Petit insecte, grande maladie

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Vendredi 7 avril, à la salle polyvalente de Kutzenhausen, l’ADES (Association de défense de l’environnement et de la santé) a invité à une conférence sur la maladie de Lyme animée par le docteur Clarisse Delépine, médecin généraliste homéopathe de Bertstett.

Le D r Clarisse Delépine, animatrice de la conférence, et le D r Robert Wohlfart, président de l’ADES. Photo : DNA

Le D r Clarisse Delépine, animatrice de la conférence, et le D r Robert Wohlfart, président de l’ADES. Photo : DNA

« Cette maladie répandue dans le monde entier a été découverte dans la ville de Lyme, (Connecticut, USA) en 1975. Pourtant, elle date de plusieurs milliers d’années puisque les analyses ont révélé que le fameux Ötzi qui a vécu il y a 5 300 ans en était déjà atteint ! », a affirmé d’entrée le Dr Clarisse Delépine.

« La maladie de Lyme est une infection due à une bactérie de type borrélia, très souvent transmise par une morsure de tique, a-t-elle poursuivi. Il existe d’autres vecteurs, tels les moustiques, les taons, les araignées, les puces, les poux… La borrélia peut s’infiltrer dans tous les organes, tous les tissus du corps, y compris les os, sans qu’on s’en aperçoive au début. » Des propos pas vraiment rassurants pour les quelque 250 personnes présentes dans la salle ! Cette maladie peut toucher plusieurs organes, la peau, mais aussi les articulations et le système nerveux. Non traitée, elle évolue sur plusieurs années ou décennies en trois stades de plus en plus graves…

Trois phases de développement de la maladie

Durant la phase primaire, aléatoire (elle n’est pas obligatoire), se forme l’érythème chronique migrant (ECM). Il s’agit d’un cercle rouge qui entoure initialement le point de piqûre, et qui évolue pour atteindre un diamètre de 30 à 40 cm de diamètre, avant de disparaître : le centre de l’ECM retrouve peu à peu une couleur de peau normale.

La phase secondaire débute quelques semaines ou quelques mois plus tard par l’apparition de fatigue ou de douleurs passagères. Un choc peut alors déclencher une profonde crise. L’organisme est ébranlé, la fatigue devient invalidante, les douleurs articulaires, musculaires sont vives, mais on ne voit rien. Elle est constituée de symptômes cutanés (rougeurs), articulaires (douleurs, gonflements…), troubles du rythme cardiaque ou respiratoire, troubles de la concentration, troubles cognitifs, douleurs aux yeux, troubles de la sensibilité. Pour le médecin, cela ne correspond à rien.

Si la maladie n’a pas été traitée au cours des deux premières phases, des mois, voire des années après l’infection, peut apparaître la phase tertiaire, bien plus grave, responsable de différentes manifestations : articulaires (inflammation…), neurologiques (démence, maladie de Parkinson, Alzheimer, méningite chronique).

Un diagnostic difficile à établir

Pourtant, aucun vrai diagnostic n’est établi, car ces bactéries font preuve d’étonnantes capacités à se jouer du système immunitaire humain. Elles sont donc difficiles à trouver. Elles migrent et peuvent se coller au niveau de la paroi des petits vaisseaux, se loger dans les cellules ou entre les cellules. Elles peuvent muer, s’encapsuler ou disparaître sans membrane, et ainsi devenir indétectables. Les analyses sanguines peuvent s’avérer négatives car elles sont peu présentes dans le sang, où elles sont éliminées par les globules blancs, mais les foyers d’infection peuvent se déplacer dans tout le corps, d’un organe à l’autre, échappant ainsi aux antibiotiques et aux globules blancs. Le système immunitaire est gravement perturbé, les lymphocytes diminuent, les anticorps se raréfient.

Toutefois, les critères diagnostiques, les dépistages, les traitements, ainsi que l’aspect chronique de cette maladie font l’objet d’une controverse dans le monde médical en France, où elle est sous-évaluée, laissant de nombreux malades non soignés. Elle sera certainement dans les prochaines années l’une des plus grandes pandémies due à des bactéries. Quant au dépistage, Clarisse Delépine met en doute l’efficacité des sérologies actuellement appliquées en France. Elle les trouve inadaptées aux différentes borrélies européennes, ce qui peut ainsi conduire à des diagnostics erronés.

Quant aux traitements, l’homéopathe préconise une bithérapie (deux antibiotiques) sur plusieurs mois, mais aussi des huiles essentielles anti-infectieuses. Mais elle souligne aussi l’importance de la vitamine D dans le système immunitaire et recommande une désintoxication du corps « en mangeant autrement », c’est-à-dire en suivant un régime sans gluten et sans lait de vache, ces bêtes étant nourries essentiellement avec du soja traité au glyphosate. Elle conseille le calcium homéopathique.

Pour se protéger

La professionnelle a également donné des conseils pour se protéger de cette maladie. Les tiques se trouvent le plus souvent dans les végétations basses, surtout sur les herbes vertes et les buissons. C’est pourquoi, il faut appliquer un répulsif et porter des vêtements longs et des chaussures fermées lorsqu’on se promène dans la forêt ou dans les champs. Il est donc recommandé de s’inspecter attentivement au retour. Si on est mordu par une tique, le mieux est de la retirer de suite à l’aide d’une pince, sans l’écraser, et de désinfecter la surface. « Toutefois, si l’érythème migrant (grande tache rouge sur la peau) est un indice révélateur, l’infection a pu avoir lieu même sans que ce signe n’apparaisse », ajoute l’intervenante.

Le débat très animé qui a suivi l’exposé a prouvé que la maladie de Lyme, si elle n’est pas encore vraiment diagnostiquée chez de nombreux patients, demeure toutefois un sujet de préoccupation pour de nombreuses personnes. « À la faculté de médecine, la maladie de Lyme n’existe pas ! », lance Clarisse Delépine en forme de boutade. La conclusion est revenue au Dr Robert Wohlfahrt, président de l’ADES : « Demandez à votre médecin de se former, c’est urgent ! ».

DNA/E.F. (13/04/2017)

Publié dans Santé

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Iris Vdc 14/04/2017 09:26

Il y a un dépistage. Se soigne avec les antibiotiques !

Estelle Schmitt 14/04/2017 21:15

Il y a énormément de faux négatifs (le résultat du test dit qu'on est pas infecté alors que si) et les antibios marchent de moins en moins bien avec le temps. Donc si on s'en rend pas compte de suite c'est vite une merde infâme. Ah, détail con : les séquelles restent, soigné-e ou pas.

Geunesse 13/04/2017 20:49

Formidable cette femme médecin - Très courageuse et consciente du problème
féliciations ! Geunesse