Le cirque s’invite dans l’hémicycle

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La condition des animaux sauvages dans les cirques s’est invitée dans l’hémicycle municipal hier.

Roland Ries est sur une position visant progressivement à ne plus tolérer les cirques avec animaux sauvages à Strasbourg. Photo : Archives DNA

Roland Ries est sur une position visant progressivement à ne plus tolérer les cirques avec animaux sauvages à Strasbourg. Photo : Archives DNA

De grands fauves de la politique locale se sont affrontés sur le terrain de l’accueil des cirques avec animaux sauvages. C’est l’adjoint écologiste Eric Schultz qui a interpellé le maire sur le sujet pour mettre un terme à cette pratique circassienne du dressage d’animaux et son corollaire, selon lui, la « maltraitance ». « Les publics sont souvent peu avertis des conditions de détention des animaux qui y sont exhibés », a-t-il souligné. Seuls les « actions de sensibilisation des associations », « les vidéos-chocs » ou « les récents scandales de maltraitance sanctionnés par la justice » choquent aujourd’hui l’opinion comme autant de coups de fouet claquant au sol. Le temps est désormais à « l’émergence d’une nouvelle exigence éthique autour des questions de souffrance animale », a-t-il martelé, en rappelant au maire ses engagements de campagne de 2008.

 

Et l’élu de soulever aussi les problèmes d’« affichage sauvage » et de « pratiques agressives » vis-à-vis d’associations de défense des animaux. S’il salue la création d’un groupe de travail (DNA du 2 février) mené par Christel Kohler sur la prise en compte de la condition animale et la volonté de faire de Strasbourg, une ville innovante et exemplaire en la matière, Eric Schultz n’a pas compris l’annonce « repoussant à un horizon non défini le refus de la Ville de Strasbourg d’accueillir sur son territoire des cirques avec animaux », à l’heure où la Ville de Madrid vient de l’interdire…

 

« La pratique abolitionniste n’a pas été retenue dans un premier temps », lui a répondu sa collègue Christel Kohler. L’adjointe en charge de la nature en ville se félicite en revanche que Paris suive l’exemple de Strasbourg, qui a créé le 31 janvier dernier un groupe de travail réunissant les grands cirques, les services de l’État (vétérinaires et protection animale), ainsi que les associations de défense des animaux. Le but étant d’élaborer « une charte d’accueil qui fixe les conditions de détention et leur respect ». L’adhésion à cette charte doit aussi être proposée aux supermarchés de l’Eurométropole, « pour ne pas déplacer le problème ailleurs », a-t-elle expliqué. En outre, « la verbalisation doit être systématique pour sanctionner l’affichage sauvage », a ajouté l’élue, qui entend accompagner les cirques dans une transition vers des numéros plus respectueux et mettre un terme à cet « esclavagisme moderne » de la condition animale.

 

Le terme a fait sortir ses griffes à Catherine Trautmann. L’ex-ministre de la Culture a cru bon de rappeler qu’elle a elle-même « œuvré pour la reconnaissance des arts du cirque ». « S’il faut être vigilant aux excès ou refuser le stress aux animaux », l’élue PS a assuré que ni « Bartabas », ni « Alexis Grüss » ne maltraitent les animaux. Et que l’on ne devait pas mettre dans la même catégorie les hommes et les animaux utilisés dans les cirques. « Ce n’est pas mon intention », lui a rétorqué Eric Schultz.

 

« La question est : quand arrête-t-on d’accueillir ces cirques avec animaux ? » L’adjointe Françoise Buffet a abondé dans son sens : « Il n’y a pas de dressage sans violence : il y a des pics dans les cannes des dresseurs ! » Tout comme Laurence Vaton , qui avait déjà évoqué le sujet en novembre dernier. « Soyez audacieux ! », a-t-elle lancé au maire. Paul Meyer a évoqué la « bataille culturelle à mener en famille » contre les cirques avec des animaux dressés, pour faire davantage de place aux autres spectacles circassiens. Et Roland Ries de conclure : « A un moment ou un autre, il faudra arriver à l’interdiction. »

 

DNA-DNA-Philippe Dossmann (28/02/2017)

Publié dans Animaux

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NINI 24/03/2017 16:54

il faut que "l'humain" comprenne ENFIN que l'animal n'est pas un JOUET ! il souffre,stress,a peur,a froid, a mal TOUT COMME NOUS !!! Tout le monde crie au scandale pour les taulards ... les animaux sont traités encore pire et EUX ils n'ont RIEN à se reprocher!!! ils sont battus,affamés,éloignés de leurs familles et leur façon de vivre dans leur habitat naturel,enfermés dans des cages minuscules, sur les routes par TOUS LES TEMPS. AIDONS LES A SORTIR DE CETTE PRISON QU'EST LE CIRQUE !!! ils ne nous le rendent bien pourtant, quoi que plus fidèle et aimant qu'un animal !!!! AGNES DU HAVRE

Agnès Robert 28/02/2017 16:29

Enfin, enfin, quelques pas...

Jean-Louis 28/02/2017 07:47

Ça avance… doucement ! Trop doucement c’est sûr mais… ça avance !