Chasse : « Fermeture », mais pas fin des bavures !

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La chasse tue chaque année 30 millions d’animaux, mais aussi des humains (15 cette année). On déplore également des non-chasseurs blessés, des balles qui finissent leur course dans des habitations, des chiens, des chats, des vaches ou encore des chevaux plombés... Malgré la fermeture générale de la chasse au tir, les promeneurs ne sont donc toujours pas à l’abri...

La fuite... Photo : Jean-Louis Schmitt

La fuite... Photo : Jean-Louis Schmitt

En France, aucune véritable mesure ne garantit la sécurité des non-chasseurs, qui souhaiteraient profiter de la forêt et des chemins de campagne en toute sécurité. Selon notre bilan provisoire, au cours de cette saison il y aurait eu au moins 7 blessés par tir au cours d’une action de chasse.

Des personnes qui pratiquaient une autre activité de pleine nature (randonnée, pêche) ou qui se trouvaient tout bonnement chez elles à jardiner. Un enfant de 5 ans compte parmi ces victimes. Il accompagnait son père en battue et a été blessé à une jambe ! Pourtant le monde cynégétique clame mettre l’accent sur la sécurité, alors que des chasseurs se tuent entre eux, provoquant de terribles drames.

Comment expliquer cette augmentation de 50 % des accidents de chasse mortels cette saison, avec 15 morts par tirs, et une moyenne annuelle de 150 accidents de chasse ?

Les mesures les plus élémentaires pour faire cesser ce climat d’insécurité seraient d’imposer des contrôles de la vue et de la santé des pratiquants, des contrôles d’alcoolémie. Et ce serait bien sûr de partager l’espace avec les autres utilisateurs de la nature, qui sont des millions à souhaiter majoritairement une trêve de la chasse le dimanche (Sondage IFOP septembre 2016). Car c’est le dimanche que sont à déplorer plus de la moitié des accidents.

Mais ça n’est pas fini ! En effet, les battues administratives et autres destructions brutales continuent toute l’année. Si la chasse à tir ferme aujourd’hui 28 février, cette clôture ne concerne en fait que certaines espèces de la faune sauvage. Les dits « nuisibles » seront persécutés toute l’année, les blaireaux déterrés dès le mois de mai, les renards ou les chevreuils tirés dès juin et les oiseaux d’eau dès août. Le climat d’insécurité et les nuisances liés à la chasse au tir ne se limitent donc pas à la période d’ouverture et de fermeture « générale ».

Le nombre constant d’accidents de chasse ne suffit pas à faire réagir les pouvoirs publics. Combien faudra-t-il de blessés et de morts pour que la France s’aligne sur les autres pays européens ?

 

ASPAS (28 février 2017)

 

 

Signez la pétition de l’ASPAS : pétition « Pour l’arrêt de la chasse le dimanche »

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