Bas-Rhin et Moselle unis autour de l’A4-Lorentzen

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Hier matin (le 9 juin), Frédéric Bierry et Patrick Weiten, présidents des conseils départementaux du Bas-Rhin et de la Moselle, ont affiché leur désir commun et leur engagement financier afin de voir aboutir le projet de liaison routière.

Les deux présidents, Patrick Weiten et Férédric Bierry, et les deux conseillers départementaux, Marc Séné et Nadine Holderith-Weiss, devant le tracé de la future route. Photo : DNA

Les deux présidents, Patrick Weiten et Férédric Bierry, et les deux conseillers départementaux, Marc Séné et Nadine Holderith-Weiss, devant le tracé de la future route. Photo : DNA

C’est désormais acté. Le département du Bas-Rhin va porter les travaux de la liaison routière A4-Lorentzen dans les années à venir. C’est d’ailleurs, selon le président du conseil départemental, Frédéric Bierry, « le projet le plus important financièrement » du plan territoires connectés qu’il a présenté pour l’occasion (lire en page régionales).

Cette validation par l’assemblée départementale est le résultat de plusieurs avancées notables dans ce dossier bloqué depuis près de 40 ans. Après un accord sur le tracé et une reprise de discussion avec les agriculteurs et les associations de défense de la nature ces dernières semaines, la construction de cette route de 5,8 km de long entre Thal-Drulingen et Lorentzen va également recevoir le soutien financier des collectivités locales et du département voisin de la Moselle.

« Un territoire qui se sent parfois délaissé »

Le président du Département de la Moselle a expliqué pourquoi sa collectivité allait mettre deux ou trois millions d’euros sur la table pour ce projet qui devrait en coûter environ 20 millions. « Cela permet de désenclaver un territoire qui en a besoin. Le pays de Bitche est en impasse aujourd’hui. Les habitants du Bitcherland l’attendent cette liaison qui les rapprochera de l’autoroute, mais qui facilitera aussi l’accès des touristes jusqu’à chez eux. »

Un soutien qui a été accueilli avec bonheur par Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin, qui a vu dans cette présentation de nombreuses symboliques. Après avoir mis l’accent sur l’importance financière de ce projet, il explique que le choix de présenter un plan départemental en Alsace Bossue est « un symbole, car c’est un territoire qui se sent parfois délaissé, à part ». Il mettra ensuite en avant la symbolique forte liée à ce partenariat avec la Moselle, parlant de démarche partenariale privilégiée entre les deux territoires.

« Les discussions vont se poursuivre »

Le président bas-rhinois indique que lorsqu’il a découvert ce projet routier : « Je me suis dit, tout ça pour aussi peu de véhicules ? Mais au fil des discussions avec les élus et avec les entreprises du secteur, vous avez réussi à me montrer que ça allait au-delà. »

Et Frédéric Bierry de citer les impacts positifs attendus autour de cette route. Sur le plan économique, il rappelle que cet axe devrait faciliter les convois exceptionnels comme ceux de Sotralentz. Il a aussi mis en avant que le tracé retenu compte « deux zones d’activités, à Thal-Drulingen et à Diemeringen ».

Il a également insisté sur l’aspect sécuritaire de cette route, qui devrait permettre aux habitants de plusieurs communes du secteur « de ne plus avoir autant de camions qui passent sous les fenêtres ».

Le conseiller départemental et président de la communauté de communes de l’Alsace Bossue, Marc Séné, n’a pas caché sa satisfaction. « C’est un instant qui compte pour notre territoire. Cette liaison, c’est un projet qui date de 40 ans. Il y a eu beaucoup d’annonces auparavant. Aujourd’hui, on entre dans le concret », indique-t-il.

Toutefois, avant le démarrage réel du chantier, il reste encore quelques étapes à franchir. « Les discussions vont se poursuivre avec les agriculteurs et les associations de défense de la nature », indique Marc Séné. Elles devraient aboutir d’ici à la fin de l’année à la présentation d’un dossier devant le CNPN (conseil national de protection de la nature). C’est cette instance qui devrait dire si les compensations environnementales prévues, autour de 43 hectares mis en réserve à l’heure actuelle, sont suffisantes.

« Le jour où le passage au CNPN est fait et validé, on envoie les pelleteuses et on y va », a lancé Marc Séné. Auparavant, il est tout de même prévu une enquête publique dans le cadre de la loi sur l’eau. Si tout se passe bien, les travaux devraient débuter en 2018, pour une mise en service de la route en 2020 ou 2021.

DNA/Thomas Lepoutre (10/06/2017)

Le tracé de la future liaison A4-Lorentzen a été présenté hier matin à Thal-Drulingen. Document remis - Conseil départemental du Bas-Rhin

Le tracé de la future liaison A4-Lorentzen a été présenté hier matin à Thal-Drulingen. Document remis - Conseil départemental du Bas-Rhin

Quelques Données techniques

La liaison A4-Lorentzen, telle qu’elle a été présentée hier matin, devrait mesurer 5,8 km de long, avec un passage sous la voie ferrée Sarreguemines-Strasbourg non loin de Lorentzen.

Afin de permettre le passage des convois exceptionnels, une déviation leur permettra de passer au-dessus de la voie ferrée pour rejoindre ensuite la route départementale qui rejoint Rohrbach-lès-Bitche puis Bitche.

La route sera une deux fois une voie, avec une chaussée de 6 mètres et un accotement de 1,50 m de chaque côté.

L’emprise du projet s’étalera sur 35,55 hectares, dont un peu moins de 8 hectares seront imperméabilisés.

36 passages pour la petite faune y sont prévus ainsi que neuf ouvrages hydrauliques.

Une fois terminée, cette route devrait permettre de réduire d’un tiers le temps de trajet entre Rohrbach-lès-Bitche et l’autoroute. Actuellement, il faut 34 minutes pour parcourir 25 kilomètres. Avec la liaison, il faudra 22 minutes pour les 16,3 km entre la commune mosellane et l’A4.

DNA (DNA (10/06/2017)

Publié dans Environnement

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