Le chasseur avait menacé l'agriculteur avec son arme

Publié le par Jean-Louis Schmitt

«Je conteste tout, je ne l'ai pas menacé avec une arme. C'est lui qui me bloquait le chemin avec son auto», certifiait Daniel T., 48 ans, qui était poursuivi, hier matin, devant le tribunal correctionnel, pour des violences avec arme datant de novembre dernier.

C'est après une battue que les faits avaient eu lieu/Photo illustration DDM

C'est après une battue que les faits avaient eu lieu/Photo illustration DDM

Il faut dire que les faits dénoncés par un agriculteur de Montbartier contre le président de la société de chasse de Bessens avaient de quoi l'avoir traumatisé. «J'étais allé contrôler mes semences de blé. J'ai aperçu un 4x4 dans mon champ. J'ai stationné mon véhicule et je suis allé vers lui à pied. Il avait son fusil, je lui ai dit qu'il endommageait mes cultures. Il m'a répondu qu'il s'en fichait», témoignait l'agriculteur, la voix chevrotante d'émotion.

 

Le ton montait entre les deux hommes, et les noms d'oiseaux volaient. «Il m'a frappé avec la crosse de son fusil et il a pointé son arme vers moi en m'insultant», poursuivait la victime, qui avait alors joint les gendarmes. Bloqué par l'auto de l'agriculteur, l'indélicat chasseur allait encore l'intimider en frottant son 4x4 contre son véhicule. «C'est totalement faux! Les témoins n'ont rien vu de tout cela», certifiait l'employé municipal, qui allait être vertement remis à sa place par le président Dominique Lenfantin. «Les témoins, vos amis chasseurs, n'ont rien vu puisqu'ils n'étaient pas présents lors de votre altercation», tonnait le président du TGI, rappelant aussi que le président de l'Acca avait été condamné dans une affaire de recel de vol. «Mon client a un certificat médical, il demeure choqué d'avoir été menacé par une arme pointée sur lui. Il est aujourd'hui en dépression et n'a pas pu reprendre son activité à la fois d'exploitant agricole et chez De Vinci», plaidait Me Carole Doré-Onrozat, qui réclamait 2 000 € de provision en vue d'une expertise psychologique.

 

Une qualité de victime qui était bien relayée par le ministère public. «Les témoins ne sont pas là, et ils sont affidés au prévenu. Le plaignant a appelé les gendarmes pour dire qu'il était blessé. Ses blessures sont compatibles avec le fusil qu'il a reconnu parmi les sept armes saisies au domicile de Daniel T. Enfin, si la version du plaignant était fausse, il n'aurait pu décrire comment le chasseur avait remis l'arme dans son véhicule avec autant de détails», confirmait le vice-procureur Pierre Vignolles. Il requérait une série de lourdes sanctions : six mois avec sursis, confiscation des armes saisies, interdiction de porter une arme, suppression du permis de chasser pendant trois ans et confiscation de son véhicule.

 

Des réquisitions qui saisissaient l'avocat de la défense, Me Thierry Dalbin, qui pointait du doigt des contradictions dans les déclarations de la partie civile. «Il n'a écopé que d'un seul jour d'ITT. Il a juste des traces de griffures, et non d'hématome qui correspondraient à un coup de crosse», plaidait Me Dalbin, qui demandait purement et simplement la relaxe de son client. La décision a été mise en délibéré au 31 mars.

 

La Dépêche du Midi/Max Lagarrigue (18 mars 2017)

Publié dans Chasse

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