L’éthique de l’assiette

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Mi-mars, la médiathèque de Barr proposait des interventions sur l’alimentation et le végétarisme. Entre convictions sincères, liberté et réquisitoires sans appel, retour sur trois témoignages exprimés lors de ce cycle d’interventions.

Le témoignage de Sarah et de Basile était émouvant et courageux. Document remis

Le témoignage de Sarah et de Basile était émouvant et courageux. Document remis

Il y a deux ans, Sarah et Basile ont tout quitté pour s’installer dans une ferme presque en ruines entourée de deux hectares de terres, à Escles, dans les Vosges. 

Un lieu baptisé « Au bon vieux temps ». Terme adéquat car il n’y avait pas d’eau courante et une électricité douteuse à l’achat.

Des solutions comme la pratique d’une journée végétarienne dès l’école

Ils ont galéré pour réaliser leur rêve : être autonomes, mais non pour vivre en autarcie.

Ils ont découvert l’entraide et commencent à vivre de leurs productions : un peu de maraîchage, des œufs, les premiers fromages de chèvre. Ils entendent développer l’ensemble pour en dégager un petit revenu.

« Nous vivons souvent dans le doute et les difficultés, mais nous en connaissions déjà dans notre vie « d’avant ». Nous n’avons rien perdu, bien au contraire. Nous avons gagné une liberté de penser, d’agir et d’être. Et la liberté, ça n’a pas de prix », répond Sarah aux questions les concernant.

Dans un autre registre, François Cenki de l’AVF (*), a dressé sans complaisance un constat inouï sur le problème de l’élevage intensif actuel.

Liée à l’élévation du niveau de vie, la consommation de viande est considérée comme un progrès. L’étude d’impact de l’élevage intensif, de la surpêche et de l’aquaculture est impressionnante.

« Le consommateur n’a pas idée des conséquences écologiques, éthiques ou climatiques énormes, sans parler des souffrances animales dont l’actualité s’est fait l’écho, de notre mode d’alimentation actuel » glisse-t-il dans son diaporama quasi exhaustif.

Autre question : comment accepter l’idée que des humains souffrent de la faim alors que leurs terres produisent de la nourriture destinée… au bétail ?

Plutôt que de culpabiliser, le conférencier a proposé des solutions comme la pratique d’une journée végétarienne dès l’école et la diminution des doses carnées en général, entre autres.

Pour ceux qui hésitaient, la présence de François Cenki, végétarien en forme depuis 40 ans, prouvait que l’alternative, qui peut se préparer en douceur, est possible.

Conseils de cuisine

Le 21 mars enfin, Samuel Foly, lui aussi membre de l’AVF (*) a pris le train en marche : « L’alimentation végétale ne s’improvise pas ; il y a des connaissances de base simples à avoir pour se nourrir de manière saine ».

Avant tout, il faut varier son alimentation avec une large place aux légumes et fruits de saison et le moins transformés possible. Les participants ont découvert où trouver des protéines dans les végétaux et noté les conseils pratiques sur le mode de cuisson des légumineuses.

Plusieurs études, analysant la physiologie et l’anatomie humaine, affirment que l’homme n’est à l’origine ni omnivore ni carnivore, mais bien herbivore.

Sans aller jusque-là, si manger végétarien est bon pour la planète, c’est également une cuisine plus simple, plus facile, plus savoureuse et… nettement moins chère. Démonstration sur place : les petits plats végétariens de Raphaël Miquel, traiteur bio, n’ont pas fait long feu.

DNA/M.V. (30/03/2017)

Publié dans Initiative

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ddelsass 30/03/2017 13:49

J ' ai vu Azzaro!
Quel exemple de courage , il faut être jeune, et valide pour faire ceci.
Bravo