Bouquet d’espèces

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Aux côtés des jardins botaniques, monastiques, publics, romantiques, d’ornement ou potager mis à l’honneur ce week-end, les refuges LPO cultivent la biodiversité. Exemple à Lingolsheim où sur 4 ares volettent 37 espèces d’oiseaux.

Dans la banlieue strasbourgeoise, un petit coin de nature posé en pleine ville. Photo : DNA - Simone WEHRUNG

Dans la banlieue strasbourgeoise, un petit coin de nature posé en pleine ville. Photo : DNA - Simone WEHRUNG

Pas très difficile de trouver la bonne adresse, il n’y a qu’à suivre les piaillements d’oiseaux. À l’arrière de la mairie de Lingolsheim dans un lotissement de la fin des années 50, on change tout d’un coup d’univers.

L’endroit n’a plus rien du jardin d’ornement qu’il abritait à l’origine, tout juste les occupants ont-ils gardé les arbres qui y avaient été plantés, notamment un érable du Canada encadré par un sureau et un lierre. « À quelques exceptions près, tout ce qui pousse ici est indigène », souligne Philippe Henry, artisan infatigable de ce petit bout de nature posé en pleine ville. Durant des années, il a ramassé des graines dans la nature ou ramené des plants du jardin de ses parents dans les Vosges pour donner racine à ce jardin-refuge en plusieurs strates. Sur quatre ares à peine, il y a un coin forestier pour la hauteur (et le hibou qui un temps y a élu domicile), une strate arbustive avec un prunellier, une bourdaine ou un fusain et un tapis herbacé et fleuri (pervenche, aspérule odorante, onagre,…). Des petits aménagements améliorent l’accueil pour la faune : sous un hôtel à insectes, des tas de bois mort abritent hérissons et musaraignes et un bassin héberge des poissons ainsi que des grenouilles rousses et vertes. Le caractère naturel du jardin est tel qu’il a fallu protéger le bassin des hérons en y tendant des fils.

Le site recèle une centaine de fleurs différentes et une cinquantaine d’arbustes, de quoi offrir gîte et couvert à toute une faune diverse, des oiseaux surtout. Tandis que son mari se passionne pour la botanique, Sylvie s’est entichée des oiseaux qui viennent trouver refuge et nicher dans leur jardin.

Bouquet d’espèces

Bientôt, un livre

Photographe amateur, elle ne manque pas une occasion de s’extasier sur leur beauté et leur comportement et de fixer d’un déclic leurs expressions et les scènes les plus pittoresques comme cette mère qui tient une araignée hors de portée de son oisillon pour le faire sortir du nichoir. Il lui suffit de se pencher par la fenêtre pour capter l’image des merles chanteurs, des mésanges charbonnières et leurs petits, des rouges-queues à front blanc, grimpereaux des jardins ou même des plus rares serins cini.

Elle a rassemblé les meilleures photos prises dans son jardin en un album qu’elle a par ailleurs agrémenté de commentaires ornithologiques et de conversations imaginées entre les volatiles. « Les oiseaux sont tellement expressifs que j’ai eu envie de les faire parler » s’amuse-t-elle. L’album a séduit l’éditeur Jérôme Do Bentzingen qui le publiera fin juin sous le titre Vies d’oiseaux.

Le seul regret de Sylvie est de ne pouvoir y faire entendre les chants de ses pensionnaires dont elle a appris de sa maison à reconnaître chaque intonation.

DNA/Simone Wehrung (02/06/2017)

 

Un refuge pour les oiseaux

Dans le jardin des Henry… Photo : DNA - Simone WEHRUNG

Dans le jardin des Henry… Photo : DNA - Simone WEHRUNG

Le jardin de Sylvie et Philippe Henry est un des quelque 600 refuges LPO (ligue pour la protection des oiseaux) en Alsace. Un refuge LPO est un terrain (voire un balcon) sur lequel le propriétaire s’investit en faveur de la préservation de la nature. Pour obtenir l’agrément, il suffit de rejoindre le réseau (près de 20 000 en France) et adhérer à une charte. Le signataire recevra en retour un nichoir à mésange, des guides sur les oiseaux, sur les aménagements ou les mesures pour favoriser la biodiversité ainsi qu’une information régulière avec des fiches pratiques.

DNA (02/06/2017)

Allons voir si la rose…

Plus de 60 jardins ouvriront leurs portes ces 2, 3 et 4 juin dans le cadre de la 15e édition des Rendez-vous aux jardins.

L’Alsace compte 15 jardins remarquables dont celui de Kolbsheim, en partie menacé par le tracé du grand contournement ouest de Strasbourg. Ouvert samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; dimanche de 14 h à 18 h. Photo : DNA

L’Alsace compte 15 jardins remarquables dont celui de Kolbsheim, en partie menacé par le tracé du grand contournement ouest de Strasbourg. Ouvert samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; dimanche de 14 h à 18 h. Photo : DNA

À partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche, le ministère de la Culture invite le public à découvrir plus de 2 200 jardins publics et privés à travers toute la France. En Alsace, une soixantaine d’événements sont programmés, le vendredi essentiellement à l’intention des scolaires, samedi et dimanche pour le grand public.

Chaque année, de nouveaux jardins se joignent à la manifestation, comme le moulin de Barr et ses jardins vivriers, d’inspiration médiévale ou moderne (18, rue de l’Altenberg, samedi et dimanche de 10 h à 18 h), la cité-jardin du Stockfeld à Strasbourg, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco (place des Colombes, jardin public, visite guidée samedi 15 sur inscription au 03 68 98 72 73) ou le jardin des ifs de Châtenois (8, rue du maréchal Foch, les 2, 3 et 4 de 14 h à 18 h). Et comme chaque année, fidèles au rendez-vous : le jardin du château du Hohlandsbourg, le parc de la villa Burrus à Sainte-Croix-aux-Mines (concert dimanche à partir de 11 h), les remarquables jardins du temps d’Illzach (81, rue des Vosges, samedi et dimanche de 10 h à 19 h) ou le jardin public du musée Lalique à Wingen-sur-Moder (spectacle le dimanche à 11h30n 14 h 30 et 16 h 30).

Plus d’info sur rendezvousauxjardins.culturecommunication.gouv.fr

DNA (02/06/2017)

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