Mal-être paysan

Publié le par Jean-Louis Schmitt

En Alsace, plusieurs centaines de fermes sont aujourd’hui dans une situation économique difficile, parfois même sans issue, au grand désespoir de leurs exploitants. C’est dans ce contexte très tendu que s’est ouvert hier le salon international de l’agriculture de Paris.

Les agriculteurs se plaignent depuis des années de la dégradation de leurs revenus. Aujourd’hui, ils arrivent au bout. Photo : DNA - Franck Delhomme

Les agriculteurs se plaignent depuis des années de la dégradation de leurs revenus. Aujourd’hui, ils arrivent au bout. Photo : DNA - Franck Delhomme

Le chiffre est éloquent : en 2015, la moitié des agriculteurs alsaciens a dû vivre avec moins de 354 euros par mois (*). Et ceux qui comptaient sur 2016 pour se refaire une santé en ont été pour leurs frais. L’an dernier, « nous avons subi un coup de Trafalgar au niveau des récoltes », rappelle Laurent Wendlinger, le président de la chambre d’agriculture d’Alsace. La météo calamiteuse a en effet été à l’origine de fortes chutes de rendement qui, pour aggraver encore les choses, se sont produites au moment où les prix étaient au plus bas.

Résultat, le revenu agricole s’est effondré de 26 % par rapport à 2015, estime l’INSEE. « La particularité de la région est que toutes des filières sont touchées, l’élevage comme les productions végétales, et notamment les céréales », précise David Herrscher, le président de la MSA d’Alsace.

Détresse psychologique

Ces deux années désastreuses ont mis de nombreuses fermes, déjà à la limite de la rentabilité après plusieurs saisons compliquées, dans une situation impossible. « Nous sommes saisis au quotidien de cas d’exploitations en difficulté », lourdement endettées, et qui n’ont d’autre choix que de continuer à produire à perte, reconnaît M. Wendlinger. Du jamais vu dans une région traditionnellement prospère.

Face à l’ampleur de la crise, les organisations agricoles du Grand Est ont mis en place à l’automne dernier dans chaque département des cellules, baptisées Réagir, chargées d’aider, autant que possible, les entreprises à sortir la tête de l’eau (lire page suivante). Rares sont cependant les professionnels qui prennent l’initiative de la saisir.

« Beaucoup considèrent que c’est honteux de se retrouver dans une telle situation », observe Pierre-Paul Ritleng, en charge de la cellule Réagir dans le Bas-Rhin. Et pas seulement par peur « du jugement de la société », précise David Herrscher. « 99 % des agriculteurs héritent d’une structure familiale » avec pour mission « de faire fructifier cet outil transmis depuis des générations ». Une défaillance « les place donc dans un conflit de loyauté par rapport aux générations précédentes ».

Repérer « ceux qu’on sent en train de s’enfoncer »

Résultat, beaucoup tardent à se signaler. « La plupart du temps, nous sommes avertis par les fournisseurs, les coopératives, les banques ou les centres de comptabilité », indique M. Ritleng. « Souvent, les agriculteurs cachent les problèmes et ce sont les épouses qui lancent un signal de détresse », confirme Laurent Wendlinger.

Car c’est bien de détresse qu’il s’agit. « Il y a, constate-t-il, des gens qui sont à bout psychologiquement. » D’ailleurs, les responsables agricoles ne le nient pas, même s’ils refusent de s’étendre sur la question : il y a bel et bien eu ces derniers mois « quelques cas » de suicide dans la région, produits souvent, nuancent-ils, « d’un cumul de facteurs ».

Écrasées par les dettes, accablées par une trésorerie négative « beaucoup de personnes s’isolent, ne prennent plus de temps ni pour elles ni pour leur famille », observe Marie-Irène Glé, responsable de l’action sociale à la MSA d’Alsace. « Les gens se fatiguent à force de chercher une solution par tous les moyens possibles », de multiplier « les nuits d’insomnies, passées à remuer les chiffres comme une spirale incessante, sans moment de répit ».

La caisse, qui a été l’une des premières en France à ouvrir, dès 2015, une ligne téléphonique pour permettre aux exploitants en difficulté de trouver une oreille attentive, a du coup formé ses équipes à détecter les signaux d’alarme : crises d’angoisse, moments de panique, mais aussi confusion de langage, émotion, grande tristesse ou volonté de ne plus déranger qui que soit.

Depuis l’an dernier, ce dispositif est relayé à l’échelle nationale par le numéro Agri’écoute qui « rencontre un vrai succès », indique la responsable, et qui s’efforce d’apporter des réponses. « En cas de grande détresse, nos conseillers sociaux sont alertés. Et s’il y a une situation de risque, l’écoutant peut mettre en relation avec le médecin traitant », précise Mme Glé. Lorsqu’elle le juge nécessaire, la MSA peut aussi proposer un accompagnement par un psychologue ou l’intervention du service de remplacement, histoire de permettre aux exploitants fragilisés de prendre un peu de repos.

L’organisme de protection sociale alsacien, qui ne souhaite pas chiffrer ses interventions (tout au plus reconnaît-il qu’en août dernier, « une cinquantaine de situations complexes avaient été transmises en alerte »), est d’ailleurs d’ores et déjà en train d’élargir le dispositif. Car, reconnaît Marie-Irène Glé, si « toute la population agricole n’est pas concernée, le nombre de personnes » en difficulté « augmente ».

La MSA d’Alsace s’emploie ainsi à « mobiliser et à former les acteurs au plus près des exploitants », à commencer par ses 528 délégués cantonaux, pour repérer le plus vite possible « ceux qu’on sent en train de s’enfoncer ». Elle a également mis les organisations professionnelles (coopératives, centres de gestion, banques etc) dans la boucle. Car, par ricochet, leurs agents se retrouvent souvent en première ligne. « Ils voient des choses et des situations dont ils ne savent pas quoi faire », déplore Mme Glé. « Certains nous disent : Je ne dors pas bien avec ça. »

(*) En 2015, près de 50 % des agriculteurs alsaciens ont perçu moins de 4 250 euros de revenu annuel.

DNA-DNA-Odile Weiss (26/02/2017)

 

« Là, on arrive au bout »

Les éleveurs laitiers font partie des agriculteurs qui souffrent le plus. Photo : Archives DNA

Les éleveurs laitiers font partie des agriculteurs qui souffrent le plus. Photo : Archives DNA

« Les paysans ne le disent pas trop car pour eux, c’est une forme d’échec », mais, témoigne cet éleveur laitier haut-rhinois, « nous ne vivons pas. Nous survivons. » Aujourd’hui, constate-t-il, « les gens sont à bout ». Ils ont, comme lui, le sentiment « qu’on se fout de nous » que « tout ça ne débouche sur rien ».

À l’image de beaucoup de ses collègues, son frère et lui, installés sur la même exploitation, « n’ont plus de revenu depuis plusieurs mois », et pourtant, précise-t-il, « on travaille comme des fous ». À force de vendre leur lait à un prix inférieur à son coût de production, ils creusent en fait chaque jour un peu plus les pertes.

« À 32 centimes le litre, on arrivait à payer nos factures », explique-t-il. À 29 centimes, « une fois qu’on a payé les crédits de nos emprunts, on n’arrive plus à payer nos fournisseurs », ceux notamment auprès desquels ils s’approvisionnent en aliments pour leur troupeau. Car « il faut bien nourrir les bêtes ».

D’ailleurs, précise-t-il, « si aujourd’hui les exploitants tiennent encore, c’est parce que les fournisseurs acceptent de faire crédit et parce que les banques font des efforts. Mais pendant ce temps, on accumule les dettes. Si ça continue longtemps, il va falloir les restructurer, les étaler sur 10 ans. Ça ne fera que reporter le problème. » Car, constate-t-il, « le banquier ne va pas continuellement restructurer » et un jour ou l’autre « les fournisseurs nous demanderont de payer et là… »

En fait, l’éleveur laitier, qui s’est endetté sur vingt ans pour construire au prix d’un million d’euros une nouvelle étable à l’extérieur du village, ne voit aujourd’hui plus guère d’issue. « C’est impossible d’arrêter car le seul moyen de payer notre installation, c’est de faire du lait », constate-t-il. « En travaillant ailleurs, on ne pourrait pas rembourser nos crédits ». En fait, résume-t-il, « on va passer notre carrière à payer notre outil. On est coincés. En plus, si ça se trouve, on va nous mettre la main dessus. »

La situation est d’autant plus douloureuse que, insiste-t-il, « l’agriculture, c’est ma vie. C’est une passion » comme ça l’était pour son père et pour son grand-père. Or « lorsque je suis devant mon tank à lait, et que je pense au prix, j’ai l’impression de faire de la merde ». « Là, estime-t-il, on arrive au bout. »

DNA-DNA-O.W. (26/02/2017)

 

Agriculture - Appui aux exploitations en difficulté

« On joue les pompiers »

En Alsace, une petite centaine d’exploitations a déjà fait appel aux cellules Réagir, mises en place pour accompagner les entreprises en difficulté. Ce n’est sans doute que le sommet de l’iceberg.

Cette année, de nombreuses exploitations n’auront pas les moyens d’acheter les semences et les intrants pour pourvoir produire. Photo : Archives DNA

Cette année, de nombreuses exploitations n’auront pas les moyens d’acheter les semences et les intrants pour pourvoir produire. Photo : Archives DNA

Comment faire pour limiter la casse ? Cette question, les organisations professionnelles agricoles* de la région se la posent depuis plusieurs saisons déjà. Elles y ont répondu en créant en novembre dernier des cellules départementales, baptisées Réagir, chargées d’accompagner les exploitations en difficulté.

Le principe est simple : il consiste, pour chaque dossier qui leur est soumis, à réaliser un diagnostic de la situation de l’entreprise et à essayer de trouver des solutions avec les acteurs impliqués. En fait, résume Pierre-Paul Ritleng, référent de la cellule bas-rhinoise, « on joue les pompiers ».

Vers des dépôts de bilan

Pour l’heure, une petite centaine d’exploitants (53 dans le Bas-Rhin, 38 dans le Haut-Rhin), dont une majorité d’éleveurs, ont fait appel à ses services.

Parmi eux figurent des personnes qui rencontrent pour la première fois des difficultés de trésorerie, dues à la conjoncture. Leur cas est en général assez rapide à traiter. « Souvent, la solution passe par une année blanche, un crédit relais ou un échéancier », observe Yves Jauss, directeur général adjoint de chambre d’agriculture d’Alsace.

Ces dossiers ne représentent cependant qu’une minorité des cas. La plupart concerne en effet des situations nettement plus dégradées qui nécessitent une analyse plus approfondie, cofinancée par le conseil régional et la chambre d’agriculture. Celle-ci peut par exemple déboucher sur une réorientation de la production, indique M. Jauss. Dans cette catégorie figurent notamment des jeunes agriculteurs, contraints de s’endetter de plus en plus lourdement pour reprendre des exploitations toujours plus grandes.

« Il y a aussi des entreprises pour lesquelles on n’a plus de solutions, ni financière ni technique, car les dettes sont trop importantes », constate M. Ritleng. Ces entreprises n’auront d’autre issue que de déposer le bilan et de se placer sous la protection de la justice commerciale.

« Ce sont souvent des gens qui sont en difficulté depuis plusieurs années dont la situation s’est aggravée en raison de la conjoncture », explique M. Jauss. Mais pas seulement. Dans le lot figurent aussi des entreprises qui sont jusqu’à présent parvenues à faire face à leurs échéances bancaires et sociales… en multipliant les dettes auprès de leurs fournisseurs. « En additionnant ce qu’elles doivent aux vendeurs d’aliments, de semences et d’intrants, aux concessionnaires, aux entreprises de travaux agricoles, au vétérinaire, au centre d’insémination ou encore au centre de comptabilité, on arrive parfois à des sommes gigantesques au regard de leur chiffre d’affaires », relève M. Ritleng.

De nouveaux cas de ce genre risquent fort de se déclarer dans les prochaines semaines, lorsque les agriculteurs devront acheter leurs intrants, si leurs fournisseurs décident de ne plus suivre, ce qui commence à arriver. De nombreuses fermes se retrouveront alors dans l’impossibilité de réensemencer leurs champs. En clair, de produire.

Les organisations agricoles en sont conscientes : elles vont donc devoir apprendre à accompagner des exploitants vers une réorientation professionnelle ou vers une pré-retraite. « C’est comme si on vous amputait des deux jambes, qu’on vous donnait un Doliprane® et qu’on vous disait Débrouillez-vous avec », relève Laurent Wendlinger, le président de la chambre d’agriculture d’Alsace. Cela étant, concède-t-il, même en mobilisant tous les dispositifs d’aide et d’accompagnement financier, « il n’y aura peut-être pas de solution » pour « permettre à tout le monde rester dans le métier ».

*La chambre d’agriculture, la MSA, les syndicats agricoles et viticole, les banques, les centres de comptabilité, les organismes stockeurs et les laiteries alsaciennes

DNA-DNA-Odile Weiss (26/02/2017)

 

Filière ovine

Une charte pour aider les bergers à débuter dans le métier

Une « charte de développement de la filière ovine alsacienne » a été signée lundi 20 février par les différents acteurs de la filière. Elle vise notamment à mettre en relation les bergers proches de la retraite et les candidats à la reprise qui peinent à trouver des terres.

En mars, les brebis de Théo Heim rejoindront les pâturages éparpillés dans huit communes nord alsaciennes. Photo : DNA

En mars, les brebis de Théo Heim rejoindront les pâturages éparpillés dans huit communes nord alsaciennes. Photo : DNA

Berger à Mietesheim, près de Haguenau, Théo Heim, 42 ans, passe son temps sur la route pour rallier ses cinquante-deux hectares de terres agricoles (en propriété et en location), éparpillés sur huit communes, dans un périmètre de vingt-cinq kilomètres.

Trouver chaque parcelle a été un casse-tête tant les terres agricoles viennent à manquer en Alsace du Nord. Le berger aurait encore besoin de « vingt hectares supplémentaires » pour parvenir à « l’autonomie alimentaire » de ses agnelles et équilibrer son budget.

Le cas de Théo Heim est emblématique. C’est pourquoi sa ferme a été choisie pour servir de cadre à la signature d’une « charte de développement de la filière ovine alsacienne ».

La Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) s’est engagée à « repérer des cédants et des candidats à l’installation en production ovine pour maintenir autant que faire se peut le nombre d’installations en place ». Entre 2000 et 2015, l’Alsace a perdu 16 % de son troupeau et ne compte plus que 70 élevages ovins pour 24 000 brebis.

L’association Agneau de terroir d’Alsace s’est engagée à « promouvoir le produit ». Depuis 2012, elle assiste les éleveurs membres dans leur système de commercialisation et garantit un prix d’achat fixe à l’année (6,70 le kilo net éleveur), qu’il y ait de la demande ou pas.

Enfin, le Syndicat ovin du Bas-Rhin promet de « promouvoir le métier ». Des actions que le Crédit mutuel soutiendra, notamment en facilitant les prêts pour la création d’ateliers ovins au sein des exploitations agricoles.

DNA-DNA-G. L. (26/02/2017)

 

Lièpvre - Au salon de l’agriculture

Une vosgienne à Paris

Fanny Stahl et Laurent Walter se préparent à accompagner leur vache Dynamo au salon de l’agriculture de Paris. Ce sera peut-être la seule occasion.

Laurent Walter et Fanny Stahl se préparent à emmener Dynamo, vache de race Vosgienne, au salon de l’agriculture à Paris. Photo : DNA

Laurent Walter et Fanny Stahl se préparent à emmener Dynamo, vache de race Vosgienne, au salon de l’agriculture à Paris. Photo : DNA

Le domaine d’Estary de Lièpvre est en pleine ébullition. Ce n’est pas tous les jours que Laurent Walter et Fanny Stahl s’apprêtent à accompagner Dynamo, digne représentante de la race vosgienne, et son veau Manioc au salon de l’agriculture de Paris.

Au programme de ces derniers jours, l’alimentation est plus riche avec 20 kilos de patates quotidiennes avec des carottes et des pommes. Dynamo et Manioc auront aussi droit ces jours-ci à des séances de shampouinages pour obtenir un poil plus blanc.

Traditionnellement, les professionnels favorisent les vaches laitières de cette race. Pesant 650 kg et âgée de neuf ans, Dynamo est, elle, une vache allaitante. « La filière viande n’était pas vraiment fédérée jusqu’à aujourd’hui », indique Laurent. L’organisme de sélection et la commission allaitante du massif des Vosges ont en effet validé leur participation.

« Être présent au salon de l’agriculture est une satisfaction personnelle. C’est déjà une reconnaissance de notre travail par rapport aux collègues. On peut aussi espérer quelques retombées économiques. Mais même si nous ne remportons pas de distinction, nous serons fiers d’avoir participé au salon de l’agriculture. On espère tout de même que Dynamo y fera des étincelles ! », sourit Laurent Walter.

Ce sera peut-être la seule occasion de faire le salon car les contraintes logistiques et techniques sont lourdes. Une telle participation se prépare de longues semaines à l’avance…

Il est également nécessaire d’assurer la continuité de l’exploitation à Lièpvre pendant les cinq jours de présence dans la capitale.

Parti de zéro

Avec sa compagne Fanny, Laurent s’est installé dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines en 2003. Le couple a construit leur élevage en partant quasiment de zéro. « Le site avait été exploité en tant qu’hôtel-restaurant. L’établissement était fermé depuis plus de dix ans. Les terrains étaient en friche. »

Aujourd’hui, le domaine prospère sur 14 hectares. « Nous louons aussi des terres sur Orschwiller, Saint-Hippolyte et dans l’Illwald. En tout, nous disposons de 40 hectares. Nous aimerions en avoir dix de plus pour nous développer. Mais les terres se font rares. »

Depuis deux ans, l’exploitation agricole souffre de la sécheresse. « Nous avons besoin d’herbes pour nourrir les bêtes. L’an dernier, nous avons donné du foin dès la fin août. »

En complément de leur activité agricole, le couple propose à la location trois gîtes pouvant accueillir chacun quatorze personnes.

DNA-DNA-V.M. (26/02/2017)

Lièpvre - Salon de l’Agriculture

Dynamo et Manioc : médailles d’argent

La première participation de Fanny Stahl et Laurent Walter au salon de l’Agriculture de Paris (DNA du 26/2) a été pour les deux jeunes éleveurs du Domaine d’Estary à Lièpvre un véritable coup de maître. La reconnaissance, par leurs pairs, du travail effectué avec à la clé une médaille d’argent pour Dynamo et Manioc.

Manioc dans les « jupes » de Dynamo, au salon de l’Agriculture de Paris. Photo : DNA J.L.K.

Manioc dans les « jupes » de Dynamo, au salon de l’Agriculture de Paris. Photo : DNA J.L.K.

Les sourires éclatants de Fanny Stahl et Laurent Walter ont accueilli les milliers de visiteurs du salon de l’agriculture de Paris, dont bon nombre de la vallée et des vignobles voisin, à l’instar de la cinquantaine de personnes de l’association des mécaniciens chauffeurs de Sainte-Marie-aux-Mines emmenée par leur président, Raymond Kuhn. On ne saurait dire qui des jeunes éleveurs de Lièpvre ou des supporters alsaciens et vosgiens étaient les plus fiers de cette distinction. En tout cas, tous avaient les yeux de Chimène pour Dynamo et Manioc.

Les désormais deux stars du Val d’argent, bichonnées comme il se doit et indifférentes au sunlight et à toute cette agitation, se reposaient tranquillement dans une confortable litière de paille. Ce prix fait non seulement honneur à toute l’agriculture de montagne d’Alsace et de Lorraine mais aussi à tout le Val d’Argent.

Cette réussite et ces sourires heureux et francs sont presque un antidote à ce pessimisme ambiant dont on veut parer la vallée.

Le titre de gloire pour Dynamo, 646 kg, et son veau Manioc, 198 kg. Photo : DNA J.L.K.

Le titre de gloire pour Dynamo, 646 kg, et son veau Manioc, 198 kg. Photo : DNA J.L.K.

«Pour nous, c’est l’occasion de faire de belles rencontres»

Au-delà de la médaille d’argent de Dynamo et de Manioc, la participation au salon de l’Agriculture a été a été plus que positive pour Fanny et Laurent « cette nouvelle donne, qui a permis la participation pour les vaches vosgiennes allaitantes avec obligation de convenir aux standards de la race et de présenter le veau (DNA du 26/2) et d’être retenu par l’organisme de sélection et la commission allaitante du massif des Vosges, nous a permis de connaître les différents éleveurs vosgiens » souligne Laurent Walter, qui précise « l’organisation de sélection forme une équipe bien soudée. Pour nous, c’est l’occasion de faire de belles rencontres. Nous avons fait plus ample connaissance et partagé nos points de vue et les réalités du quotidien, la discussion avec les uns et les autres a entraîné la découverte de problèmes identiques aux éleveurs des différentes régions ».

Laurent Walter (à gauche), et les visiteurs du salon de l’agriculture : des échanges conviviaux sur les vertus de l’agriculture de montagne. Photo : DNA J.L.K.

Laurent Walter (à gauche), et les visiteurs du salon de l’agriculture : des échanges conviviaux sur les vertus de l’agriculture de montagne. Photo : DNA J.L.K.

Promouvoir une filière directe

Comme bon nombre d’éleveurs et principalement ceux de montagne, Fanny et Laurent privilégient le système de vente par la filière directe. Des arguments qui ont porté au salon de l’Agriculture de Paris, et séduit bon nombre de visiteurs. Laurent de conclure « c’est finalement les consommateurs qui sont décideurs, mais ils ne payeront pas plus cher une viande de qualité à la ferme que celle vendue en grande distribution ».

Ces échanges sont aussi l’occasion pour Laurent de présenter un autre aspect de l’agriculture de montagne garant de paysage ouvert. Elle est à l’origine d’un paysage rural accueillant, apprécié par les autochtones et les touristes avec une association complémentaire du beau et du bon.

Autant de critères que Fanny et Laurent, au côté de Dynamo et de Manioc feront à nouveau découvrir au public lors des portes ouvert du Domaine d’Estary les 13 et 14 mai prochains.

DNA-DNA-J.L.K. (07/03/2017)

Publié dans Agriculture-Elevage

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