Formation spéciale à la chasse pour les agriculteurs

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Formation spéciale à la chasse pour les agriculteurs, c'est-à-dire ajustée aux horaires de leur activité. Une manière, pour la fédération départementale, de reconquérir ce public.

Formation pratique, maniement du fusil et tir sur cible, pour cet agriculteur d'Escandolières, sur le nouveau site de la fédération départementale de chasse, aux Gachounes sur la commune de Rodelle. / DDM, MCB

Formation pratique, maniement du fusil et tir sur cible, pour cet agriculteur d'Escandolières, sur le nouveau site de la fédération départementale de chasse, aux Gachounes sur la commune de Rodelle. / DDM, MCB

La fédération départementale de la chasse se met à l'heure des agriculteurs. «C'est un public qu'on avait du mal à capter, qu'on avait négligé», reconnaît le président Jean-Pierre Authier. Il a donc suffi à la fédération de se caler sur les horaires des exploitants agricoles et de leur proposer une journée continue (de 10 heures à 16 heures avec repas sur place) pour qu'une centaine d'entre eux se sentent pousser des ailes et expriment l'envie de se servir, à bon escient, d'un fusil.

C'était tout simple, il suffisait d'y penser, «on a adapté nos horaires de formation à leur activité». Le nouveau quartier général de la fédération de chasse, (aux Gachounes, lire ci-dessous), a aussi permis cet accueil en nombre dans de très bonnes conditions. Ce sont précisément ces aménagements qui ont décidé Arnaud Laporte, 34 ans, éleveur de vaches laitières à Escandolières, à franchir le pas et à s'inscrire à cette formation. Lui qui n'avait jamais touché un fusil est principalement motivé par les dégâts importants des sangliers sur son exploitation. «Ce n'est plus supportable».

Lui qui ne vient pas d'une famille de chasseurs et n'est pas spécialement intéressé par la chasse avoue que «l'ambiance est bonne». Mais ce qu'il trouve le plus difficile, c'est la théorie. Mais, variation de taille, le nouveau permis de chasse, en cours depuis 2015, comporte une partie pratique extrêmement importante afin de se recentrer sur la sécurité. Une formation exigeante à la pratique que permet justement le nouveau parcours compact mis en place par la fédération de chasse.

Permis à 46 €

Le succès est d'ailleurs au rendez-vous et d'autres sessions de formation suivront la semaine prochaine. Si les agriculteurs avaient délaissé la chasse et faisaient peut-être partie de ces 2 % qui ne renouvellent pas chaque année leur permis, la population de chasseurs est, en revanche, en augmentation. «Entre 2007 et 2017, on a doublé, l'an dernier on était 327, cette année on sera plus de 400», se félicite Jean-Pierre Authier. Et si auparavant les candidats au permis étaient regroupés par effectif de quarante, ils sont aujourd'hui reçus en entretien individuel et doivent satisfaire à l'épreuve par groupe de douze. Pour une journée de formation associée à une demi-journée pour passer le permis de chasse, il vous en coûtera 46 €.


3 questions à Jean-Pierre Authier, Président de la fédération départementale de chasse

Qu'en est-il des chasseurs et du loup ?

Au printemps c'est sûr le loup va nous tomber dessus, comme en Lozère, puisqu'il y a déjà eu des attaques en bergerie. Aux beaux jours, nos troupeaux vont ressortir et alors les attaques devraient se multiplier.

Comment les agriculteurs peuvent -ils faire face ?

Les agriculteurs seront formés à toute la problématique du loup. Il n'est pas question pour eux de les tuer mais de tirer pour les effaroucher car il faut bien protéger les troupeaux. Les clôtures et toutes les autres solutions ne suffisent pas on s'en rend bien compte.

Les tirs d'effarouchement se pratiquent-ils déjà ?

Oui les tirs d'effarouchement se pratiquent déjà en Lozère mais pas en Aveyron pour le moment. Mais face à cette problématique, ils devraient être bientôt autorisés par arrêté préfectoral. En Lozère, il y a même plusieurs brigades «loup» mais pas encore dans notre département.


Le chiffre : 9600

Sangliers>Prélevés durant la saison 2015-2016. Et on note d'ores et déjà une augmentation pour la saison 2016-2017, qui s'étend du 1er juin au 28 février, puisque plus de 10 000 sangliers ont déjà été prélevés. Malheureusement, «malgré les comptages, il est impossible d'estimer la population exacte des sangliers dans le département», confie Jean-Pierre Authier


Les Gachounes, à Rodelle, le nouveau QG des chasseurs

La Fédération départementale de la chasse a fait bâtir un nouveau lieu de ralliement mais aussi de formation, sur un parc de 60 hectares, avec étang et mur en pierre sèche, sur le Causse Comtal, précisément sur la commune de Rodelle, au lieu-dit Les Gachounes. Les deux bâtiments flambant neufs sont dédiés, l'un à la formation et au passage du permis de chasse, l'autre, le plus vaste avec une immense cheminée, aux réunions et aux banquets des chasseurs.

Le terrain comprend un parcours compact et sécurisé et, d'ici deux ans, verra la création de sentiers pédagogiques afin que les scolaires du département, de tous niveaux de classe, puissent s'initier à la faune et à la flore. Ce parc sera également ouvert aux associations spécialisées, telles que les archers, les piégeurs, les chefs de battue, etc. Ce lieu et son parcours sont accessibles aux handicapés moteurs.

Coût total de l'opération 550 000 euros financés par les chasseurs, le conseil départemental et le conseil régional. «Les collectivités locales ont bénéficié d'aides puisque cet espace est classé en zone naturelle sensible.», précise le président de la fédération départementale de la chasse.

 

DDM/Marie-Christine Bessou (15 février 2017)

Publié dans Chasse

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Jean-Louis 15/02/2017 20:57

Le monde de la chasse va mal : après les écoles, voilà qu’il ratisse chez les agriculteurs !
Le déclin se poursuit : croisons les doigts pour qu’il s’accélère…