Bientôt des cirques sans animaux ?

Publié le par Jean-Louis Schmitt

À l’écoute des associations de défense animalière, deux cirques ont récemment décidé de stopper les numéros d’animaux. En France, une cinquantaine de communes ont interdit des spectacles du genre sur leur territoire.

Avant de fermer définitivement son chapiteau, le cirque Barnum avait déjà stoppé les numéros d’éléphants. Photo AFP

Avant de fermer définitivement son chapiteau, le cirque Barnum avait déjà stoppé les numéros d’éléphants. Photo AFP

Un problème éthique à enfermer des animaux pour le plaisir

Franck Schrafstetter Président de Code Animal, Strasbourg

 

Franck Schrafstetter. Photo Setsuna

Quelles sont vos actions ?

Code Animal propose de l’information sur son site internet où on met à disposition du public de la documentation sur la défense de la cause animale. Cela passe aussi par du lobbying, des enquêtes ou des plaintes. Récemment, on a réussi à faire fermer le zoo de l’Orangerie à Strasbourg qui doit rouvrir sous une autre forme. Concernant les cirques, nous avions participé à la modification d’un arrêté désuet de 1978 sur les conditions des animaux en mars 2011.

Les spectacles sans animaux, c’est votre objectif à long terme ?

J’irai même plus loin, l’objectif, c’est qu’il n’y ait plus de zoos du tout. Code Animal est totalement abolitionniste pour cette thématique. Pour nous, il y a un véritable problème éthique à enfermer des animaux pour le plaisir de les regarder. On transforme les animaux en produits de consommation. La conservation doit se faire dans le milieu naturel, car l’espèce n’est rien sans son espace.

Quelle a été votre réaction à l’arrêté pris par Ségolène Royal sur la réglementation des delphinariums ?

On avait longuement discuté, et l’accord trouvé au départ était pour nous insuffisant, malgré une idée de progrès. Ça a été une belle surprise de voir que la ministre était finalement allée dans notre sens en interdisant la reproduction en captivité. La forme n’a pas été très correcte, surtout pour Marineland, puisqu’on l’a appris à la publication du Journal officiel, mais sur le fond, c’est une victoire.

DNA/Propos recueillis par Mathieu Waguette (28/05/2017)

Marineland va devoir abandonner ses spectacles avec les orques. Photo AFP

Marineland va devoir abandonner ses spectacles avec les orques. Photo AFP

Nager avec les dauphins, l’attraction phare du parc d’Antibes, Marineland, c’est bientôt fini. Et les spectacles avec les bondissants cétacés sont aussi menacés à long terme.

Depuis la diffusion en France du documentaire Blackfish qui retrace l’histoire d’une orque capturée puis domestiquée qui tue trois personnes, les associations et les pétitions sur les réseaux sociaux contre la captivité des mammifères marins dans les parcs ont explosé. Certains incitaient même à boycotter Marineland.

Début mai, l’ancienne ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, Ségolène Royal, a signé un arrêté qui réglemente les delphinariums, actualisant une loi datant de 1981.

Des mesures pour augmenter la taille des bassins et interdire les contacts entre le public et les animaux marins avaient été prises en concertation avec les directeurs des parcs et les associations de défense des animaux. Mais à la surprise de ces deux acteurs, la ministre a ajouté au dernier moment l’interdiction des échanges, de l’importation et de la reproduction des mammifères marins en captivité, réclamée depuis longtemps par les défenseurs de la cause animale. C’est un gros coup dur pour Marineland notamment, qui a ouvert sa saison le 15 mai dernier et avait, depuis 1970, fait des spectacles de dauphins et d’orques sa marque de fabrique. Pour les associations de défense des animaux, au contraire, « c’est une avancée historique » et « la fin programmée des delphinariums en France ».

DNA/M.W. (28/05/201)

Une action mondiale

Hasard du calendrier, les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) se sont réunis cette semaine à Paris pour adopter une résolution visant à assurer un meilleur respect du bien-être des animaux. Cette « première stratégie mondiale », ratifiée par les 180 pays membres de l’organisation, avait déjà été approuvée en décembre, lors de la tenue de sa 4e conférence mondiale sur le bien-être animal au Mexique. Elle vise à « assurer une direction et une coordination constantes des actions de l’organisation dans ce domaine important », a souligné l’OIE.

Concrètement, cette stratégie repose notamment sur l’élaboration de normes sur le bien-être animal et leur intégration progressive dans les politiques nationales des pays membres. « Les animaux peuvent être détenus comme animaux de travail ou de compagnie en vue de la production de denrées alimentaires, de fibres ou d’autres produits dérivés, ou bien à des fins éducatives ou scientifiques, et sont transportés et font l’objet d’un commerce dans le monde entier », rappelle également l’organisation. Si ces finalités sont « légitimes », selon elle, elles impliquent toutefois « une responsabilité éthique pour veiller à ce que tout usage des animaux » à ces fins « soit opéré dans des conditions décentes ».

DNA (28/05/2017)

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Iris Vdc 28/05/2017 10:36

Enfin......