30% des sites naturels et mixtes de l'Unesco menacés par le prélèvement illégal d'espèces menacées

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Selon un rapport du WWF International publié mardi, 30% des sites naturels et mixtes classés au patrimoine mondial par l'Unesco sont menacés par le prélèvement illégal d'espèces menacées.

Une orang-outan et son petit en voie de disparition en Indonésie en avril 2013. (ROMEO GACAD / AFP)

Une orang-outan et son petit en voie de disparition en Indonésie en avril 2013. (ROMEO GACAD / AFP)

Ils devaient être le dernier rempart pour protéger des espèces animales en danger. Mais, faute de moyens, ils subissent aussi le braconnage et la déforestation ou encore la pêche illégale. Selon un rapport du WWF International publié mardi 18 avril, presque 30% des 238 sites naturels et mixtes classés au patrimoine mondial sont menacés par le prélèvement illégal d'espèces menacées. Plus précisément, 43 sites sont menacés de braconnage, tandis que des cas d'exploitation forestière illégale sont recensés dans 26 sites.

 

Quant à la pêche illégale, elle est rapportée dans 18 des 39 sites marins et côtiers actuellement définis.

 

Lors de la seule année 2016 à Sumatra, 5% des tigres du site classé de la forêt tropicale de l'île ont été tués. La réserve de Sélous, en Tanzanie, a perdu 90% de ses éléphants depuis son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco en 1982. Même la France est concernée avec des coupes illégales de bois dans le parc national de la Réunion.

 

Conséquences économiques

 

L'ONG de protection des animaux WWF sonne l'alerte. Les sites classés abritent 40% des derniers éléphants d'Afrique et un tiers des tigres sauvages. D'autres espèces animales protégées comme les macaques, les pangolins, les rhinocéros y sont également abattues, et on y coupe illégalement des arbres millénaires comme l'ébène ou le bois de rose à Madagascar.

 

Le WWF rappelle les conséquences économiques de ces trafics. Au Belize, 50% des habitants vivent du tourisme ou de la pêche. Protéger au moins sa barrière de corail est indispensable pour le pays. Selon le rapport, le braconnage des éléphants aurait fait perdre 25 millions de dollars de revenus par an à l'Afrique.

 

Franceinfo/Anne-Laure Barral (18 avril 2017)

 

Patrimoine - Victimes de trafics

Les sites naturels de l’Unesco menacés.

Environ 45 % des quelque 200 sites naturels classés au Patrimoine mondial de l’Unesco sont victimes de braconnage ou d’exploitation forestière illégale, a alerté hier le WWF.

40 % des éléphants d’Afrique vivent dans les sites de l’Unesco. Photo illustration AFP

40 % des éléphants d’Afrique vivent dans les sites de l’Unesco. Photo illustration AFP

Pêche illégale, déforestation, braconnage… Les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco sont menacés, prévient WWF.

Dans un rapport publié hier, l’organisation non gouvernementale tire la sonnette d’alarme face à la mise en péril d’espèces vulnérables, au premier rang desquelles les éléphants, les rhinocéros et les tigres.

« Les espèces classées à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) sont victimes de prélèvement illégal dans 45 % des sites naturels inscrits au Patrimoine mondial », déplore l’ONG.

Plusieurs espèces visées

Près d’un tiers des tigres à l’état sauvage et 40 % de tous les éléphants d’Afrique vivent dans les sites de l’Unesco. Ils constituent parfois les derniers habitats pour des espèces menacées : c’est le cas pour le rhinocéros de Java en Indonésie ou le marsouin de Californie, espèce du golfe du Mexique.

Leur braconnage est signalé dans au moins 43 sites du Patrimoine mondial, sur quelque 200 lieux naturels classés. Les cas d’exploitation forestière illégale d’espèces végétales précieuses, comme le bois de rose et l’ébène, sont recensés dans 26 sites.

Quant à la pêche illégale, elle est rapportée dans 18 des 39 sites marins et côtiers actuellement définis. Le WWF souligne toutefois que l’estimation de l’ampleur des activités concernées est rendue difficile par leur nature illicite.

Le juteux marché du braconnage

Le braconnage dans les sites Unesco met en péril les espèces mais aussi l’économie locale, notamment en diminuant l’attractivité de ces sites pour les touristes qui souhaitent admirer les animaux dans leur environnement naturel. Le WWF estime que le braconnage de l’éléphant prive chaque année le continent africain de 25 millions de dollars de recettes touristiques (23,5 millions d’euros). Quant au commerce illégal de bois d’œuvre (bois destiné à tout emploi autre que le chauffage), responsable à lui seul de 90 % de la déforestation enregistrée dans les grands pays tropicaux, il est valorisé à hauteur de 30 à 100 milliards de dollars par an par le WWF.

« Il y a tout de même lieu de distinguer le phénomène pratiqué à petite échelle par les riverains pour s’approvisionner en viande de brousse, de celui exercé à grande envergure par les réseaux criminels », conclut l’ONG.

DNA (19 avril 2017)

Publié dans Environnement

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