La lutte anti-GCO continue

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les opposants au Grand Contournement Ouest (GCO) ont tenu une réunion publique, suivie par près de 200 personnes, jeudi soir à la salle des fêtes de Duppigheim.

Le maire Adrien Berthier s’adresse au nombreux public. A ses côtés (de g à d), Monique Mebs (présidente de DQV), Sylvain Metz (président ADQV), Christian Goepp (élu à Duttlenheim) et Maurice Wintz (Alsace Nature). Photo : DNA

Le maire Adrien Berthier s’adresse au nombreux public. A ses côtés (de g à d), Monique Mebs (présidente de DQV), Sylvain Metz (président ADQV), Christian Goepp (élu à Duttlenheim) et Maurice Wintz (Alsace Nature). Photo : DNA

« Il y a encore de l’espoir, affirme Maurice Wintz, président d’Alsace Nature. Certains projets sont tombés juste avant d’être réalisés. La déclaration d’utilité publique pour le concessionnaire arrive à échéance en janvier 2018. Si les travaux ne sont pas commencés à cette date, le projet tombera. »

Cela fait 33 ans que je suis maire et c’est la quatrième fois que l’on déterre ce projet. J’espère qu’il va mourir comme les fois précédentes

Le rejet du recours contre le contrat de concession, décidé mercredi dernier par le tribunal administratif, n’a pas affecté la motivation des opposants. « D’autres recours et plaintes ont été déposés. Nous ferons le maximum pour attaquer ce projet et le rendre le plus compliqué possible. »

Sur le plan écologique, le Grand Contournement Ouest pose « plusieurs problèmes » selon le représentant d’Alsace Nature : « La perte de surfaces non compensables… » ou encore « la fragmentation dans les paysages naturels qui empêche certains animaux de se déplacer et a donc un impact significatif en matière de biodiversité. »

Des propos qui trouvent écho dans cette salle bien remplie. Près de 200 personnes ont suivi cette réunion. Un joli succès pour l’association organisatrice DQV (Duppigheim Qualité de Vie) et sa présidente Monique Mebs. Surtout que le premier magistrat Adrien Berthier est également de la partie. Le maire de Duppigheim en a profité pour réaffirmer son « soutien » au collectif d’opposants. « Cela fait 33 ans que je suis maire et c’est la quatrième fois que l’on déterre ce projet, révèle Adrien Berthier. J’espère qu’il va mourir comme les fois précédentes. »

Les nuisances sonores liées au GCO sont évoquées par Christian Goepp : « Bientôt, le silence sera une légende » philosophe le conseiller municipal de Duttlenheim. « On nous annonce des limites légales à 60 dBA le jour (6h-22h) et 55 la nuit (22h-6h). Il s’agit, en réalité, de valeurs moyennes et on ignore donc les émergences qui vont largement au-delà de ces limites aux heures de pointe. »

Le collectif GCO-Non merci (qui regroupe les diverses associations d’opposants) préconise des solutions pour désengorger la circulation aux abords de Strasbourg. Il évoque notamment l’écotaxe imposée par l’Allemagne aux poids lourds. « Les transporteurs allemands sont désormais nombreux à passer par la France pour éviter cette facturation. Si notre pays imposait également cette écotaxe, cela rééquilibrerait le trafic. » explique l’un de ses membres.

Une troisième voie

« Il est urgent de rendre les transports en commun plus attractifs. On doit donner envie aux gens de les utiliser. » Il faudrait réfléchir à l’idée « de plans de déplacement dans les entreprises » suggère encore Maurice Wintz.

Des clameurs émanent du public : « Cette autoroute va ajouter de la pollution. Notre santé, ainsi que celle de nos enfants, ce n’est pas négociable. » Un utilisateur régulier des trajets vers Strasbourg, ajoute que « les bouchons sont toujours à la prison de l’Elsau et à la Vigie. L’idée serait peut-être d’ajouter une troisième voie dans ce secteur pour fluidifier le trafic. »

Les 10 solutions proposées par le collectif sont consultables sur www.gcononmerci.org .

DNA/T.P (04/04/2017)

Premier écran végétal

Alors que le projet du Grand Contournement Ouest fait couler beaucoup d’encre, Ernolsheim-sur-Bruche et son maire Martin Pacou ont inauguré mercredi dernier, avec les promoteurs de l’autoroute, la mise en place d’une barrière végétale.

Coups de pelle symboliques inaugurant ce « corridor vert ». Photo : DNA

Coups de pelle symboliques inaugurant ce « corridor vert ». Photo : DNA

« On peut dire qu’on est contre, on est jamais content quand c’est chez nous. On peut s’y opposer, mais le projet se fera quand même. On fait quoi alors ? ». Plutôt que de se mêler à tous les opposants, Martin Pacou, maire de la commune d’Ernolsheim-sur-Bruche, a pris conscience qu’ « on ne fera pas marche arrière dans cette réalisation future de l’A335 ». Et a voulu anticiper.

Pour préserver les habitants et proches riverains, le maire et son conseil municipal songent depuis plusieurs mois à « des solutions de protection de l’environnement, de la nature et bien sûr des habitants ».

Après de longues négociations, une première opération s’est déroulée mercredi matin, rue de la Bruche, à l’endroit où a été créé, à la demande de la municipalité, un premier écran végétal. Sur une longueur de près de 440 mètres, des arbres ont été plantés entre le lotissement et le futur tracé du contournement. « C’est plus intelligent que d’attendre le début des travaux, on gagne 2 à 3 années » indiquait le maire lors de l’inauguration symbolique, en présence de tous les acteurs du projet.

Une barrière visuelle

Ce premier aménagement paysager offre une barrière visuelle afin de préserver les riverains de la future infrastructure. Martin Pacou précise que ces terrains sont la propriété de la com’com et ajoute que cela se fait dans le cadre d’une convention stipulant qu’Arcos, constructeur du GCO, finance l’aménagement et que la commune se chargera par la suite de l’entretien.

Quant à Christian Kleitz, qui dirige les travaux paysagers pour la société Thierry Muller, il souligne que « l’impact de ce rideau hermétique ne sera pas que visuel, les arbres atténueront le bruit de l’autoroute. C’est important de créer ce corridor vert qui va protéger la faune et la flore tout en restant dans le milieu autochtone ».

Après ce premier rendez-vous inaugural, des buissons vont être plantés en complément des arbres et d’autres zones vont connaître le même sort sur le ban d’Ernolsheim.

DNA/J-M.H (04/04/2017)

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Anonimus 17/05/2017 12:01

article de propagande !
1° la photo montre le maire entrain de ...travailler en costume+chaussure de ville...une pelletée juste pour la photo svp
2° efficacité anti-bruit rangée d'arbres nulle:
avant de faire n'importe quoi, il faudrait se renseigner ! Les avis divergent, voir ce lien :

http://www.monjardinmamaison.fr/mon-jardin-ma-maison/courrier-des-lecteurs/quelles-sont-les-especes-vegetales-qui-isolent-du-bruit-63387.html

et aussi :

http://forum.plantes-et-jardins.com/viewtopic.php?f=5&t=176952 où il est précisé :
"3.2.2. Les rideaux d’arbres
On évalue l’atténuation d’un rideau d’arbre à 3 dB(A) par 30 mètres (100 pieds) d’épaisseur d’arbres; pour que l’atténuation soit significative, il faut donc une épaisseur de l’ordre de 100 m, peut-être davantage en hiver à cause de la perte des feuilles (à la réduction de l’effet du rideau végétal s’ajoute l’effet de l’éloignement).
Le rideau d’arbres offre cependant l’avantage d’être esthétique et forme un excellent écran contre les poussières. Il est intéressant de remarquer que partout où ce type de protection a été utilisé à la suite de plaintes ou de protestations, même si l’atténuation du bruit était à peine détectable, les récriminations cessaient. Le seul fait de cacher la source de bruit à l’aide de végétation rend le bruit psychologiquement moins désagréable.

Bref on cache la misère...MAIS LA CAUSE DES PROBLÈMES EST TOUJOURS LA !

Concernant l’interaction onde sonore - rideau d’arbres :

L’interaction d’une onde (électromagnétique ou acoustique) avec un système est fonction de la relation entre la longueur d’onde (λ) et la taille (L) du système. En fait il y aura un maximum d’absorption pour :
L = (n +½) λ
Ainsi le bruit routier des camions est principalement causé par les bruits de fréquences inférieures à 2 000 Hz., quel peut-être l’effet de réduction d’un rideau d’arbres ? Soit v = 330m/s la vitesse du son dans l’air, la longueur d’onde du bruit des camions sera au minimum de :
λ= v/f de l’ordre de 0,165 m ou 16,5 cm
Cette valeur de la longueur d’onde est de beaucoup supérieure à la dimension d’une feuille d’arbre qui elle correspond aux fréquences aiguës. Ceci peut correspondre à la grosseur d’un tronc ou de branches mais il faut considérer qu’il y a beaucoup de vide entre les troncs d’arbres; le rideau d’arbres offre donc peu d’obstacle au bruit. Par contre un rideau d’arbres peut être un bon absorbeur des bruits supérieurs à 5 000 Hz, λ = 7 cm
Soit approximativement la dimension d’une feuille d’arbre feuillu.
L’hiver nous entendons plus les aigus qui sont moins absorbés à cause de la chute des feuilles."

et encore cette étude intéressante :

http://www.metropole-rouen-normandie.fr/files/bruit/PPBE_laCREA.pdf

M. Pacou devrait se promener du coté de la forêt de Krittwald à Vendenheim (même un dimanche ! ) pour se rendre compte de l'inefficacité d'une forêt même dense (feuillage printanier)...
Donc à-moins d'installer au-moins 100m d'épaisseur d'arbres !!!!!....point de salut. Et encore dans cette forêt du Krittwald l'expérience montre que la pression sonore est réellement présente (>50dBA mesurés au sonomètre) à un point situé à au-moins 300-400m d'épaisseur de forêt de l'autoroute A4 !! Donc la forêt n'atténue quasi rien, alors une rangée d'arbres...CQFD

Un maire qui se compromet dans une telle propagande, avec à dessein de tromper ses propres concitoyens/administrés (ou alors agit-il par ignorance ? mais c'est encore pire !) est-il apte à exercer son mandat ? Les habitants d'Ernolsheim-Bruche devraient sérieusement se poser la question ...