Des centaines de militants anti-nucléaires manifestent à Fessenheim

Publié le par Jean-Louis Schmitt

De 700 à 1.000 militants anti-nucléaires, selon la police et les organisateurs, ont défilé dimanche aux abords de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), pour réclamer sa fermeture et commémorer le 6e anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

Les manifestants, dont de nombreuses familles avec enfants, ont marché en direction de la centrale avant d’être interrompus par les forces de l’ordre, Photo : AFP

Les manifestants, dont de nombreuses familles avec enfants, ont marché en direction de la centrale avant d’être interrompus par les forces de l’ordre, Photo : AFP

Les manifestants, dont de nombreuses familles avec enfants, ont marché en direction de la centrale, sous un soleil printanier, avant d’être interrompus par les forces de l’ordre, a constaté un photographe de l’AFP.

Il s’agissait de dire «dire stop au nucléaire et exiger une vraie transition énergétique», ont expliqué les organisateurs.

Les militants, dont beaucoup étaient venus de l’Allemagne et de la Suisse voisines, portaient des banderoles proclamant «Nucléaire? Pour nos enfants nous n’en voulons plus», ou encore «Sauvons EDF... fermons Fessenheim».

Certains des militants étaient vêtus de combinaisons blanches antiradiation. Ils ont érigé symboliquement un mur composé de faux fûts de déchets nucléaires.

D’autres manifestations sous le même mot d’ordre avaient déjà eu lieu samedi, à Strasbourg, Paris et plusieurs autres villes de France, notamment pour «alerter sur les risques d’un accident (nucléaire) en France».

AFP (12/03/2017)

Nucléaire

Pour que ferme Fessenheim

Après Strasbourg samedi, sous la bannière « Nucléaire, pour nos enfants, nous n’en voulons plus », une nouvelle manifestation anti-nucléaire était organisée hier devant la centrale de Fessenheim.

Les militants allemands étaient une nouvelle fois au rendez-vous. Photo : L’Alsace/Darek Szuster

Les militants allemands étaient une nouvelle fois au rendez-vous. Photo : L’Alsace/Darek Szuster

« Tchernobyl, c’était en 1986, Fukushima, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, en 2011 » : entre 700 et 1 000 manifestants se sont rassemblées hier à Fessenheim pour réclamer la fermeture de la plus ancienne centrale nucléaire de France.

Cette manifestation était initiée par le réseau Sortir du nucléaire, Stop Fessenheim, Alsace nature et d’autres associations anti-nucléaires.

Pour ces militants, souvent présents en famille, pas question de laisser le nucléaire en héritage à leurs enfants. Ils sont venus de toute la région, mais aussi d’Allemagne pour réclamer « Fessenheim, c’est maintenant », histoire de rappeler la promesse de fermeture de François Hollande pendant sa campagne de 2012, toujours pas effective.

« Son mandat se termine dans deux mois et toujours pas de décision », relève Gilles Barthe, de l’association CSFR. Une analyse reprise notamment par Gustav Rosa de l’association écologique allemande de Breisach.

Des discours motivant pour les participants qui se sont bruyamment fait entendre, en marchant de l’esplanade en face de la Maison des énergies EDF jusqu’à la centrale nucléaire, protégée par un cordon de gendarmes. Les interventions ont été suivies d’une marche retour vers la Maison des énergies pour la suite du programme de la journée avec un concert, des tables rondes et des stands divers.

Comme souvent, les anti-nucléaires ont eu recours à des symboles forts.

Comme souvent, les anti-nucléaires ont eu recours à des symboles forts.

« Les centrales ne sont pas éternelles »

« Il est essentiel de lancer la sortie progressive d’une partie du parc », a répété Francis Rol-Tanguy interrogé hier matin sur les ondes de RTL. Alors que Fessenheim vient tout juste d’avoir 40 ans, l’ancien délégué interministériel à la fermeture de la centrale et à la reconversion du site estime que pouvoir étaler sur 30 ans ce qu’on a construit en 10 ans « est une chance au plan économique et au plan social. Il faut donc mettre le pied à l’étrier et commencer à démanteler. » Encore récemment un rapport parlementaire a souligné l’insuffisance des sommes provisionnées pour le démantèlement, « une raison de plus d’étaler la sortie et d’arrêter d’entretenir le fantasme que les centrales sont éternelles ». L’ancien conseiller de Ségolène Royal, aujourd’hui conseiller à la Cour des comptes continue de suivre attentivement le dossier et a assuré que, le processus étant lancé, le conseil d’administration d’EDF et le décret de fermeture interviendraient « dans les semaines qui viennent ».

DNA-C.W. (13/03/2017)

Publié dans Nucléaire

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