à approcher l’entourage du ministre pour le sensibiliser à leur cause, contre le projet d’autoroute.

Les récents propos de Nicolas Hulot sur Notre-Dame-des-Landes viennent les conforter.

Dimanche en effet, dans une interview au JDD, le ministre s’est dit favorable à une remise à plat de l’épineux dossier de l’aéroport. Et hier, il a effectivement nommé trois médiateurs.

La différence avec l’aéroport du grand ouest est que le projet d’autoroute alsacienne est lancé. Les sondages archéologiques ont été réalisés, ainsi que les travaux préparatoires au chantier dont le début officiel est annoncé pour le début de l’année prochaine.

Vinci a fait une demande de prolongation de la DUP qui arrive à échéance en janvier. L’option est prévue dans le contrat de concession et semble pouvoir être accordée sur simple demande. Le projet est bel et bien engagé et son interruption est peu probable (lire encadré).

Mais du côté des partisans du GCO, la menace est réelle. « Il y a déjà un ministre qui a interrompu l’écotaxe, ça a coûté un milliard d’euros, explique Robert Herrmann en faisant allusion à Ségolène Royal. Et d’ajouter, sur le ton de l’ironie : « On n’est pas obligé de renouveler l’expérience à chaque fois. Il y a une DUP. Arrêter, c’est toujours possible mais ça dépend combien ça coûte. Et ça peut coûter très cher ».

En attendant, les militants se préparent à agrandir la cabane anti-GCO de Kolbsheim et annoncent, sans qu’il soit possible de connaître l’état précis de la mobilisation qui il est vrai, plafonne ces derniers temps, une occupation permanente.

DNA/Olivier Claudon (02/06/2017)

Que dit le contrat ?

Le contrat de concession signé entre l’État français et le concessionnaire Arcos (filiale du groupe Vinci) ne prévoit qu’une possibilité de résiliation, hormis les cas de force majeure qui eux sont définis comme étant extérieurs aux signataires du contrat, imprévisibles et irrésistibles.

Il s’agit de l’article 37.3 qui stipule que le concédant (l’État) peut mettre fin au contrat de concession « pour un motif d’intérêt général », après un préavis de douze mois et moyennant indemnité. Mais seulement à compter de la 27e année suivant la date d’entrée en vigueur du contrat, signé en janvier 2016. Donc pas avant 2043.

DNA/O.C. (02/06/2017)

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