Oublier la ville

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Sur l’eau, au jardin et le long des sentiers, la fête du Parc naturel urbain battait son plein, hier, à Koenigshoffen, l’Elsau et la Montagne-Verte. Détours par le jardin de permaculture du pré Saint-Gall et la « parade » des clubs d’aviron.

Les visites en famille susciteront peut-être des vocations de jardiniers. Photo : DNA - jean-François Badias

Les visites en famille susciteront peut-être des vocations de jardiniers. Photo : DNA - jean-François Badias

Une quinzaine d’avirons sont regroupés, sur l’Ill, quelque part entre Ostwald et la Montagne-Verte. À fleur d’eau, parmi les cygnes et les colverts, entourés de saules, de peupliers, de roseaux, la ville se devine à peine. Le Cercle d’aviron de Strasbourg (CAS) et le Rowing club sont réunis, à l’occasion de la fête du Parc naturel urbain, « pour montrer la force de l’aviron et la beauté de l’Ill », souffle Bernard Burtin, le président du Rowing club. Dans un porte-voix, son homologue du CAS, Alain Bonnot, livre ses dernières instructions pour un passage relativement groupé sous la passerelle de l’Illhof. Les rythmes des amateurs de promenades en yolette – bateau stable accueillant cinq personnes –, des rameurs aguerris et des compétiteurs ne s’accordent pas forcément.

Auparavant, le Rowing club proposait, comme chaque samedi matin, des initiations à l’aviron. L’après-midi, c’est au tour du CAS de donner au public la possibilité de s’initier à la rame sur ergomètre. Basé sur l’île Weiler, le club est en plein PNU et son président participe régulièrement aux ateliers dédiés. Le CAS a notamment créé un sentier des canotiers aux abords de ses installations, où des panneaux évoquent l’histoire du canotage.

« Celui-ci était très vivace il y a un siècle », précise Alain Bonnot. Désormais, la navigation sur l’Ill aux abords de Strasbourg est essentiellement dévolue au tourisme, au sport et aux loisirs. Ceux-ci pourraient encore s’y développer, d’autant que l’aviron est accessible à tous. Gilles Bloch, qui le pratique depuis cinq ans au sein du Rowing club est conquis : « Je courrais le long des canaux mais mes articulations commençaient à souffrir. Ramer sur l’Ill, c’est une fenêtre de bonheur et de respiration dans la semaine. D’ici, on a une autre perspective sur le monde et on envie à peine les gens qui habitent Saint-Malo ! »

Au pré Saint-Gall, 80 ares sont dévolus à la permaculture, une culture des sols harmonieuse, durable et peu gourmande en énergie. DNA - jean-François Badias

Au pré Saint-Gall, 80 ares sont dévolus à la permaculture, une culture des sols harmonieuse, durable et peu gourmande en énergie. DNA - jean-François Badias

80 ares en permaculture

« Cela paraît une jungle, mais ça ne l’est pas totalement, les fraisiers, par exemple, sont utilisés comme couvre-sol », observe Pierre Ozenne, président de l’association Permaculture partagée Saint-Gall. Sur le pré du même nom, celle-ci cultive 80 ares de potager. La petite averse du début d’après-midi n’entame pas la volonté de ses membres de faire partager leurs connaissances de la permaculture – une culture des sols harmonieuse, durable et peu gourmande en énergie – et leurs petits plats à base de chou perpétuel d’Aubenton, ou parfumés à l’oignon patate.

« On en voit beaucoup ici, car il est très bien adapté au site, il se démultiplie facilement », explique Pierre Ozenne. Quatre jeunes Strasbourgeois le suivent dans sa visite du jardin et sa description de variétés par forcément présentes dans les potagers « classiques » : la pimprenelle, aromatique vivace qui peut remplacer le persil, l’arroche rouge, une plante de la famille des épinards, le panais ou la roquette sauvage. Framboisiers, groseilliers et cassissiers font office de coupe-vent tout autour du potager.

Le jardin est divisé en six zones exploitées par autant de groupes qui ont leur propre mode de fonctionnement, collectif ou individuel. Si le jardin est dimensionné pour 40 familles, ce chiffre n’est pas encore tout à fait atteint. « Il y a beaucoup de gens pleins d’entrain, mais c’est quand même du boulot : il faut trouver le temps et la volonté », remarque le président de l’association.

Séverine, qui a toujours vécu en ville et n’a jamais jardiné est sur le point de se lancer : « J’aime la philosophie de la permaculture, et puis c’est plus sympa d’apprendre ici, avec des gens, que dans un livre. En jardinant, je saurai d’où vient ce que je mange ».

Aujourd’hui : Visites du jardin de permaculture du pré Saint-Gall (accès par le chemin du Marais-Saint-Gall) de 10 h à 16 h ; pique-nique festif de 11 h 30 à 17 h 30 près de la passerelle de l’Illhof (accès par la rue des Carolingiens) ; exposition artistique et apicole à la tour du Schloessel (accès rue de la Rotlach) de 15 h à 17 h ; promenade historique au départ du foyer Saint-Arbogast à 14 h 15 ; portes ouvertes et ateliers au jardin partagé de la rue Saint-Fridolin de 14 h à 18 h.

DNA/Ju.M. (14/05/2017)

Publié dans Initiative

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