Bio et grande distribution

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Entre 2008 et 2015, le marché des produits issus de l’agriculture biologique a doublé pour atteindre un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros (+ 15 %). Et, à en croire les projections, les parts de marché du bio vont encore augmenter. Paradoxalement, ces chiffres n’annoncent rien de bon pour cette filière ! Explications.

Les grandes et moyennes surfaces profitent de l’engouement pour le bio. Photo : JLS

Les grandes et moyennes surfaces profitent de l’engouement pour le bio. Photo : JLS

Le marché des produits bio se porte bien. Entre 2008 et 2015, il a doublé, atteignant un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros (+ 15 %). D’après une étude Xerfi (institut d’études économiques privé, spécialisé dans les analyses sur les secteurs et les entreprises), cette tendance va se confirmer. D’ici à 2020, le marché devrait atteindre 9 milliards d’euros. Conscients des profits que les produits bio génèrent, les distributeurs, généralistes ou spécialistes rivalisent d’ingéniosité pour s’approprier leur part du gâteau.

Grandes et moyennes surfaces gagnantes

Au fil du temps, de nombreuses enseignes se sont spécialisées. Biocoop, La Vie claire, Naturalia, Bio c’Bon… sont présentes aujourd’hui un peu partout sur le territoire. Mais ce sont les GMS (grandes et moyennes surfaces) qui tiennent la corde, avec plus de 42 % de parts de marché, contre 30 % pour les enseignes spécialisées.

Par contre, les grandes surfaces alimentaires ont du mal à fidéliser les consommateurs. Ces derniers sont de plus en plus exigeants sur la provenance et la qualité des produits, mais aussi attentifs à l’égard de la grande distribution et du caractère opportuniste de leur conversion au bio. Malgré cela, toujours selon l’institut Xerfi, ce sont bien les GMS qui tirent leur épingle du jeu dans la “démocratisation” du bio en France. D’ici à 2020, elles devraient accroître leurs parts de marché, notamment grâce à leur puissance marketing. D’autre part, ces enseignes ouvrent de plus en plus de magasins 100 % bio comme Carrefour Bio ou Cœur de Nature pour Auchan.

Sur Internet aussi, les ventes de produits bio sont en forte croissance. Ce créneau ayant été délaissé par les GMS, ce sont les “pure player” (terme désignant les entreprises œuvrant uniquement sur Internet) qui ont investi ce canal. On peut citer Amazon, par exemple, qui commence à vendre des produits bio sur son site. Malgré tout, la proximité reste un facteur déterminant et déclenchant pour le consommateur.

Pour autant, cet accroissement de la demande n’est pas sans poser de problème. Sur les quelque 70 % de produits bio vendus en GMS, près d’un tiers proviennent d’importations. Tomates, poivrons, concombres et fruits toute l’année – nous sommes loin des préceptes environnementaux. La demande de la grande distribution est forte. Elle oblige les exploitants européens à opter pour des exploitations à forts rendements : les 10 hectares de serres ou 100 hectares de culture en plein champs (notamment en Espagne, Allemagne et Pays de l’Est) sont nombreuses. Quant au rythme des saisons, il n’est plus respecté !

Même en hiver, les produits d’été arrivent en grand nombre, issus de serres bio installées dans plusieurs pays (Italie, Espagne, Pays-Bas, Maroc, Israël). Plus de la moitié des fruits et légumes bio consommés en France est importée. Autant dire que le bilan carbone est désastreux.

L’économie d’échelle et la productivité sont privilégiées, au détriment de la qualité et du bon sens. Si la course à la productivité et au prix toujours plus bas rend les produits bio plus accessibles, leur composition s’apparente de plus en plus à celle des produits conventionnels : matières premières moins chères, profil nutritionnel amoindri… Certains consommateurs achètent des produits industriels bio en croyant améliorer la qualité nutritionnelle de leur alimentation. Il n’en est rien, bien entendu.

Le poids des lobbys

Enfin, devant la demande qui augmente, le poids des GMS et des lobbys qui œuvrent dans l’ombre pèse sur les instances européennes. Avec pour effet de voir les cahiers des charges s’assouplir de plus en plus. Au final, cette croissance des parts du marché des produits bio semble être néfaste à la filière. Un avatar lié à la rançon du succès…

Chambre de consommation d’Alsace Bas-Rhin : 03 88 15 42 42 Haut-Rhin : 03 89 33 39 79 www.cca.asso.fr

DNA-DNA-Richard Nicolini (14/02/2017)

 

Privilégiez les filières courtes

Apprendre à se passer des fruits et légumes d’été en hiver, opter pour des producteurs locaux que l’on trouve sur les marchés, à la ferme ou via des réseaux dédiés (comme les Amap…), il faut choisir les filières les plus courtes possibles.

De même, de nombreux distributeurs de produits locaux sont présents sur Internet. Fruits et légumes, mais aussi viande, laitages, pain ou jus sont garantis comme venant directement de producteurs de la région. Vous effectuez vos achats en ligne et votre panier est livré à domicile ou dans un point de dépôt de votre quartier.

Quelques sites pour trouver des producteurs bio locaux :

 

Publié dans Agriculture-Elevage

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ddelsass 19/02/2017 20:35

Bonsoir Monsieur, Dubruly?,
Mais qu' est ce que c' est que ça?
Vous m' en voyez dubitative!
Nous sommes je crois , vous et moi, par nos façons de voir écolos déjà marginales, déjà pointés du doigt.
Je vous félicite néanmoins, pour le travail que vous avez effectué, colossal!
Toute cette mise en scène, vous avez une très forte confiance en vous!
Mais jamais de la vie , vous ne l' inspirerez à tout un chacun!
Au contraire, vous faites peur! Vous me faites peur!
Comment voulez vous refaire ce monde avec des idées pareilles?
Je suis d' accord avec vous sur l' intérêt privé et général, mais cela n' avancera plus autrement!
C 'est nous qui les avons votés,
C' est nous qui avons laissés faire mettre en place leur protocole d' élections!
Que ce soit tous les partis , la preuve , nous avons des candidats libres à présent, vous, et depuis longtemps et Mme Ségolène Royal qui a battu tous les records de représentativité!
Ce n' est plus de la démocratie Monsieur!

Maintenant, je suis au regret de vous rappeler que ce blog est sur la "sauvegarde de la nature et protection animale " .
Ce n' est pas une tribune électorale, je n'y adhère absolument pas §
Vous m' en voyez désolée, et avec mon respect, recevez Monsieur, malgré tout, mes sincères salutations.

dubruly 17/02/2017 19:19

Bonjour,
Comme vous je suis ecœuré par tout ce qu'il se passe aussi je me présente à l'élection e 2017 pour exprimer mon désarroi. Alors en résumé voilà ce que je vous propose pour résoudre nos problèmes sociaux et environnementaux avec le système ADN #ADNdePatricia Qu'est-ce que c'est ? C'est simple il suffit de créer un marché de biens et de services vitaux, de créer une monnaie virtuelle #argentdématérialisénumérique , de créer la banque ADN la carte ADN le réseau ADN et la base de données ADN qui servent à consommer sur ce marché. Il reste à créer les règles de convergence pour consommer propre sur ce marché et ne pas gâcher et ne pas polluer les ressources de la terre. Ainsi avec le #revenuvitalactif l'être humain pourra vivre décemment et accomplir son espace -temps dans le #regnedelarecompenseindividuelle. Tout est expliqué dans mon livre L'ADN de Patricia (gratuit en format pdf ) et dans mes vidéos sur mon site dubruly.free.fr A bientôt j'espère !
pour ceux qui tweetent : @dubruly

Vous pouvez faire passer le message c'est gratuit ! J'ai 65 ans et c'est mon bénévolat intellectuel !
Cordialement
dubruly

ddelsass 16/02/2017 22:37

Bonjour Jean Louis,
Bravo pour avoir mis l' article, "bio et très grande distribution", très étonnant pour moi!
Comme tout le monde n' a pas les DNA, j' avais souhaité le trouver sur notre blog!
Et, le voici, cet écrit surprenant et à la méconnaissance de la majorité des gens, surtout de moi!
Je ne comprenais pas lorsque des gens intelligents mettaient en doute le bio grande distribution.
Ca y est j' ai compris, bien sûr, je ne consommais pas des fruits et des légumes qui n' étaient pas de saison, ou d' Espagne, !
Mais le lobby des grandes enseignes , j' ignorais totalement., je n' arrivais même pas à imaginer!
Voilà c' est fait, le clou est enfoncé et je vais devenir de plus en plus méfiante.
Il y a deux ans, j' avais acheté un pot de miel, tilleul, à la grande surface bio à Molsheim, derrière feu vert! (nom?)
Uniquement par commodité, et à la fin du pot, j' étudiais l' étiquette.
Horreur, il venait , j' aimerai vous faire deviner!
De Chine, oui, de Chine!
Ni une, ni deux j' écrivis au Directeur et à la naturopathe responsable du magasin.
Pourquoi? parce que je connais le sérieux des fabrications et des contrôles dans ce pays!
Mais vous savez tout ceci!
Et, j' avais bien raison, le directeur me répondit bien sûr, pas d' excuses, pas de remboursement, juste la promesse de le retirer des rayons.( il a utilisé un autre mot?) c' était tout!
N' avons nous pas d' apiculteur sérieux, à côté de chez nous? c' était la raison inconsidérée de mon achat!
Voilà, une de mes graves histoires !
Cordialement.
DD