Migrations des amphibiens : une situation alarmante

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Depuis quelques semaines, des panneaux de limitation de la vitesse invitent les automobilistes à ralentir dans les zones de migrations des grenouilles, crapauds, tritons, salamandres entre autres batraciens.

En vérifiant tous les matins quelques centaines de mètres de filets à l’étang du Fleckenstein, Pascal Burcker est l’un des anges gardiens qui aident les batraciens à migrer. Photo : DNA

En vérifiant tous les matins quelques centaines de mètres de filets à l’étang du Fleckenstein, Pascal Burcker est l’un des anges gardiens qui aident les batraciens à migrer. Photo : DNA

Ces espaces sont en général protégés par des filets pour empêcher ces petits animaux migrateurs de s’aventurer sur la route et se faire écraser. Les amphibiens, cherchant un passage, longent ces dispositifs protecteurs et tombent dans les seaux enterrés tout du long. Chaque matin, des bénévoles récupèrent les batraciens tombés dans les seaux pour les identifier et les compter avant de les libérer de l’autre côté de la route, leur permettant de rejoindre tranquillement leur lieu de reproduction.

Mais le comportement des migrateurs les expose au risque de se faire écraser : leur instinct de recherche d’une partenaire ou d’un rival à chasser pousse en effet les mâles à s’attarder au milieu de la chaussée, point d’observation privilégié. De plus, l’asphalte, exposé directement aux rayons du soleil, a emmagasiné de la chaleur durant la journée, et les batraciens en profitent pour se réchauffer un peu.

Malgré les efforts pour protéger la migration des amphibiens, cette année les responsables de certains sites sont très inquiets : le nombre de migrants a fortement chuté. Responsable des filets le long de l’étang sur la D 525 en direction de l’Allemagne, le gérant du camping du Fleckenstein de Lembach, Pascal Burcker, constate ainsi que le nombre de batraciens est passé de 5 000 en moyenne à 1 000 cette année.

D’autre part, le ratio femelles / mâles, normalement d’une pour sept, est tombé à une pour quatre : il y a donc moins de mâles pour garantir une bonne reproduction. Selon Pascal Burcker, la météo (sécheresse et nuits froides) a certainement influencé la migration, mais ne peut être la seule explication de la chute du nombre de batraciens migrateurs. Une réunion de bilan entre les différents bénévoles devrait permettre d’en savoir plus.

DNA (18 avril 2017)

Publié dans Environnement

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Kasia Zamojduk 18/04/2017 13:53

Chez nous dans le nord de l'Alsace il y en a beaucoup plus que d'habitude mais pas au même endroit !

Nini Vulpes Vulpes 18/04/2017 07:24

C'est curieux... chez nous au Hammerweyer ça a très fortement augmenté encore cette année... affaire à suivre.