Le dépassement de soi

Publié le par Jean-Louis Schmitt

À 39 ans, Ludovic Bediot a décidé de tout plaquer pour prendre « le temps de vivre » et de « se retrouver ». Parti à vélo de La Petite Montagne dans le Jura, il y a un peu plus d’une dizaine de jours, il entend ainsi rejoindre les pays de l’Est.

Ludovic Bediot, l’homme à vélo. Photo : DNA-Jean-Paul Kaiser

Ludovic Bediot, l’homme à vélo. Photo : DNA-Jean-Paul Kaiser

Cette rencontre n’était pas prévue. Un reportage à l’Etappenstall et, à l’intérieur, un homme à la tenue décontractée. À l’extérieur, un vélo et quatre sacoches attachées, cela sent les vacances. La curiosité nous amène alors, avec le photographe Jean-Paul Kaiser, à lancer la discussion. Lui, c’est Ludovic Bediot. Le visage déjà un peu bruni par le soleil, il indique « faire un périple à vélo » qui devrait le conduire en Norvège puis dans les pays de l’Est avant de revenir dans le Jura. « Je me suis arrêté à Erstein par hasard », explique-t-il avec un large sourire. Un sourire qu’il retrouve jour après jour… Depuis qu’il a tout plaqué pour faire un “break”, prendre le temps de vivre tout simplement.

Courage et leçon de vie

« Je travaillais dans le domaine des ressources humaines et puis j’en ai eu assez. J’ai connu aussi une déception sentimentale, là j’ai senti que j’avais besoin de me retrouver, de me ressourcer. Voilà pourquoi j’ai décidé de réaliser ce périple à vélo. Cela devrait durer six mois », raconte-t-il. Avant de confier : « Je suis transplanté du rein et j’avais aussi envie de me prouver et de prouver aux gens qu’on peut faire des choses, même si on a été gravement malade. Maintenant, je suis guéri. »

À la force des mollets, avec un mental d’acier tout de même, il supporte un poids de 36 kilos – son cycle en pèse 16 – et pédale en moyenne une trentaine de kilomètres par jour. « Mais je ne me fixe pas d’objectif, je me laisse porter par les rencontres aussi, par les routes que j’ai envie de prendre. Je bivouaque, c’est très plaisant. »

Dix euros par jour pour vivre

Depuis son départ, il trimballe sa vie dans ses quatre sacoches : « Une pour la buanderie, une autre pour la maison, une pour la cuisine et une pour l’atelier réparation », lâche-t-il en éclatant de rire. Quant à son budget : « 10 euros par jour ». « C’est largement suffisant pour m’acheter des carottes, des tomates, des céréales. Et puis j’ai quand même un peu d’argent de côté au cas où… Et si j’ai un gros pépin, j’ai mon portable pour appeler mes proches. » Ludovic Bediot est parti pour avaler des kilomètres durant six mois : « C’est mon pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. »

DNA/Nolwen ALLAIN (24/05/2017)

Publié dans Coup de coeur

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