Des produits bio en direct de la ferme

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Ils sont jeunes et ont envie de travailler la terre selon leurs idéaux. Anne-Flore Migeon et Pierre-Luc Laemmel, un couple de trentenaires, a fait le pari de se lancer dans le maraîchage bio. Pour commercialiser leurs fruits et légumes, ils ont décidé de créer une Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) avec les consommateurs de leurs produits.

Anne-Flore et Pierre-Luc au milieu d’un de leurs champs sous serre. Photo : DNA - S.G.

Anne-Flore et Pierre-Luc au milieu d’un de leurs champs sous serre. Photo : DNA - S.G.

Se lancer dans l’agriculture est un sacré défi que ce jeune couple n’a pas hésité à relever. Sur une surface agricole de près de quatre hectares, principalement à Wilwisheim, Anne-Flore Migeon et Pierre-Luc Laemmel ont fait le choix du maraîchage bio. « Notre mode de production est donc sans produit chimique ni pesticide. Et nous travaillons peu le sol, dont nous respectons la biodiversité. Nous ne labourons pas et nous ne mélangeons pas les différentes strates », explique Pierre-Luc, dont le grand-père était agriculteur dans le village. Également formé à l’agriculture, le jeune homme a ensuite travaillé dans la gestion. Sa compagne, Anne-Flore, travaillait en tant qu’animatrice sociale dans une banlieue de Strasbourg. « On avait envie d’être plus proches de la nature », confie-t-elle avec le sourire.

« Nous voulions proposer une gamme complète de produits de la ferme »

Leur projet de ferme bio, baptisé « Ferme du Marais Vert », ils l’ont porté pendant trois ans. Pour être au top, le couple a suivi une formation d’une année en maraîchage au lycée agricole d’Obernai. « C’était vraiment très intéressant. Nous avons pu faire des stages dans des fermes sur des projets identiques au nôtre et visiter des différentes exploitations », soulignent les deux maraîchers débutants. « Nous voulions proposer une gamme complète de produits de la ferme, des légumes, des fruits et des œufs. En plus de nos terres à Wilwisheim, nous avons un verger à Saverne et un atelier de poules pondeuses », ajoute Pierre-Luc Laemmel.

Relocaliser sa consommation

Autre choix très affirmé du couple, la vente directe, à la ferme le mardi soir et par le biais d’une AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) en cours de création à Saverne. « Nous sommes à contre-courant de la mondialisation et avons envie de nous insérer dans notre territoire. L’AMAP va permettre aux adhérents de relocaliser leur consommation à des prix acceptables », explique Pierre-Luc.

L’AMAP permet aussi aux consommateurs et aux paysans de se rencontrer, de mettre un visage sur le nom du producteur. Concrètement, la ferme du Marais vert va proposer des paniers de fruits et légumes aux adhérents de l’association qui s’engagent sur une période de six mois. « C’est une forme de solidarité et d’organisation des cultures qui est importante pour nous », précise le couple. « Pour créer cette AMAP, nous avons organisé deux réunions de consommateurs à Saverne. À notre grande surprise, nous avons accueilli 35 personnes lors de la première et 20 pour la deuxième », se réjouit Pierre-Luc.

Suite à ces réunions, une vingtaine de contrats ont été signés et les premiers paniers livrés hier soir au centre socioculturel de Saverne, l’Îlot du Moulin. Un bel encouragement et un bon début pour le couple de maraîchers qui vit sa première saison, depuis début 2017. « Les cultures d’été arrivent bientôt. Nous attendons pour mi-juin les tomates courgettes, aubergines », énumère Anne-Flore. Quant aux fraises, elles ont comme partout subi le gel. « Nous avons protégé les plants avec des bâches, ça nous a permis de limiter les dégâts. Il y en aura, mais moins qu’espéré », constate Anne-Flore.

Pour l’avenir, le couple est confiant et ne manque pas d’enthousiasme. « Avec les membres de l’AMAP, nous prévoyons d’organiser des événements, pour que les gens se rencontrent et créent du lien. Nous serons aussi présents au Salon de la consommation responsable le dimanche 4 juin à Saverne », précise Pierre-Luc ravi de l’engouement suscité chez les consomm-acteurs de la région.

Vente directe au détail à la ferme à Wilwisheim, rue du 22-Novembre, tous les mardis de 16 h à 19 h, à partir du 16 mai. Distribution des paniers, tous les vendredis de 18 h 30 à 20 h à l’îlot du Moulin à Saverne.

Contacts : fermedumaraisvert@gmail.com .

 

DNA/Simone Giedinger (06/05/2017)

Huningue - Agriculture

Un potager et une filière courte derrière la vitrine

Le Jardin du Pfaffenbach a été ouvert à Huningue par deux agriculteurs qui y vendent leur production en direct, mais pas seulement. Photo : L’Alsace/Jean-Christophe Meyer

Le Jardin du Pfaffenbach a été ouvert à Huningue par deux agriculteurs qui y vendent leur production en direct, mais pas seulement. Photo : L’Alsace/Jean-Christophe Meyer

La filière courte dispose désormais d’un atout supplémentaire dans la région. Deux agriculteurs du Sundgau, Raphaël Gasser et Gilles Stehlin, viennent d’ouvrir un magasin de 200 m² au cœur de la vieille ville de Huningue, sur la place Abbatucci. « Le Potager du Pfaffenbach » est essentiellement ouvert à la production bio des deux agriculteurs, par ailleurs membres d’une AMAP depuis 2008, mais propose également d’autres produits agricoles bio ou conventionnels fournis par d’autres agriculteurs locaux (pour laisser le choix aux clients) ainsi que de l’épicerie fine issue de fabricants régionaux, de façon à disposer d’un choix qui ne se cantonne pas aux légumes de saison.

Si les deux agriculteurs mènent de front la vente directe, via ce magasin qui est le deuxième qu’ils ouvrent après Durmenach, dans le Sundgau, et la vente en AMAP, ils estiment qu’une partie de leur clientèle ne se retrouvait plus dans l’abonnement aux paniers, avec un choix restreint, mais demeurait acquise à la cause des filières agricoles courtes et vertueuses. D’où cette nouvelle surface de vente qui propose aussi bien des asperges du sud-Alsace que des oranges… provenant d’un sud plus lointain.

DNA (06/05/2017)

Publié dans Agriculture-Elevage

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Gaby 04/06/2017 12:27

J'ai été une des formatrices de Pierre-Luc et Anne-Flore pendant leur année de formation au centre de formation professionnelle, à Obernai et leur enthousiasme, leur énergie, leur volonté de travailler "juste", sans nuire à leur environnement mais en s'y intégrant intelligemment m'a bluffé. Il faut absolument les soutenir, ces projets restent fragiles et dépendent de notre engagement à tous. Intégrez leur amap ou passez au magasin le mardi soir, parlez-en autour de vous, rendez ce type de projets durables, pour notre bien à tous !

Marie 07/05/2017 07:57

Longue vie et tous mes voeux de réussite à ces jeunes agriculteurs, je suis abonnée à l'AMAP de Saverne. Ils sont si enthousiastes et pleins de bonne volonté, d'énergie, qu'on ne peut que les suivre.