Roger Waters : une tournée très politique

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Il y a des spectacles dont on se souviendra longtemps et d’autres qu’on préférerait oublier au plus vite. À 73 ans, l’ex-Pink Floyd Roger Waters invente le concert ultime, celui qu’on n’oubliera jamais.

Roger Waters : une tournée très politique

New York

Vingt-cinq ans. Un quart de siècle que les fans de Pink Floyd l’attendaient. Le nouvel album solo de Roger Waters, Is this the life we really want (Columbia/Sony Music), sort dans les bacs début juin. Et pour que le bonheur soit complet, le Britannique débute aujourd’hui à Kansas City (Missouri) une tournée phénomène, pour l’instant limitée à l’Amérique du Nord, avec un spectacle inédit qu’il vient de dévoiler en avant-première près de New York, où il vit désormais.

Dix minutes avant le début du concert s’allume l’écran géant situé derrière la scène et montant jusqu’au sommet des tribunes latérales. Apparaît une femme, de dos, assise sur une plage balayée par les vents, et semblant observer le roulis de l’océan. Puis les lumières de la salle s’éteignent enfin et les musiciens entament le planant enchaînement Speak to me/Breathe , de Dark side of the moon. C’est le guitariste christique Jonathan Wilson qui assure le chant, sur des images hallucinantes de création du monde et de la Terre. Bientôt on survole la célèbre usine londonienne Battersea de la pochette d’Animals. Apparaît une mystérieuse sphère métallique. Ce seront, avec la femme de la plage, les trois fils conducteurs de la soirée.

Violente charge anti-Trump

À la basse, planté au centre de la scène, Roger Waters lance l’instrumental One of these days et s’empare du micro pour le classique Time. La voix est posée, étonnamment puissante pour ses 73 printemps. Pas autant toutefois que celles des deux choristes qui subliment l’indémodable Gig in the sky. C’est le moment pour Waters de dévoiler trois morceaux de son nouvel album, Déjà Vu, The last refugee et Picture that. Le public, conquis, se lâche complètement sur le magistral Wish you were here et hurle son plaisir sur Another Brick in the wall.

Après quelques minutes de pause, au milieu du public jaillit la centrale électrique Battersea, au son de Dogs. Ses cheminées fumantes vont alimenter la violente charge politique tout au long de cette seconde partie où le résistant Roger Waters dénonce pêle-mêle le racisme, les violences policières, la pollution, le réchauffement climatique, les maltraitances animales, les exclusions sociales, la guerre, les menaces sur les LGBT… Bref, ce qu’il appelle la « machine ».

Les images deviennent inquiétantes, dérangeantes. Sur Pigs, Donald Trump, maquillé et en porte-jarretelle, est clairement désigné comme cible principale. Défilent à l’écran des citations peu flatteuses du président américain. Le morceau s’achève sur un énorme « Fuck Trump ». Énorme ovation.

Mais c’en est trop pour certains qui préfèrent quitter la salle. Ils rateront le meilleur. Au bout de près de trois heures de trouvailles sonores et visuelles permanentes, le spectacle s’achève sur l’image apaisée de la jeune femme sur la plage, rejointe par une petite fille. Tout n’est peut-être pas désespéré. D’ailleurs, il se murmure que Roger Waters pourrait venir jouer à la rentrée 2018 à la nouvelle U Arena de Paris. Mais chut, on ne vous a rien dit…

DNA/Thierry CUGNOT (26/05/2017)

Roger Waters : une tournée très politique
Roger Waters : une tournée très politique Roger Waters : une tournée très politique Roger Waters : une tournée très politique

Publié dans Portrait

Commenter cet article