Abattoir du Vigan : un employé condamné à huit mois de prison avec sursis pour "sévices graves"

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Un employé, Marc Soulier, contre qui le procureur avait requis un an de prison avec sursis et 3 400 euros d'amende, s'est aussi vu interdire d'exercer dans un abattoir pendant cinq ans.

Capture d'écran d'une vidéo publiée le 23 février 2016 par l'association L214, montrant des mauvais traitements infligés aux animaux dans un abattoir certifié bio au Vigan (Gard).  (L214 / YOUTUBE)

Capture d'écran d'une vidéo publiée le 23 février 2016 par l'association L214, montrant des mauvais traitements infligés aux animaux dans un abattoir certifié bio au Vigan (Gard). (L214 / YOUTUBE)

La vidéo de maltraitance animale révélée par l'association L214 dans l'abattoir bio du Vigan (Gard) avait ému l'opinion. Vendredi 28 avril, le principal prévenu de ce procès emblématique a été condamné à huit mois de prison avec sursis et 600 euros d'amende pour "sévices graves", par le tribunal correctionnel d'Alès.

 

Marc Soulier, un employé contre qui le procureur avait requis un an de prison avec sursis et 3 400 euros d'amende, s'est aussi vu interdire d'exercer en abattoir pendant cinq ans. Ses deux co-prévenus, également employés de l'établissement, n'ont en revanche pas été condamnés en raison de la prescription frappant les faits qui leur étaient reprochés, a jugé le tribunal. La communauté de communes du Pays viganais, qui gérait l'abattoir, a été condamnée à 3 500 euros d'amende, contre 6 000 euros demandés par le procureur.

"Les véritables responsables ne sont pas là"

"Mais les véritables responsables ne sont pas là, les employés n'avaient aucun garde-fou. On n'a jamais vu le directeur, qui n'a pas été inquiété, ni les services vétérinaires qui doivent impérativement contrôler ce qui se passe dans les abattoirs", a regretté Claire Stazorinski, présidente de l'Alliance anti-corrida, partie civile au procès.

 

L'affaire avait éclaté en février 2016 avec la diffusion des images choc par l'association L214. Ces images tournées en caméra cachée – une méthode contestée par la défense lors du procès des 23 et 24 mars – montraient des animaux mal étourdis, égorgés ou recevant des coups répétés à la matraque électrique. La vidéo avait immédiatement suscité une vague de réprobation.

"Une étape importante dans le débat sur la protection animale"

 

"Ce procès et votre décision seront une étape importante dans le débat sur la protection animale", avait déclaré au tribunal le procureur de la République d'Alès lors de l'audience, qui avait porté en grande partie sur les conditions de travail dans les abattoirs et sur les conditions de mise à mort des animaux. "On vit la mort cinq jours sur sept", avait notamment témoigné Marc Soulier, âgé de 24 ans et entré à 15 ans à l'abattoir du Vigan comme apprenti boucher. Pour expliquer son attitude, le jeune homme a mis en cause "les cadences" imposées et "les surcharges de travail".

 

Franceinfo/France Télévisions (28 avril 2017)

L’abattoir du Vigan (Gard) avait été filmé en caméra cachée. Photo AFP

L’abattoir du Vigan (Gard) avait été filmé en caméra cachée. Photo AFP

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Agnès Robert 30/04/2017 06:45

Voilà qui est vraiment bien léger pour de pareilles monstruosités... Mais un pas dans la bonne direction, certes petit, et insuffisant, mais dans la bonne direction...

Wiedemann Jean Jacques 29/04/2017 16:58

pfffff c pas cher payé ... pour ce que ces animaux ont endurer ... ils auraient du le rayer des abattoirs a vie .... nan merci la justice encore ...

Michele Favre 29/04/2017 16:56

Malheureusement, je pense qu'on en arrivera pas a bout de toutes ces horreurs! Notre société est synonyme de production et de capitalisme, elle n'a que faire de la souffrance animalière. On nous fait croire , qu'ils agissent pour la condition animale , mais au fond ,c'est uniquement pour nous calmer un temps! Il y aura toujours des abattoirs du Vigan , malheureusement! Il faut continuer à se battre ! Quand d'autres font des éloges sur tel ou tel politique ,quand on nous bassine tous les jours en ce moment pour nos chères élections ,moi j'ai décidé de donner ma voix à la cause animale! De toute façon, qu'importe le candidat,comme le dit une chanson connue:.Paroles ,paroles,.......

ddelsass 29/04/2017 15:56

Je n' ai aucune compétence, ni formation judiciaire, mais il me semble que le directeur est responsable des agissements de son personnel.
Ces 8 mois avec sursis, ne lui permettront pas de réfléchir à la conséquence de ses actions "meurtrières". Je suis désolée!

Claude Cleere 29/04/2017 14:19

Des monstres sans cœur, des attardés mentaux : prison ferme pour les bourreaux !

Kasia Zamojduk 29/04/2017 14:19

Il mérite plus que ça ! Ils ne sont pas assez contrôlés !