Nature intime

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Il se dégage de ses photos, au demeurant fort poétiques, une inquiétante étrangeté. Stéphane Spach présente jusqu’au 25 juin ses paysages, écorces et séries de nids au Centre d’incitation à la nature et à l’environnement de Bussierre.

Une nature intime et étrange, à découvrir jusqu’au 25 juin ses photographies au CINE de Bussierre. Photo : Stéphane Spach

Une nature intime et étrange, à découvrir jusqu’au 25 juin ses photographies au CINE de Bussierre. Photo : Stéphane Spach

Des écorces de bouleaux photographiées recto/verso ; des nids en série, sans jamais l’ombre d’un oisillon ; des branches au sol, couvertes de lichens quasi fluorescents ; des herbes hautes couchées par les vents… Les photographies que Stéphane Spach, installé à La Claquette, dans la Vallée de la Bruche, présente à partir d’aujourd’hui au CINE de Bussierre, ont toutes quelque chose d’étrange et de pénétrant.

Peut-être parce qu’elles donnent à voir une nature intime, peu spectaculaire et presque monochrome, sans rien autour pour distraire l’attention, invitant par ricochet à l’introspection. On croirait ses paysages sortis d’un conte un peu noir dont les personnages auraient mystérieusement disparu… « J’aime l’idée que chaque lecteur puisse y projeter son imaginaire et ses fantasmes », résume le photographe.

À la fois étrange et familière

Stéphane Spach cadre serré, gomme volontiers les ciels, rayonne dans un périmètre réduit autour de chez lui et a une forte propension pour la mauvaise saison. « La pluie, la brume, la nature au sortir de l’hiver, proposent une palette d’une richesse infinie, bien plus intéressante que les ciels bleus d’été », estime ce mélancolique assumé devant un tirage très graphique saisi au Champ du Feu en une grise journée.

Adepte des séries, qu’il voit, dit-il, « un peu comme des études pour un peintre » –, il aime « épuiser un sujet » avant de passer à autre chose. Qu’il s’agisse des nids, pour sa série Hortuli, des écorces ou de l’intérieur des grenades. Dans son cabinet de curiosités personnel, on trouve aussi des manches de couteau hors d’âge, des vestiges de lampes de poche ou du verre recyclé. « Actuellement, je travaille sur une série que j’ai intitulée Babel, en photographiant l’intérieur de pots de fleurs récupérés. […] J’aime cette idée de collecte et de collection. Tout cela forme ma « matériothèque » émotionnelle », conclut ce discret photographe de l’intime.

Un autre regard

« Cette exposition est parfaitement en phase avec ce que nous essayons de mettre en avant au CINE de Bussierre : amener les gens à poser un autre regard sur la nature et l’environnement », estime pour sa part le vice-président (également photographe) de l’association Strasbourg incitation nature environnement, Bernard Irrmann. Elle s’inscrit dans le programme annuel d’expositions proposées au CINE de Bussierre, « dans lequel nous essayons toujours d’alterner les formes d’art », précise-t-il. Fin juin, les photographies de Stéphane Spach céderont ainsi la place aux xylogravures tirées à même les troncs d’arbres et aux peintures de Roland Jacob. Une autre vision de la nature, encore.

L’exposition « Paysages d’à côté et autres petites collections » de Stéphane Spach est visible du 25 mai au 25 juin au CINE de Bussierre, 155, rue Kempf à Strasbourg. www.spach-fine-art.com . Plus d’informations : www.sinestrasbourg.org

DNA/Valérie Walch (25/05/2017)

Publié dans Initiative

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