L’appel du jardin

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Depuis bientôt dix ans, Catherine Kern façonne le jardin de sa propriété. Désormais ouvert au public de mai à septembre, il s’anime lors de rendez-vous nationaux. Le premier de l’année, c’est dimanche, avant les Rendez-vous aux jardins en juin.

Vue toute en perspective sur l’allée du verger où quetschiers, cerisiers et pommiers s’épanouissent. Sur un hectare, le jardin propose plusieurs ambiances.

Vue toute en perspective sur l’allée du verger où quetschiers, cerisiers et pommiers s’épanouissent. Sur un hectare, le jardin propose plusieurs ambiances.

Pas de pancartes ostentatoires ni de fléchage criard. Protégé par les épaisses murailles de grès qui forment les remparts de la ville de Boersch, un jardin philosophe d‘un hectare, aussi discret que remarquable, sommeille. La douceur du printemps, doublée d’attentions toutes particulières de ses propriétaires, le fait renaître. Dimanche, pour la fête de la nature, il sera exceptionnellement ouvert de 14 h à 19 h, avec la présence musicale des ensembles Fiati Insieme et Tapatou.

« Le reste de l’année, nous n’ouvrons qu’à 15 h et à 17 h les samedis, dimanches et jours fériés. Nous accueillons ceux qui se tiennent à l’entrée et refermons derrière eux jusqu’au prochain créneau horaire », explique la délicieuse propriétaire des lieux, Catherine Kern, qui se fait un devoir de recevoir et de commenter chacune des précieuses particularités de son jardin philosophe.

« Ni rigueur française, ni exubérance anglaise »

À la fois historique, d’agrément, contemplatif et méditatif, le jardin émerveille par son architecture soignée et rigoureuse. Une verticalité presque vertigineuse submerge le visiteur, tantôt happé par une vue encadrée sur le Mont Sainte-Odile, tantôt emporté par des lignes de fuite interminables.

« La particularité de notre jardin repose sur le fait qu’il ne tient ni de la rigueur du jardin à la française ni de l’exubérance du jardin à l’anglaise. C’est un savant mélange des deux. Et c’est en cela qu’il est exceptionnel ». La présence d’arbres centenaires, de roseraies exceptionnelles et d’une diversité rare de végétaux réjouiront spécialistes et néophytes.

L’intérêt de la visite ne s’arrête pas là. Une seconde lecture — ou plutôt promenade — se fait sous-jacente. L’histoire et la culture, tout comme le tumultueux petit canal de dérivation de l’Ehn, baigne chaque carré, chaque espace vert. Chargée de mission à la Direction régionale des affaires culturelles à la retraite, Catherine Kern ne cache pas son penchant pour l’histoire de l’art et se délecte à évoquer le jardin philosophe comme berceau de la famille Spindler, dont l’illustre chanoine et marqueteur sont issus. Ce qui n’est pas pour déplaire à Erwin Kern, son mari, archéologue à la retraite. Le couple n’a de cesse de promouvoir ce jardin labellisé «remarquable» en 2012, tout en veillant à le préserver.

Le couple Kern n’a de cesse de promouvoir ce jardin labellisé Jardin remarquable en 2012, tout en veillant à le préserver. "Nous n'avons pas de chaises longues", plaisantent M et Mme Kern. Ils consacrent leur retraite au jardin philosophe Photo : DNA - Muriel Lang

Le couple Kern n’a de cesse de promouvoir ce jardin labellisé Jardin remarquable en 2012, tout en veillant à le préserver. "Nous n'avons pas de chaises longues", plaisantent M et Mme Kern. Ils consacrent leur retraite au jardin philosophe Photo : DNA - Muriel Lang

Renseignements : www.un-jardin-philosophe.com ou 03 88 95 80 47. Sentier dit Heffpfad, situé au-delà de la porte haute à Boersch, près du carrefour avec la route de Klingenthal. 3 € (2 € pour les 13-18 ans). Même tarif pour les Rendez-vous aux jardins, samedi 3 et dimanche 4 juin de 14 h à 19 h. Le reste de l’année : 5 €.

 

DNA/M.L. (19/05/2017)

Boersch

Une statue comme trait d’union entre Pau et l’Alsace

Catherine Kern, la propriétaire du jardin philosophe, aux côtés de la statue de sa grand-mère. Photo : DNA - Muriel Lang

Catherine Kern, la propriétaire du jardin philosophe, aux côtés de la statue de sa grand-mère. Photo : DNA - Muriel Lang

Depuis quelques semaines, les visiteurs du jardin philosophe de Boersch, labellisé jardin remarquable en 2012, peuvent admirer une nouvelle statue, baptisée La Dame Blanche. À plus de mille kilomètres de là, au centre-ville de Pau, se trouve une statue strictement identique, emblématique de cette ville depuis le début du XXe siècle.

Comment La Dame Blanche paloise s’est-elle dédoublée pour se retrouver à l’autre bout de la France ? Les explications sont à rechercher du côté de Catherine Kern, la propriétaire du jardin philosophe. Originaire des Pyrénées-Atlantiques, elle a découvert, le jour de la mort de sa grand-mère, Julienne Argacha, que celle-ci avait posé, à l’âge de 27 ans, pour l’artiste béarnais Ernest Gabard, ancien élève d’Auguste Rodin. À la veille de la Première Guerre mondiale, la jeune femme avait posé nue, incarnant depuis l’éternelle nymphe ornant la célèbre fontaine du centre-ville de Pau.

Catherine Kern était passée devant pendant des années sans savoir qu’il s’agissait de son aïeule. Dès lors, elle a veillé à la préservation de ce patrimoine, alertant la municipalité de sa dégradation.

Elle a fini par obtenir gain de cause : la fontaine paloise a bénéficié d’une cure de jouvence. Catherine Kern a même été invitée par le maire de Pau, François Bayrou, actuel garde des Sceaux, à l’inauguration de la « nouvelle » Dame Blanche. Elle s’est également vu remettre un second moulage de la statue de sa grand-mère, qui orne depuis le mois de mars le jardin philosophe, renforçant encore un peu plus le caractère mystérieux de ce lieu.

DNA (30/05/2017)

Publié dans Jardin

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