Climat : l’urgence est toujours là

Publié le par Jean-Louis Schmitt

L’application du texte issu de la COP21 est suspendue à la décision des États-Unis. Or, selon le point annuel de l’ONU, le réchauffement de la planète se poursuit, avec un nouveau record de chaleur en 2016.

Dans l’Arctique, l’étendue de la banquise estivale a été, en 2016, la deuxième plus réduite jamais enregistrée (4,14 millions de km², après celle de 2012). Photo : AFP

Dans l’Arctique, l’étendue de la banquise estivale a été, en 2016, la deuxième plus réduite jamais enregistrée (4,14 millions de km², après celle de 2012). Photo : AFP

C’est une réunion technique avec un grand impact politique. À partir de lundi, les négociateurs de l’ONU reprennent les discussions sur l’application de l’accord de Paris sur le climat.

Obtenu à l’issue de la COP21 fin 2015, ce texte prévoit de limiter la hausse de température à l’échelle du globe en dessous de 2°C d’ici à la fin du siècle.

Cet objectif qui implique une transition énergétique radicale aux dépens des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) avait été approuvé à l’unanimité par les 196 pays signataires.

Depuis, l’élection du climato-sceptique Donald Trump à la tête des États-Unis a changé la donne. Les diplomates qui se réunissent à Bonn (Allemagne) pendant dix jours à partir de lundi ont donc un double agenda. Officiellement, ils doivent préparer la COP23 qui sera présidée par les Îles Fidji et se déroulera en Allemagne fin 2017 en vue de la mise en œuvre concrète de l’accord à partir de 2020. Mais leur rencontre aura aussi un autre but : tester leur unité à l’égard de la volonté des États-Unis de réduire le texte à néant.

Que va faire Donald Trump ?

Donald Trump, qui a annoncé vouloir sortir les États-Unis de l’accord de Paris, devrait préciser ses intentions fin mai. Le prochain G20 début juillet en Allemagne sera aussi un moment de clarification pour savoir si le climat reste en haut de l’agenda des pays les plus puissants de la planète. En plus de sa volonté de soutenir l’exploitation des énergies fossiles, Donald Trump prévoit de ne plus contribuer ni au Fonds vert pour le climat ni au financement de la Convention climat de l’ONU (qui encadre les négociations), ni au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Son attitude sera décisive, mais peut-être contrebalancée par les grandes puissances émergentes. La Chine et l’Inde sont, elles, conscientes de l’urgence climatique qui ne se dément pas.

Nouveau record de chaleur

La planète a battu en 2016 son troisième record annuel consécutif de chaleur, avec une température supérieure d’environ 1,1°C à la moyenne de l’ère préindustrielle. Le XXIe siècle compte déjà 16 des 17 années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1880.

Dans l’Arctique, l’étendue de la banquise estivale a été en 2016 la deuxième plus réduite jamais enregistrée (4,14 millions de km², après celle de 2012). Dans certaines régions de Russie, la température était supérieure de 6 à 7°C à la normale. Le niveau des océans continue de monter. La Grande Barrière de corail a pour la deuxième année connu son pire épisode de blanchissement. Or, les coraux affectés deux ans de suite n’ont aucune chance de s’en remettre, selon les scientifiques australiens…

DNA (DNA-06/05/2017)

 

Publié dans Environnement

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