Des chiens interpellent les maîtres

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La médiation est l’un des moyens engagés par la collectivité pour lutter contre les déjections canines sur l’espace public. Exemple à Strasbourg au Quartier des XV ou à l’Orangerie.

Gwendoline et Sylvie, avec Goofy et Marzhine, vont à la rencontre des maîtres pour les sensibiliser au ramassage des déjections de leurs chiens. Photo : DNA – Michel Frison

Gwendoline et Sylvie, avec Goofy et Marzhine, vont à la rencontre des maîtres pour les sensibiliser au ramassage des déjections de leurs chiens. Photo : DNA – Michel Frison

La médiation canine, Goofy en a déjà une longue expérience, du haut de ses 8 ans et demi. Marzhine, 10 mois, est encore en apprentissage. Aussi, lorsqu’apparaît un chiot tenu en laisse, sur le trottoir, face à la place Albert-Ier , la jeune labrador ne contient plus sa joie et fait mine d’aller renifler ce nouveau venu. Son aîné, lui, se contente d’un regard distant.

Leur maîtresse, Sylvie Ducret, éducatrice canine et comportementaliste, demeure en retrait, tandis que sa collègue, Gwendoline Seoane, va aborder le maître du chiot, histoire de connaître ses habitudes en matière de ramassage de crottes et de promenade.

Avec un gilet fluo et un chien

« J’interviens surtout si je constate que les gens ne sont pas polis avec Gwendoline », explique Sylvie Ducret. Depuis plus de cinq ans, celle-ci sillonne les rues de l’Eurométropole de Strasbourg, pour le compte de la collectivité, et pour sensibiliser les maîtres au ramassage des déjections canines. « Aller à la rencontre des gens en ayant soi-même des chiens, cela passe mieux. Au départ, j’avais juste le gilet fluo et pas de chien : les gens s’enfuyaient ! », observe-t-elle.

La comportementaliste dispense aussi ses conseils en matière d’éducation. Et rappelle que « la promenade, c’est, au minimum, un quart d’heure trois fois par jour ; à cela il faut ajouter une à deux grandes balades par semaine pour se défouler. » Contrairement aux idées reçues, un chien de petite taille aura, en la matière, les mêmes besoins qu’un labrador ou un berger allemand.

Gwendoline rejoint le petit groupe. Bilan : le monsieur qui balade son chiot « ramasse les crottes avec un mouchoir » et laisse son animal de compagnie « courir librement au parc ». Ce qui est strictement interdit. « Même si elles sont encore trop peu nombreuses, il existe des aires d’ébat pour chiens, par exemple au parc de l’Orangerie », rappelle Sylvie Ducret.

En bon petit soldat, la blanche Marzhine transporte des sacoches contenant les sachets indiqués pour ramasser les crottes. Mais ceux-ci peuvent également être retirés dans les mairies, les parcs et certains commerces. « 3,8 à 4 millions sont distribués, chaque année, dans l’Eurométropole », précise Géraldine Prudence, du service propreté.

L’équipe de médiation intervient sur demande de la collectivité, elle-même alertée par les riverains lorsqu’un espace est particulièrement souillé. « Désormais, la plupart des maîtres ramassent les déjections canines. Mais, il suffit de deux ou trois propriétaires récalcitrants pour polluer tout un secteur », souligne Olivier Bitz, adjoint de quartier.

Après avoir mené les actions de prévention indispensables – affiches, médiation, sachets mis à disposition gratuitement – l’élu estime qu’un « rappel à la règle est nécessaire » et souhaite « le développement de la verbalisation, étant donné que les arrêtés municipaux existent ».

DNA-Ju.M. (10/03/2017)

Publié dans Environnement, Initiative

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