Des nichoirs grand luxe

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Samedi, ils étaient une cinquantaine, dont une vingtaine d’enfants, à participer au chantier citoyen qui a consisté à poser un nichoir pour les chouettes chevêches et à planter des saules têtards. Une belle action de protection de l’environnement qui a enchanté les participants.

Installation d’un nichoir à chouettes chevêches dans un noyer. Photo : DNA - S.G.

Installation d’un nichoir à chouettes chevêches dans un noyer. Photo : DNA - S.G.

Après un petit briefing dans la salle polyvalente d’Altenheim, les bénévoles, adultes et enfants, de ce chantier citoyen se sont mis en route pour leur mission du jour. La matinée a commencé par l’installation d’un nichoir dans un noyer, situé sur le ban ouest de la commune. L’occasion d’en savoir un peu plus sur la vie de la chouette chevêche, à qui ce nid douillet est destiné.

« Ces nichoirs sont installés pour fournir un “logement” aux chouettes chevêches qui sont cavernicoles, c’est-à-dire qu’elles vivent dans les cavités des arbres, de préférence les saules têtards. Et comme ces arbres sont en voie de disparition, nous avons décidé de mettre à leur disposition ces nichoirs « 4 étoiles ».

Un arbre remarquable âgé de 200 ans

Les oiseaux y trouvent refuge notamment pendant la période de la ponte des œufs », explique Dominique Bersuder, ornithologue et membre du groupe s’Heckeland-Marmoutier, de la LPO (ligue de protection des oiseaux).

Très attentif et interactif, son public a montré un grand intérêt pour le sujet. « C’est l’un des rares rapaces nocturnes que l’on peut voir en plein jour lors du ravitaillement, effectué par le mâle lorsque la femelle couve ses œufs pendant un mois environ. D’ailleurs à cette période, les parents font “chambre à part”, d’où la nécessité de poser les nichoirs par paire », ajoute le scientifique. Aidé par le maire d’Altenheim, Mickaël Vollmar et son adjoint, Jean-Claude Heitz, Dominique Bersuder a accroché le nichoir sur une branche de noyer, à l’horizontal.

L’après-midi s’est poursuivie côté ouest de la commune avec la plantation de 21 plançons, des branches de saules plantées comme des boutures et qui repoussent facilement pour devenir des arbres qui contribuent à maintenir la biodiversité. Ils peuvent donc abriter les chouettes chevêches, une des plus petites de son espèce avec ses 22 cm de haut. « Nous avons aussi eu l’occasion d’élaguer un saule têtard de 200 ans qui n’avait plus été taillé depuis une quarantaine d’années. Son tronc faisait 7 m 10 de circonférence et nous avons ainsi débité six stères de bois. Il est maintenant classé “arbre remarquable”. Ces arbres ont une incroyable capacité à se régénérer », se réjouit Dominique Bersuder.

« C’est l’un des rares rapaces nocturnes que l’on peut voir en plein jour »

Ce chantier citoyen a été organisé par la commune d’Altenheim, le Scot (schéma de cohérence territoriale) de la région de Saverne et s’Heckeland-Marmoutier, le groupe sectoriel de la LPO. L’objectif : intervenir sur le corridor écologique de l’arrière Kochersberg, diagnostiqué en mauvais état (Altenheim, Saessolsheim, Littenheim et Friedolsheim). Un des moyens de contribuer à restaurer la biodiversité est d’aider les chouettes chevêches à réinvestir leur habitat naturel, les saules têtards qui eux aussi ont besoin d’être préservés.

« À Saessolsheim l’an dernier, nous avions planté 35 plançons qui ont presque tous repris. Sur les quatre nichoirs que nous avions installés, deux sont occupés. À Neuwiller-lès-Saverne, deux nichoirs ont été mis en place en mai dernier et sont occupés par un couple », note satisfait cet ornithologue, qui est également bagueur d’oiseaux et assure le suivi d’une trentaine de couples de chouettes chevêches. Et pourtant, il est tout à fait conscience que ce genre d’action est « une goutte d’eau », mais il remarque tout de même un changement positif dans les mentalités.

L’agriculture intensive est souvent montrée du doigt, notamment pour l’arrachage des haies pour laisser passer les tracteurs. « Il ne faut pas faire le procès des agriculteurs, mais celui d’un système économique soumis aux lobbies des multinationales », lance le maire de Dettwiller, Claude Zimmermann, agriculteur de profession. « Il faudrait revenir à une agriculture paysanne », conclut Dominique Bersuder, qui a souligné la mobilisation citoyenne autour de ce chantier à Altenheim.

DNA-DNA-Simone Giedinger (02/03/2017)

Dominique Bersuder montre l’intérieur de ce nichoir « 4 étoiles » à son auditoire très intéressé. Photo : DNA - Simone Giedinger

Dominique Bersuder montre l’intérieur de ce nichoir « 4 étoiles » à son auditoire très intéressé. Photo : DNA - Simone Giedinger

Publié dans Biodiversité

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