Une cohabitation heureuse

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Mercredi dernier, la médiathèque de Barr accueillait une conférence de Nature et Vie sur la cohabitation intelligente avec la faune sauvage. Un événement qui prolongeait l’exposition « Le jardin refuge », visible jusqu’au 12 mai.

Il suffit de trouver le passage dans la toiture pour empêcher la fouine de pénétrer dans les greniers. DR - Photo David Hackel

Il suffit de trouver le passage dans la toiture pour empêcher la fouine de pénétrer dans les greniers. DR - Photo David Hackel

Les petits mammifères s’attardent dans les jardins, voire les greniers, non par curiosité mais parce que leur habitat naturel se rétrécit (la faute à l’urbanisation, à l’activité agricole, etc.).

« Les citadins qui s’installent à la campagne découvrent des animaux qu’ils cherchent à éliminer ou éloigner par ignorance ou par peur », remarque Cathy Zell, de la Ligue de protection des oiseaux (*).

Il faut cesser les classements arbitraires comme « les cygnes sont gentils et les fouines dangereuses », précise Jérémy Lamotte du Groupe d’étude et de protection des mammifères d’Alsace (*): un renard égaré ne restera pas et une concentration de cygnes nourris de pain peut se révéler pathogène.

La plupart des gens se sentent démunis en cas d’intrusion d’un animal sauvage. Face à ce qui est légal ou illégal, l’urgence et les maladresses, la LPO, au cours de ses 3 000 interventions annuelles, privilégie la pédagogie et trouve des solutions adaptées.

Au cours du débat, Cathy Zell et Jérémy Lamotte ont rappelé que ces hôtes dits indésirables ont aussi leur utilité dans la chaîne alimentaire.

Patience et ruse

Le public aura appris que les champs de maïs et la monoculture sont des supermarchés pour corbeaux ; qu’avec un peu de farine sur le plancher, il est facile de découvrir où rentre une fouine ; que le vitrage tue des centaines de milliers d’oiseaux chaque année ; qu’une simple planchette sous les nids d’hirondelles évite les salissures ; qu’un hérisson est une providence ; et que, selon une personne de la salle, un appareil à ultrason peut être efficace.

« J’ai appris que ce n’est pas l’urine des renards qui pose problème, mais ses excréments s’ils sont contaminés », rapporte Thibaut, de Heiligenstein.

Bon sens, patience, ruse et permanents de la LPO – en dernier ressort – sont de bons moyens de dissuasion. « Des solutions plus raisonnables que d’user de violence pour éloigner certains animaux sauvages qui n’ont rien contre nous », conclut Sylvie, de Mittelbergheim.

(*) LPO Alsace, 03 88 22 07 35 ; GEPMA, 03 88 22 53 51.

DNA/M.V (29/04/2017)

Publié dans Biodiversité

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