Le retour du cheval

Publié le par Jean-Louis Schmitt

D’aucuns y voient un retour vers une époque révolue. « En vérité, la réapparition du cheval dans les vignes est le signe d’une nouvelle vision de la viticulture, respectueuse de la vie des sols », affirme Jean-Paul Schmitt, vigneron à Scherwiller.

Pierre Simler derrière la charrue dans le vignoble. (© JP Krebs)

Pierre Simler derrière la charrue dans le vignoble. (© JP Krebs)

Jean-Paul ne tarit pas d’éloges sur les bienfaits du travail avec le cheval dans la vigne. « Vous atteignez une précision du labour, dans les rangées de vignes, que vous ne pouvez pas obtenir avec un tracteur. Un cheval ardennais avance évidemment beaucoup plus lentement qu’un tracteur. Le vigneron, qui marche derrière le cheval, a donc le temps de décider où exactement il faut positionner le soc de la charrue, notamment pour ne pas blesser les ceps de vigne », explique le vigneron, qui emploie les services des juments ardennaises de la Ferme Ebba de Pierre Simler, notamment dans les parcelles de vieilles vignes.

En Alsace, il y a toujours eu des vignerons qui travaillaient avec des chevaux dans les vignes, mais ils étaient peu nombreux. Aujourd’hui, la traction animale revient en force pour toutes sortes de travail du sol dans les vignobles du Bordelais, en Bourgogne et, depuis peu, aussi en Alsace. « En fait, il y a plusieurs raisons pour la réapparition de ce que l’on peut considérer comme des pratiques anciennes. Le cheval ne provoque pas de tassement du sol. L’empreinte de la « semelle de labourage », laissée par le tracteur, pesant facilement deux tonnes, empêche la vie dans le sol, notamment en asphyxiant le système racinaire. Pour survivre, les racines des ceps remontent à la surface et délaissent ainsi les éléments nutritifs propres à chaque terroir », continue Jean-Paul, qui participera avec nombre de ses collègues à une matinée traction animale dans le vignoble du Rittersberg à Scherwiller, le 25 mars.

« Le cheval peut être utilisé dans des vignobles auxquels le tracteur ne peut pas accéder. Je pense notamment aux parcelles en pente ou en terrasse », continue le vigneron, qui résume ce qui a fait de lui un adepte du cheval : « C’est la volonté de produire des vins de terroir, des grands vins ».

« Pour utiliser le cheval dans la vigne, il faut que le laboureur soit formé mais le cheval doit l’être aussi », explique Pierre Simler. « L’animal doit apporter un caractère et un mental compatibles avec ce genre de travaux. Il y a des chevaux qui sont formidables pour le débardage dans la forêt, mais pas dans le vignoble », assure Pierre, dont l’entreprise, la Ferme Ebba, fondée en 2015, possède deux chevaux de trait, pour l’instant. « Si je voulais agrandir mon écurie pour répondre à la demande croissante, il faudrait que je me trouve un associé ou un collaborateur formé », conclut-il.

DNA-DNA-Jürgen Thöne (11/03/2017)

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Bernard Auvet 11/03/2017 10:41

Oui , si " une nouvelle vision respectueuse du cheval " .......droit à la retraite jusqu'à sa mort...par exemple !