Reconnection à la terre

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les Obernois ont peut-être déjà aperçu sa silhouette longiligne et son regard bienveillant. Normal, Loïc Etienne, 53 ans, est très investi dans l’aventure des Incroyables comestibles et Jardin’aide. Autre corde à son arc : l’association Canop’terre dont il est le co-fondateur. Une porte d’entrée pour parler agroécologie et jardinage au naturel.

Loïc Étienne donne des cours de permaculture à une classe de 2 nde du lycée agricole d’Obernai. Document remis

Loïc Étienne donne des cours de permaculture à une classe de 2 nde du lycée agricole d’Obernai. Document remis

Le cap de la cinquantaine aura eu raison d’une carrière professionnelle passée dans une multinationale. Sans renier sa vie d’avant, le petit-fils d’agriculteur décide de tourner la page. L’envie de « se reconnecter à la terre » et de « se relier aux autres ». Loïc Etienne s’est désormais bâti un quotidien sur-mesure, partagé entre des engagements professionnels (coatching, animation de stages d’intelligence collective et développement personnel) et associatifs multiples.

Toujours acteur, jamais suiveur, l’Obernois a co-fondé fin 2015 Canop’terre. Inspirée des préceptes du penseur Pierre Rabhi, ce centre de formation unique en Alsace vise à donner des clés en agroécologie et permaculture et tisser du lien social. « On présente les techniques pour un jardinage au naturel, sans produit de synthèse, économe en eau, sans retourner la terre et en associant les bonnes plantes entre elles. Il s’agit de revenir à de bonnes pratiques, pour aller avec la nature et obtenir de beaux légumes et fruits. »

Aucun réfractaire

Implantée sur un terrain mis à disposition par le lycée agricole à Erstein, Canop’terre articule son action autour de cours théoriques et travaux pratiques, notamment à destination du grand public. Elle sort aussi de ses murs pour se faire consultante auprès de collectivités (mairie de Ribeauvillé, etc) et sensibiliser de futurs agriculteurs. Le formateur Loïc Etienne initie au maraîchage en permaculture une vingtaine d’élèves de 2nde pro au lycée agricole d’Obernai. Un enseignement qui « plaît beaucoup. Je n’ai senti aucun réfractaire. »

Même si l’agroécologie demande « beaucoup de réflexion et planification », les bons rendements, le respect des ressources naturelles et l’envie de cultiver autrement font mouche. Résultat, ce modèle agricole grignote du terrain… et les esprits. Des nouveaux adeptes qui, comme Loïc Etienne, veulent être « cohérents » avec leurs valeurs.

DNA/Amandine Hyver (07/05/2017)

Publié dans Portrait

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