Accueillir insectes et autre petite faune utiles au jardin

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Partenaire de l’année internationale de la biodiversité en 2010, Rustica encourage la protection d’une microfaune souvent utile dans les jardins. Pour l’accueillir, mieux vaut diversifier les plantations et maintenir les cachettes naturelles, indispensables à ces auxiliaires.

Prairies fleuries. Photo : Jean-Louis Schmitt

Prairies fleuries. Photo : Jean-Louis Schmitt

Au printemps, ce sont les fleurs productrices de nectar qui vont attirer les papillons (cardamine, giroflée, valériane), puis, en été, les insectes se nourrissent de scabieuses, serpolet, origan… Le buddléia est certes remarquable, mais il a le défaut d’être invasif : il doit être rabattu sévèrement en coupant les fleurs fanées, ce qui évite la dispersion de ses graines. Nourrir les papillons grâce au nectar des fleurs, c’est bien, mais pensons à leurs chenilles qui consomment, elles aussi, des végétaux : graminées pour les satyres, orties pour les vanesses de l’ortie, carottes et fenouils pour le machaon, crucifères pour les piérides, légumineuses pour les zygènes et les lycènes.

Place aux herbes folles

Conservez un espace d’herbes folles et d’orties. Le séneçon héberge par exemple la chenille jaune annelée de noir du papillon goutte-de-sang, les euphorbes nourrissent la superbe chenille à corne du sphinx, la bryone abrite une coccinelle végétarienne, tandis que la cardamine des prés et l’alliaire accueillent la piéride du cresson ou aurore.

S’il faut un entretien, procédez toujours par étapes en conservant des parcelles sauvages qui permettent aux animaux de s’abriter et de recoloniser le milieu. Ne laissez pas tous les résidus de fauche en place, exportez-les sur le compost car beaucoup de plantes sauvages préfèrent des terres pauvres, non enrichis. Outre la destruction possible d’animaux et la gêne entraînée par la fumée, la combustion des végétaux vous prive d’une foule de petits recycleurs utiles tels que vers, cloportes ou larves de cétoines. Le principal nettoyage se pratique plutôt à l’automne, mais il est vrai qu’une parcelle de terre aérée au printemps favorisera le développement de plantes annuelles. Ainsi le coquelicot, espèce messicole, c’est-à-dire des moissons, se plaît dans les sols remués. En juin, le fauchage d’une autre partie de vos herbes folles permettra une repousse de jeunes feuilles, plus appétissantes pour les chenilles.

Les locataires du tas de bois

Le hérisson, précieux allié du jardinier. Photo : Jean-Louis Schmitt

Le hérisson, précieux allié du jardinier. Photo : Jean-Louis Schmitt

Avant d’entasser les bûches pour constituer un tas, prévoyez dans le premier rang un espace d’environ 45 x 25 cm avec un couloir vers l’extérieur pour faciliter le passage d’un hérisson.
Il apportera lui-même les feuilles sèches nécessaires à son lit. Une bâche plastique, posée audessus du tas de bois, gardera l’abri au sec. Les bûches qui restent en contact avec le sol vont subir une lente dégradation sous l’action de l’humidité. Des champignons, des coléoptères comme les petites-biches s’établissent dans le bois, ainsi que des petits capricornes. Leurs trous de sortie font le bonheur des abeilles solitaires qui y entassent le pollen vital pour leurs larves. D’autres, comme le xylocope ou l’abeille charpentière, creusent des galeries dans le bois ramolli par l’action des champignons.

 

Installer un muret ou une haie

 

Outre son aspect décoratif, le muret de pierres sèches offre de nombreuses cavités favorables à la petite faune, le lézard des murailles et l’orvet par exemple. Bannissez les joints en terre ou en ciment : calez plutôt l’ensemble avec des petites pierres. Abeilles solitaires et bourdons font leur nid dans les cavités tandis que les araignées et les escargots y prennent leurs retraites. Mulots et campagnols entassent leurs provisions à la base. En soirée, un petit cri flûté vous signale la présence du crapaud accoucheur. Si vous envisagez de construire un mur d’au moins 2 m de hauteur, réservez des creux dans les parties hautes pour y accueillir des oiseaux tels que le troglodyte, le rouge-gorge et la bergeronnette.

 

Face à la monotonie des haies de thuyas ou de lauriers, plantez des essences locales qui vont assurer au printemps la nourriture des insectes pollinisateurs. Le cornouiller mâle et les saules fleurissent dès février, suivi des viornes, sorbiers aubépines, églantiers, aubépines, sureaux et enfin par le lierre en septembre-octobre. Les feuilles du prunellier nourrissent les chenilles du papillon flambé tandis que celles du papillon citron consomment le feuillage du nerprun. Cet arbuste est très utile : les oiseaux y construisent leur nid, tandis qu’en fin de saison, merles, grives musiciennes et pinsons des arbres en consommeront les fruits.

La pose de nichoirs

Photo : Jean-Louis Schmitt

Photo : Jean-Louis Schmitt

Avec notre manie de tout raser et de nettoyer, nous avons privé la petite faune de trous naturels. L’installation de nichoirs remplacera les arbres creux. Les oiseaux dits cavernicoles, comme les mésanges, acceptent les nichoirs fermés. Le diamètre du trou est important, de 28 mm pour la mésange bleue, à 34 mm pour la charbonnière. Au-delà de 35 mm, on risque de voir s’installer des étourneaux qui ne craignent pas grandchose. Les oiseaux semi-cavernicoles comme le rouge-gorge, le rougequeue ou la bergeronnette ont besoin d’ouvertures plus grandes.

 

Les insectes fréquentent également les nichoirs. De longues fentes pour laisser passer les ailes des papillons, des trous rectangulaires pour les punaises, ronds pour les coccinelles et les chrysopes, ou remplis de paille pour les perce-oreilles. Parce qu’il est important de favoriser les hyménoptères pollinisateurs (andrènes, abeilles solitaires…), un bloc de bois percé de trous de 2 à 8 mm leur suffit.

 

N’oublions pas non plus les chauves-souris qui s’abritent dans certains nichoirs ; ainsi, une fente de quelques centimètres convient à la pipistrelle. Pour observer tous ces animaux, offrez-vous de lentes promenades, ponctuées de nombreux arrêts pour prendre le temps de regarder en détail herbes et fleurs où s’ébattent vos nouveaux invités.

Gîte à insectes. Photo : Jean-Louis Schmitt

Gîte à insectes. Photo : Jean-Louis Schmitt

Photo : Jean-Louis Schmitt

Photo : Jean-Louis Schmitt

Publié dans Jardin

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ddelsass 18/03/2017 12:14

magnifique
c est beau est ce le paradis .
Ce n' est pas vraiment notre environnement en ville!
Jean Louis est ce ton hérisson?
C ' était les séances d' aboiement d' Azzaro, il ne leur faisait rien, mais je n' avais même pas la force de le rentrer.
Il me faisait un trou en grattant, à côté, je le grondais, rien n' y faisait. Rien ne le calmait!
Mon nid d' hérissons, depuis de nombreuses années, se trouve sous la terrasse, je n' ai pas mis de pergola pour ne pas les perdre! L' architecte m' a pris pour une folle!
Bravo Danielle!