Amphibiens : opération sauvetage

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Un dispositif pour protéger les amphibiens et les empêcher de traverser la route départementale 53 reliant Reichshoffen à Dambach, a été mis en place à hauteur de la maison forestière Eyler, juste en face du plan d’eau de Reichshoffen.

Les services du conseil départemental et les bénévoles ont installé les filets de protection juste en face du plan d’eau. Photo : DNA

Les services du conseil départemental et les bénévoles ont installé les filets de protection juste en face du plan d’eau. Photo : DNA

C’est la onzième fois que cette opération de sauvetage, initié par le conseil départemental et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) permet de sauver 3 000 crapauds et grenouilles sur le site de Dambach et Reichshoffen.

Michel Rauch en connaît un rayon. Son « Association Nature du Pays de Niederbronn-les-Bains » est à pied d’œuvre — ils sont cinq — depuis 8 heures du matin. Mais aussi les « gilets jaunes », cinq agents du centre technique de Niederbronn-les-Bains et trois de celui d’Erstein, le conseil départemental coordonnant depuis des années ces opérations de sauvetage pour l’ensemble du Bas-Rhin.

« Le site de Reichshoffen est celui où l’on ramasse le plus de batraciens, précise le passionné de la nature. Ramasser des crapauds, c’est comme sauver des oiseaux ! Cela développe les valeurs humaines. »

Un mois de janvier plus froid que ces dernières années et des nuits pas trop douces en février ont quelque peu retardé les migrations et, de fait, la mise en place du dispositif.

C’est à cet endroit que les crapauds, les grenouilles, les tritons et les salamandres, quittant leur zone d’hivernage de la forêt du triage Eyler, effectuent une migration vers leurs lieux de ponte, en l’occurrence le plan d’eau, de l’autre côté de la route. Et l’endroit peut s’avérer particulièrement meurtrier.

800 mètres de filets métalliques ont été installés, ainsi que des seaux enfoncés dans la terre tous les 15 mètres, au pied du filet. « Il n’y a encore rien dans les seaux », constate Bruno Steinmetz qui, depuis le début, participe à cette opération de sauvetage. Cela ne saurait tarder.

DNA-DNA-07/03/2017

 

Devenir « passeur » de grenouilles

Comme chaque année, la LPO se mobilise en faveur des amphibiens, en plaçant des filets le long des routes et en faisant traverser manuellement crapauds et grenouilles pour éviter qu’ils ne se fassent, par dizaines de milliers, écraser par les voitures. Ce printemps, elle a besoin de bénévoles pour l’aider dans sa mission sur une demi-douzaine de communes, au nord et au sud de Strasbourg.

Tous les ans, entre les mois de février et avril, crapauds, grenouilles, tritons et salamandres quittent les forêts où ils ont passé l’hiver, à l’abri du froid, terrés au fond d’un trou ou au fond d’une mare. Ce sont ainsi des dizaines de milliers d’amphibiens qui rejoignent à cette saison les zones humides qui les ont vus naître pour s’y reproduire à leur tour, entamant une longue période de la migration. Des milliers de batraciens n’atteindront malheureusement pas leur but, surtout s’il leur faut traverser une route. En effet, un crapaud peut mettre jusqu’à 20 minutes pour franchir 7 mètres bitumés et d’après les calculs d’une équipe néerlandaise, 60 véhicules par heure peuvent éliminer jusqu’à 90 % des crapauds traversant la chaussée.

Chaque année, la LPO Alsace délaisse alors momentanément jumelles et longues-vues pour protéger les anoures (grenouilles et crapauds).

Pour enrayer ces hécatombes d’amphibiens, elle prend en charge la coordination des opérations sur le département du Bas-Rhin, après avoir recensé les points noirs du réseau. Sur quelques sites, des solutions pérennes ont déjà été réalisées : crapauducs, mares de substitution situées du bon côté de la route… Ailleurs, la LPO pose des filets de protection temporaires le long des axes meurtriers, pour canaliser les animaux. À charge ensuite des bénévoles et d’une partie de l’équipe salariée de les faire traverser la route dans des seaux (les animaux sont alors directement déposés dans la mare qu’ils voulaient rejoindre), tout en faisant un comptage des effectifs globaux par espèce.

La LPO et plusieurs associations locales (*) sont ainsi, en 2017, en charge du suivi de près d’une cinquantaine de sites, en continu, nécessitant des moyens humains et financiers importants. L’aspect financier et matériel est entièrement pris en charge par le conseil départemental du Bas-Rhin, mais il manquera des bras pour réaliser les opérations de transfert d’un côté à l’autre de la route.

Cette année, cette migration a d’ores et déjà débuté et la LPO recherche urgemment des bénévoles qui pourraient s’engager de manière régulière (une fois par semaine minimum) dans plusieurs secteurs et notamment à proximité de Haguenau sur les communes de Leutenheim, Fortsfeld, Koenigsbruck, Schirrhein et Dauendorf.

Si des personnes sont volontaires pour donner un peu de leur temps (le ramassage des amphibiens a lieu le matin, durant une période de 1 mois environ), contacter La LPO Alsace au 03 88 22 07 35 - Sébastien Didier : sebastien.didier@lpo.fr

(*) Dans le secteur de Haguenau-Wissembourg : Association Protection Faune Flore de Haguenau, Association Nature du pays de Niederbronn, Association des amis de la vallée Dambach, Association Les Piverts, Club vosgien Wissembourg, Association Station ornithologique de Munchhausen.

DNA-07/03/2017

Publié dans Environnement

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