Des employés communaux pas comme les autres

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Pepita et Chokina ont pris depuis l’été dernier leurs quartiers à l’entrée de Soultz-les-Bains, à proximité du hall des Sports où elles font valoir leurs talents de jardiniers. Quand les lamas se mettent au service de la municipalité.

Leur système digestif est fragile, mais elles ne sont pas insensibles à l’appel de la gamelle. Photo : DNA - David GEISS

Leur système digestif est fragile, mais elles ne sont pas insensibles à l’appel de la gamelle. Photo : DNA - David GEISS

A Soultz-les-Bains, le recours à la main-d’œuvre animale ne date pas d’hier. La municipalité dispose depuis 15 ans de quelques chèvres qui broutent sur la colline sèche du Jesselberg. Afin d’éviter l’usage de produits phytosanitaires et autres désherbants nocifs pour l’entretien de ses espaces communaux, le maire Guy Schmitt a également opté, un temps, pour des moutons. Mais ces derniers suscitaient visiblement beaucoup de convoitises et ont finalement migré vers des prairies plus hautes et plus lointaines. Il y a eu aussi les chevaux. Trop encombrants. Et surtout, cela abîmait le sol.

Jusqu’au jour où sont arrivées Pepita et Chokina. Deux jeunes femelles, en provenance du Clos des Lamas, un élevage de Gumbrechtschoffen. Une opération financièrement rentable : Chokina a été achetée 2500 euros et Pepita, 2000 euros. Soit deux parfaites débroussailleuses qui remplissent quotidiennement leurs missions sur un terrain de 1 hectare jouxtant le hall des Sports. Et avec elles nul besoin d’essence ou d’électricité. De l’eau, du foin et quelques sauts de granulés suffisent à leur bonheur. Démonstration faite chaque matin quand Christian, l’employé communal, dépose les rations quotidiennes.

Une touche d’exotisme

Autre avantage pratique : ces demoiselles savent se tenir et ne font leurs besoins que dans un ou deux endroits bien déterminés. On peut donc fouler sans soucis leur terrain… sans marcher dans les crottes. Et en évitant si possible de leur donner à manger. Car, comme le rappelle un panneau à l’entrée de l’enclos, leur digestion est très sensible.

Heureusement, à Soultz-les-Bains, tout le monde joue le jeu : « C’est vrai que ce n’est pas de chez nous, c’est un peu exotique », remarque le premier magistrat. « Mais les gens aujourd’hui les ont acceptés. » Ce qui est finalement le lot de tout nouvel arrivant. Sauf que le lama lui se met bénévolement au service de la mairie. Le terrain qu’entretiennent quotidiennement Pepita et Chokina deviendra à terme une zone de loisirs et de promenades. Nos deux ruminants auront alors rempli leurs rôles de défricheurs. Et peut-être que d’ici-là ces nouveaux venues qui pour l’heure ont un comportement encore un peu farouche, se seront vraiment adaptées au climat alsacien. Ils s’imposeront alors, souhaite Guy Schmitt, comme de vrais acteurs de l’animation locale.

Mais avant que les enfants de l’école maternelle ne puissent goûter aux joies de la balade à dos de lamas, il faut déjà renforcer le petit cheptel : un mâle est annoncé prochainement à Soultz-les-Bains.

DNA-DNA-DG (24/02/2017)

Les deux camélidés sont au service de la municipalité et de son premier magistrat, Guy Schmitt. Photo : DNA - David GEISS

Les deux camélidés sont au service de la municipalité et de son premier magistrat, Guy Schmitt. Photo : DNA - David GEISS

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