Quand la spéculation alimente la pauvreté

Publié le par Jean-Louis Schmitt

L’avidité des spéculateurs financiers a contribué à provoquer des émeutes alimentaires par le passé lorsque les denrées de bases nécessaires à la survie, telles que le riz, le blé ou encore le sucre, sont devenues hors de prix. Lorsque les spéculateurs misent sur les denrées alimentaires, les prix sont faussés. Ce sont souvent les plus pauvres qui souffrent de la faim et sont les plus affectés.

Quand la spéculation alimente la pauvreté

Certains des plus grands noms du secteur financier sont impliqués, comme Crédit Agricole, Axa, mais également d’autres acteurs moins célèbres comme Cargill. Ces firmes dissimulent leur avidité derrière les termes « évolution des prix » des « matières premières agricoles » [1, 2] Chaque grain de blé récolté, traité et consommé, est revendu 99 fois par ces multinationales. [3]

En réponse à la pression d’organisations et de citoyens de toute l’Europe, une directive européenne visant à limiter la spéculation a vu le jour en 2014. Il ne manque maintenant qu’une directive technique, mais la Commission européenne a soudain cédé face aux lobbys agricoles et financiers.

Dans une semaine, le Parlement européen aura l’opportunité de forcer la Commission européenne à agir. Le vote sur les directives en matière de spéculation sur les denrées alimentaires devrait être très serré : nous savons que 40 % des députés européens soutiendront les mesures de répression, mais nous devons convaincre au moins 84 d’entre eux, dont le vote pourrait aller dans un sens comme dans l’autre. En 2014, le vote était tendu mais nous avons gagné. Il en est de même aujourd’hui et nous devons donc agir dès maintenant

Comment fonctionne la spéculation ?

Les denrées alimentaires de base telles que le riz, le blé, le maïs et le cacao se négocient sur les bourses de marchandises. [4] Les prix ne reflètent plus l’offre et la demande, mais les fonds spéculatifs, les banques et les investisseurs privés inondent le marché, ce qui entraîne parfois une hausse des prix des denrées de base. Lorsque les prix culminent, ces derniers revendent et réalisent d’immenses profits. Mais tandis que les spéculateurs trinquent au champagne, ce sont les plus démunis qui paient le prix de leurs actions.

La Commission européenne propose d’autoriser les pays à assouplir davantage les maigres règles existantes en matière de spéculation sur les denrées alimentaires. Les nouvelles propositions de la Commission ne changeraient rien à la situation actuelle. C’est pourquoi nous devons convaincre le Parlement européen de s’imposer et de mettre un terme à la spéculation alimentaire.

La communauté WeMove est en position de force pour contribuer à apporter ce changement indispensable. Nous sommes le seul groupe de campagne paneuropéen actif en ligne. En un peu plus d’un an d’existence nous comptons déjà 466 000 membres dans toute l’Union européenne. Notre pouvoir ne cesse de grandir et nous sommes en mesure d’utiliser notre force collective pour mettre un terme à la spéculation alimentaire.

Nous devrions saisir cette opportunité et inciter les eurodéputés hésitants à faire le bon choix pour leurs électeurs en mettant un terme à la spéculation alimentaire sans délai.

Avec acharnement,

Mika (Bordeaux), Jörg (Berlin), Virginia (Madrid) et toute l’équipe de WeMove.EU

Une tranche de pain ne peut être mangée qu’une fois ; mais le blé qui la compose est vendu pas moins de 99 fois. [1] Nous pouvons y mettre fin. Demandez à vos eurodéputés de voter pour l’interdiction de la spéculation alimentaire sans attendre.

SIGNEZ

 

  1. https://www.oxfam.org/fr/rapports/speculation-et-securite-alimentaire-fini-de-jouer
  2. http://www.foeeurope.org/sites/default/files/publications/farming_money_foee_jan2012.pdf
  3. Chicago Board of Trade, données du CBOT datées du 11 novembre 2016. Ratio entre les futurs volumes vendus et récoltés pour l’année 2015 (volume annuel à cette date). Blé : 5, 542,06 millions de tonnes (volume vendu à la CBOT, Kansas, Minneapolis) ; 55,84 (récolte américaine). Les volumes échangés sur les bourses de marchandises sont 99 fois supérieurs à la récolte américaine. Étude : Oxfam Allemagne
  4. https://www.oxfam.de/ueber-uns/publikationen/konzernatlas-2017

 

Publié dans Point de vue

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