Les riverains mobilisés

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Quand ils regardent par leur fenêtre, ils aperçoivent un vénérable érable. Au nom de la biodiversité et du bien vivre dans le quartier, ils aimeraient que cela continue. Alertés samedi par le bruit des tronçonneuses, les riverains du 9, rue Sleidan (Quartier de l’Orangerie à Strasbourg) se mobilisent pour sauver un arbre qui doit être abattu.

Action contre l’abattage prévu d’un arbre avec Daniel Schaefer (à gauche) et Jean Luc Déjeant, président de l’ADIQ. Photo : DNA - Laurent RÉA

Action contre l’abattage prévu d’un arbre avec Daniel Schaefer (à gauche) et Jean Luc Déjeant, président de l’ADIQ. Photo : DNA - Laurent RÉA

Le permis de construire fait état d’une « modification de l’aspect extérieur, d’un ravalement de façade et d’une construction neuve de 44 m2 ». Accordé le 8 décembre 2015 et toujours affiché, « il n’avait suscité en son temps ni recours, ni réaction », insiste Muriel Burstin, responsable du projet pour le marchand de biens M2B, propriétaire de cet immeuble de cinq étages sis au 9, rue Sleidan.

Tout le contraire de la pétition qui circule depuis samedi et qui a déjà recueilli quelque 150 signatures. C’est que l’érable situé au fond de la cour est le dernier grand arbre encore debout dans ce pâté de maison ; à ce titre, il est visible par de nombreux habitants du secteur compris entre les rues Sleidan, Wimpheling, Fischart et Geiler. Or, ledit projet immobilier comprend la transformation de l’atelier qui se trouve dans la cour en petite maison d’habitation, moyennant la construction d’une extension à l’arrière… laquelle nécessitera l’abattage de l’érable, « dont les racines toucheraient autrement la maison », explique Muriel Burstin. Elle ne comprend pas l’ampleur – ni le caractère tardif – de la mobilisation. « Nous avons respecté toutes les règles et jamais personne n’est venu nous parler de cet arbre. Le seul avec qui je l’ai évoqué est le propriétaire du 7, rue Sleidan, qui semblait plutôt se réjouir qu’il s’en aille en raison des saletés qu’il occasionne », justifie-t-elle. Elle précise par ailleurs qu’un arbre – dont l’essence et la taille restent à définir – sera replanté à l’issue du chantier.

Le soutien de l’ADIQ

« Samedi matin, c’est une riveraine qui a donné l’alerte en entendant les tronçonneuses s’attaquer à ce vénérable érable de 70 ans », explique Daniel Schaefer. Ce locataire du 7, rue Sleidan a pris la tête de la fronde. Au nom de la nature en ville, de la défense de la biodiversité, des oiseaux qui nichent ici et des chauves-souris qui auraient été aperçues à proximité. Au nom de la qualité de vie d’un quartier où l’on a instauré une zone 30 et où l’on composte largement, aussi, et des nouvelles dispositions du PLU protégeant le secteur au titre « d’espaces plantés à conserver ou à créer » – même si le permis de construire a été accordé avant son adoption. Et d’évoquer aussi « la cohérence avec une politique municipale qui invite, à grande échelle, les habitants à effectuer des plantations au pied des arbres ».

Les riverains, soutenus par l’ADIQ (Association de défense des intérêts des quartiers Centre-Est de Strasbourg), dont le président Jean-Luc Déjeant était hier sur place et a demandé par courrier au marchand de biens « de surseoir à l’abattage », ont déjà alerté l’adjoint de quartier Olivier Bitz et comptent se fendre d’un courrier au maire dans l’espoir d’être entendus.

Intimidée samedi par la large mobilisation spontanée et des habitants qui lui ont assuré (à tort) que l’arbre était classé et à ce titre protégé, la personne en charge de l’abattage a pour l’instant préféré battre en retraite, abandonnant au sol les premières branches coupées. Mais M2B, sûr de son bon droit, reste décidé à mener à bien son projet.

DNA/Valérie Walch (03/05/2017)

Publié dans Initiative

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Carmen Zamojduk 03/05/2017 17:10

Il y a trop d'arbres abattus pour des raisons futiles ,les forêts se depeuplent partout uniquement pour batir ou autre pretexte !