Les sangliers dans le viseur

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Exceptionnellement cette année, la période de chasse est prolongée jusqu’à la fin du mois pour les sangliers. Les chasseurs s’organisent pour tenter d’éviter une prolifération de cet animal qui cause parfois des dégâts dans les champs avoisinants.

Sébastien Greiner, président du groupement de gestion cynégétique de l’Alsace Bossue. Photo DNA - Thomas Lepoutre

Sébastien Greiner, président du groupement de gestion cynégétique de l’Alsace Bossue. Photo DNA - Thomas Lepoutre

« Le groupement de gestion cynégétique de l’Alsace Bossue se classe premier au niveau des dégâts de sanglier en 2016-2017 », explique Sébastien Greiner, son président. « Et pourtant, dans plusieurs chasses du secteur, ça a été difficile de trouver des sangliers ».

Aussi et parce que cette problématique est la même dans l’ensemble du département, la période de chasse de ces animaux qui devait s’arrêter le 1er février, a été prolongée jusqu’à la fin du mois de février. Il reste donc un peu moins de trois semaines aux chasseurs pour tenter d’éliminer d’autres sangliers et ainsi réduire la facture des dégâts de sanglier, mais surtout éviter de voir de nouveau une battue administrative organisée dans le secteur.

« Il faut qu’on se serre les coudes pour éviter des battues administratives. Parce que ça, c’est une véritable boucherie »

Reste qu’aux yeux de Sébastien Greiner et d’un certain nombre de chasseurs, l’objectif « zéro dégâts de sangliers » n’est pas souhaitable, « parce que ça voudrait dire qu’il n’y a plus de sangliers dans nos forêts ». Il précise d’ailleurs que « toutes les chasses ne sont pas en dessous de leurs objectifs. Mais il faut qu’elles soient toutes mobilisées pour faire baisser le nombre de sangliers dans nos forêts. C’est une responsabilité collective de l’ensemble des chasseurs. […] Il faut qu’on se serre les coudes pour éviter des battues administratives. Parce que ça, c’est une véritable boucherie ».

Il ajoute, concernant les dégâts de sangliers, « je pense qu’il n’y en a pas plus que l’an dernier, mais je crains une explosion du nombre de sangliers au printemps comme on l’a eu il y a quelques années. C’est pour ça qu’il faut qu’on mette la pression sur le sanglier pour limiter leur nombre ».

Une nouvelle organisation à trouver

La pression exercée actuellement sur les chasseurs pour que ces bêtes soient abattues en plus grand nombre les incite à rechercher des solutions immédiates, mais aussi sur le long terme.

Ces prochaines semaines, plusieurs chasses vont être organisées dans le secteur dont deux chasses collectives sur des territoires touchant plusieurs adjudicataires de chasse.

Ces efforts collectifs devraient, tout du moins c’est ce qu’espèrent les chasseurs, éviter que le gibier ne se réfugie dans une parcelle proche non chassée, et donc permette de débusquer les sangliers qui se trouvent sur un territoire donné. « Ce n’est pas habituel de faire de telles chasses, indique Sébastien Greiner. En général, chacun préfère rester sur sa chasse et il est parfois difficile de se coordonner. Mais à l’avenir, il va falloir qu’on fasse plus de chasses collectives de ce type, qu’on améliore la coordination entre nous pour être plus proches des tableaux de chasse qui doivent être réalisés. Il faudrait peut-être aussi réfléchir à trouver un moyen d’avoir moins de lots avec des adjudicataires qui ne viennent quasiment que chasser ici. Le prix de l’adjudication ne fait pas tout. Si on veut être responsables, il faut aussi que la régulation des sangliers se fasse au fil du temps et pas uniquement en période de battues ». L’objectif étant de « limiter le nombre de bêtes » présentes dans le secteur, « pas de les éliminer. Ça dévaloriserait nos chasses s’il n’y avait plus de sangliers ».

Il explique également que le GGC compte poursuivre les discussions avec les agriculteurs du secteur afin de consolider les solutions trouvées ces dernières années pour limiter les dégâts.

Se rapprocher des règles mosellanes ?

Le président du GGC de l’Alsace Bossue indique par ailleurs son désir de voir la fédération de chasse et les autorités se pencher sur les futurs règlements applicables en matière de chasse. « Ici, nous sommes sur le plateau lorrain, mais avec nos voisins mosellans, nous n’avons pas les mêmes règles en ce qui concerne les tirs de nuits par exemple ». Il espère que le travail en cours au sein de la fédération de chasse du Bas-Rhin pour définir le prochain schéma départemental 2018-2024, permettra de « faire évoluer les choses concernant les tirs de nuits, l’agrainage et le nombre de postes fixes en forêt ».

Deux chasses collectives seront organisées dans le secteur les 25 et 26 février prochains. Samedi 25, cela aura lieu dans le secteur de la forêt du Bannholz à Rimsdorf, et sur les chasses de Sarrewerden, Burbach et Wolfskirchen. Le lendemain, ils seront dans les secteurs de Diedendorf, Bischtroff-sur-Sarre, Zollingen et Harskirchen.

DNA-DNA-Thomas Lepoutre (11/02/2017)

Publié dans Chasse

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