Économie locale - Une serre pour la Terre

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Initiative originale, lancée fin janvier, par un couple de producteurs arboriculteurs et de plantes aromatiques en biodynamie : un financement participatif pour se procurer une deuxième serre.

Claude et Élisabeth Rippstein, aux côtés de leur première serre de 18 m par 8 m. La seconde, où seront plantés tomates, mini-légumes, aromatiques et légumes, sera installée sur la parcelle encore enneigée, à l’arrière-plan. Photo : DNA - JSA

Claude et Élisabeth Rippstein, aux côtés de leur première serre de 18 m par 8 m. La seconde, où seront plantés tomates, mini-légumes, aromatiques et légumes, sera installée sur la parcelle encore enneigée, à l’arrière-plan. Photo : DNA - JSA

Élisabeth et Claude Rippstein sont installés dans un bel endroit. À Saulxures, « à 530 m d’altitude », précise ce dernier, ils ont décidé de se lancer dans une nouvelle vie, voici quelques années.

C’est lui qui a tout d’abord réinvesti la maison de ses vacances d’enfance, en 2011, dont une partie a été édifiée par son grand-père. Après avoir défriché le terrain, au sens propre comme au figuré, son épouse est venue le rejoindre, en 2013, dans l’exploitation. Tous deux travaillaient dans la restauration, dans une affaire familiale, en Autriche.

Être à l’abri des cabrioles climatiques

Sur cette terre peut-être un peu ingrate, au début, le couple a réussi à créer une petite magie végétale à destination des palais délicats et exigeants. Les fraises ont fait partie de leurs premiers pas, puis une serre leur a permis de se « diversifier, en produisant des aromatiques », explique Claude Rippstein. Les fraises ont bien pris, les framboises aussi. « Il y en avait déjà ici, du temps de mon grand-père ». Ces fruits servaient alors à une production, à l’époque, celle des bonbons de la marque Becco.

Aujourd’hui, les époux Rippstein exploitent cette terre sur quatre hectares environ. « La première récolte de fraises a eu lieu en 2012. Nous nous sommes diversifiés ensuite, notamment à cause du temps nécessaire pour que nos arbres puissent produire suffisamment. Il faut attendre cinq à dix ans », sourient-ils. Depuis, aux Vergers de la Marande sont nées des « vieilles sortes de tomates, des mini-légumes », entre autres. Le créneau était porteur : « On travaille avec la gastronomie », relate Claude Rippstein. Sous-entendu : des restaurants des environs, ou de plus loin, jusqu’à Strasbourg, souvent de haute tenue, qui recherchent avant tout des produits de qualité.

Pour pouvoir poursuivre leur aventure, les époux Rippstein ont tenté une carte originale, en ce début 2017. « Nous aurions pu puiser dans nos réserves, c’est vrai », reconnaît l’exploitant agricole, mais cela aurait pu être préjudiciable, en cas de coup dur. « La nouvelle serre nous permettra d’être à l’abri des cabrioles climatiques », assurent-ils.

Tout en biodynamie

Élisabeth Rippstein fait part aussi de la philosophie de la démarche : « Nous avons réfléchi et nous nous sommes dit que nous travaillions aussi pour la Terre. Notre exploitation est intégralement en biodynamie ». Claude Rippstein a un sourire en coin : « La plaie, pour nous, ce sont les mauvaises herbes ! Et je l’avoue : elles sont moches, mes pommes, pas comme en supermarché. Mais alors, au niveau du goût… ». Le couple a donc décidé de « n’utiliser aucun pesticide ou produit chimique. C’est sûr, on a des mulots et d’autres petites bestioles ». Mais durant la saison, l’aide de quelques chats n’est pas négligeable. En ce moment, ils profitent un peu du poêle, mais dès que les températures réveilleront la nature, ils vont se remettre assurément au boulot. Élisabeth Rippstein complète le propos : « On a eu envie de dire aux gens : soutenez-nous dans cette démarche de respect de la nature, de l’environnement ». L’idée de lancer une opération financement participatif est née à l’automne dernier. Fin janvier, par l’intermédiaire du site leetchi.com, on peut donc aider à l’achat de cette serre de 28 m de long par 8 m de large. L’enveloppe nécessaire, d’un montant de 9 000 € comprend également l’achat d’un nouveau motoculteur et celui de plants à installer sous le nouvel édifice de toile. « On nous a déjà aidés. Notre premier cercle, famille, amis. Reste à persuader certaines personnes qui nous connaissent, ou pas ».

Produits en contrepartie

Cette aide ne se fait pas sans contrepartie. En effet, à partir de 10 € versés, les donateurs se verront remettre des produits de l’exploitation, soit manufacturés (confiture…), soit frais, dès que la saison va le permettre. À partir de 60 €, un atelier au verger complète les produits offerts. L’investissement est donc double : on favorise l’agriculture dite durable et on en goûte quelques-uns de ses bienfaits. « Les gens qui choisiront une contrepartie en produits frais pourront aussi découvrir l’exploitation et notre magasin, que nous ouvrons tous les samedis matins, à partir de mai, juin », ajoute Claude Rippstein.

Lui et son épouse ne recherchent pas la publicité à tout prix. Tout comme leurs produits, ils préfèrent la qualité à la quantité. Le tout dans un bel état d’esprit.

La serre a déjà été commandée. Elle sera montée à la mi-mars, quoi qu’il advienne. Hier, plus de 2000 € avaient été réunis sur le site internet de financement participatif. Il reste 44 jours pour donner un coup de pouce à ce couple qui a décidé de vivre et travailler au naturel.

www.vergers-marande.fr

DNA-DNA-Jean-Stéphane Arnold (14/02/2017)

Publié dans Initiative

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Dorothée 14/02/2017 21:00

Une belle idée...
Faites comme moi : partagez-là autour de vous !
Seul, nous ne sommes rien !
Ensemble nous pouvons soulever des montagnes.

Jean-Louis 14/02/2017 20:54

Encore une initiative qui mérite d'être largement soutenue !
Bonne chance à Elisabeth et Claude et longue vie aux vergers de la Marande.