Passeur d’amphibiens

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Pour la troisième année consécutive, le Club vosgien de Haguenau-Lembach, et principalement Jean-Claude Kugelmann, participe du 1er mars au 31 mai à la campagne de sauvegarde des amphibiens à Wingen.

Jean-Claude Kugelmann se joint aux bénévoles de Wingen pour permettre aux batraciens de traverser les routes afin de gagner leurs lieux de reproduction. Document Remis

Jean-Claude Kugelmann se joint aux bénévoles de Wingen pour permettre aux batraciens de traverser les routes afin de gagner leurs lieux de reproduction. Document Remis

Pour des milliers de grenouilles, crapauds, salamandres et autres amphibiens, c’est la saison des amours. Chaque printemps, ils entament une grande marche pour rejoindre leurs lieux de reproduction, quittant les forêts où ils ont passé l’hiver, à l’abri du froid, terrés au fond d’un trou ou au fond d’une mare.

Mais cet exode n’est pas sans danger. Nombre d’entre eux n’atteindront malheureusement pas leur but, surtout s’il leur faut traverser une route. Un crapaud peut mettre jusqu’à vingt minutes à franchir sept mètres bitumés. Le danger ne vient pas de la taille de la route mais de sa fréquentation : ainsi de la route forestière entre Petit-Wingen et le Gimbelhof, à hauteur des étangs du Heimbach.

Le piégeage sur passage migratoire — le système de filets et de seaux, communément appelé « crapauduc » — est principalement utilisé pour éviter l’écrasement des petites bêtes sur les routes. Il joue le rôle de collecteur, dans la mesure où les amphibiens, dans leur volonté de traverser impérativement la route, tombent dans les seaux. Ceux-ci sont contrôlés une à deux fois par jour et les amphibiens récoltés sont acheminés directement au lieu de ponte, de l’autre côté de la chaussée.

Cette méthode, qui permet d’intervenir sur la plupart des sites, ne nécessite pas un investissement matériel trop important. Elle demande en contrepartie une forte mobilisation humaine durant six à huit semaines. Ce système a permis de sauver beaucoup de batraciens. La conservation des espèces débute en effet en bas de chez soi : outre les dangers de la route, les destructions et les modifications des habitats terrestres des amphibiens, la pollution de l’air, des sols et des eaux ou encore le braconnage pour les cuisses de grenouilles sont d’autres menaces qui pèsent sur l’avenir de ces animaux.

Pour enrayer l’hécatombe, à Wingen, les services de la mairie prennent en charge la coordination des opérations sur le ban communal. Jean-Claude Kugelmann se joint aux bénévoles qui ont en charge de faire traverser la route à ces précieuses « bébêtes ».

DNA (20 avril 2017)

Publié dans Environnement

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