Greenpeace déverse 3 000 litres de mélasse devant le siège de Total

Publié le par Jean-Louis Schmitt

« Total, menace officielle du récif de l’Amazone. » Environ 3 000 litres de mélasse ont été déversés tôt hier par des militants de Greenpeace devant le siège de Total à La Défense, près de Paris, pour protester contre des projets d’exploration pétrolière au large de l’embouchure de l’Amazone, au Brésil. Pour l’ONG, ces projets menacent un récif corallien découvert en 2016 au large des côtes. Ce que dément la compagnie.

Les militants de Greenpeace ont déversé une fausse marée noire devant le siège de Total à La Défense ce lundi contre un projet d'exploration pétrolière du groupe près du Brésil. Photo : BFM

Les militants de Greenpeace ont déversé une fausse marée noire devant le siège de Total à La Défense ce lundi contre un projet d'exploration pétrolière du groupe près du Brésil. Photo : BFM

Quelque 3.000 litres de mélasse ont été déversés tôt lundi par des militants de Greenpeace devant le siège de Total à La Défense pour protester contre un projet d'exploration pétrolière à l'embouchure de l'Amazone. "Sauvons le récif de l'Amazone", "Total menace officielle du récif de l'Amazone", proclamaient les banderoles de la quinzaine de militants qui ont répandu la mélasse sur environ 400 m2.

 

"Cette marée noire symbolise les risques que fait courir Total aux récifs de l'Amazone avec ses projets d'explorations pétrolières au large du Brésil", explique à BFM Paris Edina Ifticene, chargée de campagne Greenpeace France.

 

Une vingtaine de policiers sont arrivés sur place peu après le déversement de la mélasse, a constaté l'AFP. Ce projet d'exploration pétrolière devrait commencer en 2017 quand le groupe pétrolier "aura obtenu les licences environnementales" nécessaires du gouvernement brésilien, selon Greenpeace. Pour l'ONG, ce projet menace un récif corallien découvert en 2016 au large des côtes nord du Brésil, là où l'Amazone se jette dans l'Océan Atlantique.

 

BFM TV (27 mars 2017)

Photos : BFM
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Total, menace officielle du récif de l’Amazone

 

En début d’année, l’Esperanza se rendait à environ 250 kilomètres au large des côtes nord du Brésil pour effectuer les toutes premières images du récif de l’Amazone. A son bord se trouvait l’équipe de scientifiques brésiliens qui a confirmé l’existence du récif en avril 2016. Les images ont été à la hauteur de nos espérances. C’est un biome unique que nous avons pu documenter, fait de différentes espèces de coraux, d’éponges et de rodolithes, où vit une quantité incommensurable de poissons et autres espèces marines, dont certaines seraient inconnues jusqu’alors.

 

Sauf que la menace plane. Un consortium de pétroliers, dont le français Total et le britannique BP, souhaitent effectuer des forages exploratoires dans cette zone. Or, ils ne peuvent plus ignorer l’existence et maintenant la richesse de cet écosystème qu’est le récif de l’Amazone. Le puits le plus proche du récif se trouve à seulement 28 km. Et il appartient à Total.

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Créée par l’Etat français en 1924 sous le nom de Compagnie française des pétroles, elle devient en 1929 la Compagnie française de raffinage et commence déjà à étendre ses activités à l’international. En 1960, Total commence à investir dans le secteur de la pétrochimie et c’est l’année suivante qu’il exploite pour la première fois un gisement offshore, au Gabon. Le premier forage en eaux profondes aura lieu 20 ans plus tard en Méditerranée. Aujourd’hui, Total se présente comme un expert du forage ultra-profond.

 

Total est une multinationale qui compte 96 000 collaborateurs et 882 sociétés consolidées présents dans 130 pays. Elle est tentaculaire.

 

En 2014, Total présente sa nouvelle signature, son nouveau credo : « Commetted to better energy » (« Engagés pour de meilleures énergies »). Comprendre : produire moins, produire mieux. Un positionnement plutôt dissonant pour une supermajor de l’industrie pétrolière… Sauf que ces belles paroles ne valent rien si Total concrétise ses ambitions au large du Brésil. Au sein d’un consortium de pétroliers dont fait également partie le britannique BP, Total a dépensé 300 millions de dollars aux enchères en vue de l’acquisition de cinq blocs tout près du récif de l’Amazone et s’apprête à dépenser 310 millions de dollars pour cette première phase de forage exploratoire.

 

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Source : Greenpeace

Publié dans Initiative

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