GCO et politique font débat

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Alsace Nature tenait hier son assemblée générale à Kolbsheim, place forte de la lutte contre le GCO, point essentiel de l’ordre du jour. Une motion va être envoyée à ce sujet au futur résident de l’Elysée.

Parallèlement à cette assemblée générale, le festival de la Réserve du Bishnoï a démarré hier en contrebas du château de Kolbsheim. Il se poursuit cet après-midi (plus d’infos sur gcononmerci.org) Photo : DNA – David GEISS

Parallèlement à cette assemblée générale, le festival de la Réserve du Bishnoï a démarré hier en contrebas du château de Kolbsheim. Il se poursuit cet après-midi (plus d’infos sur gcononmerci.org) Photo : DNA – David GEISS

Ces assises se déroulaient hier après-midi dans la salle polyvalente de Kolbsheim, en raison de la proximité ce week-end du festival de la Réserve du Bishnoï. Un événement festif et militant rassemblant les opposants au GCO qui, depuis des semaines, multiplient les actions contre le projet – bien avancé – du fameux Grand Contournement Ouest. Charge à eux d’occuper le terrain. Tandis qu’Alsace Nature poursuit de son côté sa lutte administrative et juridique.

Phase cruciale

Maurice Wintz, vice-président de l’association, explique qu’« on est aujourd’hui dans une phase cruciale ». Les travaux préparatoires (pré-fouilles archéologiques et forages géotechniques) sont quasiment bouclés. « Une course contre la montre est désormais engagée » car Vinci, le promoteur, se doit de lancer les travaux avant 2018. Et le dossier n’est pas totalement ficelé : « Vinci doit encore obtenir des autorisations relatives aux espèces protégées et à la loi sur l’eau, ceci dans le cadre d’un dossier unique qui va être instruit par les services de l’Etat avant d’être soumis à enquête publique », poursuit Maurice Wintz. Une nouvelle brèche qu’Alsace Nature compte bien exploiter dans sa lutte juridique, dans le but de perturber le calendrier du constructeur.

Plus symbolique est la motion adoptée lors de cette même assemblée générale : une lettre ouverte au futur président de la République pour, en substance, demander le réexamen du projet GCO. Cette proposition, défendue ardemment par le président d’Alsace Nature Daniel Reininger, et qui, dans sa formulation, ne néglige pas l’éventualité d’une future présidente, ouvre alors un débat politique. Les risques en pleine campagne électorale d’une récupération politicienne de cette motion sont évoqués dans la salle. Dans le public, l’une ou l’autre langue pas vraiment pro-Macron se délie soudainement. Se pose alors la question du positionnement, s’il y en a un, d’Alsace Nature dans ce contexte politique très tendu. Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, rappelle donc que les principes nationaux de l’association reposent d’abord sur des valeurs d’« humanisme », d’« ouverture » et de « lien social ».

La motion est finalement votée à une très large majorité mais le débat n’est pas clos pour autant. Le rapport d’Alsace Nature et celui de sa « grande sœur » France Nature Environnement au monde politique, et plus localement aux collectivités territoriales, peut être aussi évoqué sous l’angle financier. 

L’association affiche lors de cette même AG ses difficultés de trésorerie en pointant du doigt le conseil départemental et son président, Frédéric Bierry, qui ne lui versent plus aucune subvention. Jeudi soir lors d’une réunion à Breuschwickersheim, Robert Herrmann, défenseur du GCO, rappelait que son Eurométropole subventionnait aussi Alsace Nature [ DNA d’hier].

L’association aspire donc à gagner en autonomie financière. Elle a renouvelé, lors de cette assemblée générale, ses appels aux dons et aux adhésions.

DNA/David Geiss (30/04/2017)

Commenter cet article