Des acrobates hors pair

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le parc animalier de Sainte-Croix accueille depuis hier de nouveaux pensionnaires. Tia Nang et Mikado, un couple de gibbons à favoris roux, en provenance du Monkey World en Angleterre, vivent sur une île au cœur de l’aventure « Le voyage de Néo, mission biodiversité ». Ces singes, dont l’espèce est en danger d’extinction, déjouent les lois de la gravité.

Ces singes sont très agiles. Leur déplacement dans les arbres ou à l’aide d’une corde tendue est très spectaculaire. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Ces singes sont très agiles. Leur déplacement dans les arbres ou à l’aide d’une corde tendue est très spectaculaire. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Un fruit coincé entre ses orteils, Mikado, un gibbon à favoris roux de 7 ans, déplace ses 7 kg de muscles avec une vitesse et une aisance déconcertantes. Pendu à une longue corde tendue entre deux arbres, cinq ou six mètres au-dessus du sol, ce singe arboricole originaire des forêts tropicales du sud-est de l’Asie effectue la traversée à la seule force de ses longs bras. Sur le chemin, il prend même la peine de tournoyer sur lui-même, de se pendre à une main dans le vide ou de prendre la pose, pieds et bras écartés, face aux curieux venus nombreux pour observer sa première sortie officielle – et celle de sa petite amie – au parc de Sainte-Croix.

Abrités dans une cabane chauffée à une température de 17°C depuis leur arrivée en Moselle il y a quinze jours, Mikado et sa copine Tia Nang, un gibbon femelle de 8 ans reconnaissable à sa couleur blonde, ont arpenté pour la première fois hier leur nouveau territoire de 1000m2 entouré d’eau et agrémenté d’arbres, de lianes, de ponts pour que ces acrobates expriment au mieux leur talent naturel et y fondent une famille.

« Ils ont une vie sociale très proche de l’homme. Ils vivent en famille et peuvent avoir jusqu’à quatre enfants », explique Jan Vermeer, directeur animalier du parc, par ailleurs grand spécialiste des primates. Trois à quatre nouveau-nés sont d’ailleurs attendus dans les prochaines années.

Les gibbons à favoris roux sont frugivores. Ils se nourrissent essentiellement de feuilles, de fleurs et d’insectes. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Les gibbons à favoris roux sont frugivores. Ils se nourrissent essentiellement de feuilles, de fleurs et d’insectes. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Une centaine d’individus en Europe

Leur arrivée à Sainte-Croix s’inscrit dans la démarche du parc de conservation européen et renforce sa volonté de s’inscrire dans des programmes d’élevage. En danger dans les forêts du Vietnam, du Laos ou du Cambodge, notamment en raison de la déforestation et de la chasse, ces singes sans queue sont classés « espèces en danger d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Il ne reste plus qu’une centaine d’individus dans les zoos européens.

Les visiteurs du parc auront donc l’occasion de voir et d’entendre – car le gibbon chante d’une voix aiguë pour défendre son territoire ou attirer des partenaires potentiels – ces primates frugivores qui peuvent vivre jusqu’à 50 ans. Ils pourront apprécier leurs prouesses acrobatiques, se laisser surprendre par leurs sauts pouvant atteindre dix mètres, admirer leur visage noir recouvert de poils roux et comprendre leur changement de couleurs. « Les gibbons naissent tous blonds. Mâles et femelles deviennent noirs à l’âge de six mois avec des favoris roux. Le mâle gardera cette couleur toute sa vie quand la femelle retrouvera sa couleur blonde à l’âge de la maturité sexuelle », détaille le directeur animalier.

Des ambassadeurs de la biodiversité

Surtout, ces toniques petites boules de poils sont, avec les pandas roux et les lémuriens, de formidables ambassadeurs des problématiques environnementales. L’idée n’est pas d’accumuler les animaux mais de prendre une autre espèce en danger pour développer « Le voyage de Néo, mission biodiversité ». Cette aventure a été créée en 2010 pour offrir une découverte ludique de la biodiversité mondiale à travers le regard d’un enfant. D’aucuns pourront alors se rendre compte qu’à des milliers de kilomètres de la Moselle, dans les forêts asiatiques, vivent de formidables singes sauteurs qui pourraient disparaître en l’absence de programme européen de sauvegarde.

DNA/Guillaume Erckert (15/04/2017)

Pour sa première sortie, Tia Nang s’est parfaitement intégrée à son nouvel environnement. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Pour sa première sortie, Tia Nang s’est parfaitement intégrée à son nouvel environnement. Photo : DNA - Guillaume ERCKERT

Publié dans Animaux

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