L’ail des ours, la cuisine du printemps

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Cathy Matter a commencé ses ateliers nature la semaine dernière, et déjà elle doit refuser du monde. Ils étaient une vingtaine hier à se presser autour d’elle pour apprendre comment cuisiner l’ail des ours.

Cathy Matter explique comment reconnaître l’ail des ours. Photo : M.G./DNA

Cathy Matter explique comment reconnaître l’ail des ours. Photo : M.G./DNA

Avec le printemps, les sous-bois d’Alsace Bossue embaument l’ail. Pourtant ce n’est pas le fameux bulbe blanc qui pousse ici, mais une plante aux longues feuilles vertes appelée l’ail des ours. Il ne pousse que quelques semaines dans l’année, et c’est le moment d’en profiter. Avec un peu de savoir-faire, il peut devenir un excellent allié en cuisine.

Cathy Matter, coordinatrice de l’association de sensibilisation à la nature Les Piverts, en connaît un rayon sur les plantes des Vosges du Nord, leurs vertus et leurs bienfaits. Hier, c’était la deuxième fois qu’elle proposait un atelier culinaire, dont le thème était le fameux ail des ours. D’Alsace et de Lorraine, les curieux ont afflué à la Grange aux paysages pour écouter ses conseils.

Attention au colchique !

Dans le verger, à l’arrière du centre, les participants ont commencé par un petit jeu. Plusieurs photographies de plantes étaient disséminées dans le jardin. Ils devaient se placer à côté de l’image représentant l’ail des ours. « Si vous n’avez pas la moindre idée de son aspect, choisissez la plante qui vous donne envie de la cuisiner. »

Attention, car les plantes se ressemblent, et si tout est bon dans l’ail, le colchique peut donner mal au ventre. « L’ail des ours a des propriétés veinotoniques, dépuratives et vermifuges. L’ours, au sortir de son hibernation, s’en gave pour se purger, d’où son nom. » Mais dans le doute, l’odeur de la plante est le meilleur indice.

Une participante a raconté que dans une vallée près de Villé, de nombreuses recettes de remèdes naturels étaient encore bien vivaces. « Pendant l’Occupation, les habitants ne pouvaient consulter le médecin car ils ne parlaient pas allemand. Ils se passaient donc les recettes de remèdes pour se soigner eux-mêmes. »

Tous se sont ensuite suivis en voiture jusqu’à la forêt de Butten. En effet, l’ail des ours pousse dans les sous-bois humides. À quelques pas à peine du chemin, la fameuse plante pousse par centaines, à perte de vue. Équipés de paniers en osier, les apprentis cuisiniers ont ramassé leurs ingrédients par poignées. « Le bulbe se mange, mais il vaut mieux le laisser pour favoriser la repousse. »

De retour à la Grange aux paysages, chacun était invité à cuisiner la recette de son choix. Gougères, pâte à nouilles ou à ravioles, chips, bourgeons au vinaigre, huile, beurre… Les idées de douceurs ne manquent pas. Et comme la semaine dernière, l’atelier s’est terminé par un buffet pour déguster les confections toutes fraîches.

Le prochain atelier de Cathy Matter aura lieu le 13 mai à Dossenheim en pleine nature, pour apprendre à confectionner un « Apéro vert ». Elle sera ensuite à la Maison de l’eau et de la rivière le 20 mai avec des recettes de « Plantes à croquer ». Dans son programme de sorties, elle développe également les cosmétiques et la créativité autour des plantes et du bien-être.

DNA/MG (15/04/2017)

La cueillette...  Photos : M.G./DNA
La cueillette...  Photos : M.G./DNA

La cueillette... Photos : M.G./DNA

Les secrets des plantes sauvages

Les plantes se cuisinent, sous l’œil attentif de Cathy Matter. Photo : MG/DNA

Les plantes se cuisinent, sous l’œil attentif de Cathy Matter. Photo : MG/DNA

La semaine dernière déjà, Cathy Matter proposait à la Grange aux paysages un atelier cuisine autour des plantes sauvages.

Les participants, une bonne vingtaine de personnes, ont été invités à reconnaître les cinq plantes que l’animatrice leur montrait. Le lierre, le plantain ou l’ortie ont été facilement identifiés, mais l’égopode et l’alliaire étaient plus difficiles à reconnaître.

Après la cueillette, chacun a pu choisir le mets qu’il allait confectionner en piochant dans les ingrédients à disposition. Le choix était vaste, de l’apéritif au lierre terrestre au pesto de plantain, en passant par le samoussa à l’ortie ou la tartelette fine à l’égopode.

DNA/15/04/2017

Publié dans Consommation

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sabine 15/04/2017 13:15

Bonjour
merci beaucoup pour cet intéressant article. J'entends beaucoup parler ces temps ci de cette plante.
Bon weekend