Éloge de la paresse au jardin

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Mardi dernier, Nature et Vie conviait les amateurs de jardinage à découvrir la méthode très personnelle du Rosheimois Didier Helmstetter pour cultiver « sans efforts » son potager. Une salle comble est venue écouter un propos atypique.

C’est le seul effort de la méthode : trouver le foin et le dérouler sur le potager… Photo :DNA

C’est le seul effort de la méthode : trouver le foin et le dérouler sur le potager… Photo :DNA

Didier Helmstetter est un personnage original. Bien campé sur des certitudes acquises avec une expérience de quelques années, il entend démontrer qu’avec sa méthode minimaliste, on obtient en belle quantité des légumes de façon naturelle et sans produits chimiques.

Il en fait tout un foin

Dans un premier temps, à l’aide de visuels, il a décortiqué et vulgarisé les aspects scientifiques touffus et les règles compliquées des mécanismes du sol. Un peu technique, mais utile pour saisir les étapes de sa méthode.

Il en ressort, en résumé, que la lumière est le carburant essentiel des plantes et que les en priver est la base du jardin malin. « Oubliez la bêche, la grelinette, la houe et les douleurs musculaires qui vont avec », martèle-t-il. Même le compost en tas ne trouve pas grâce à ses yeux !

Pour stopper la profusion des herbes indésirables et obtenir un sol meuble, riche et bien équilibré, son joker, c’est le foin ! Pour lui, il suffit de tondre à ras un bout de prairie puis de le recouvrir de 20 cm de foin.

Quelques mois plus tard, l’herbe de la prairie s’est décomposée sous le foin. Il faut alors et, c’est le plus « fatigant », découper des sillons d’une largeur de deux doigts et semer. Le tout sans jamais retourner la terre.

Convaincant, photos à l’appui, même si Didier Helmstetter admet que les parasites et autres nuisibles tentent de contourner ses barrages.

« Convaincre madame… »

« Je trouverais le foin, mais le plus dur sera de convaincre madame », glisse avec humour Pierre, de Heiligenstein. Le débat a démontré que certaines habitudes ont la vie dure.

Toujours en quête d’expérimentations, Didier Helmstetter conseille de faire, au début, des tentatives sur une portion du sol seulement. Inconvénient : le jardin présentera un aspect négligé, loin des plates-bandes alignées au cordeau et ultrapropres.

Pas sûr que tout le monde soit prêt à adopter sa méthode même si elle semble prometteuse. Du moins en ce qui concerne l’économie d’efforts et le temps libre pour contempler le bilan depuis son transat…

lepotagerduparesseux@orange.fr ou consulter la chaîne Youtube de did67 : « Le jardin du paresseux ».

DNA/M.V. (28/03/2017)

Publié dans Jardin

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