Barbara Pompili au chevet du grand hamster

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La secrétaire d’État chargée de la biodiversité est venue encourager, hier matin à Ernolsheim-Bruche, les efforts entrepris pour la préservation du grand hamster. Sur fond de polémique autour du GCO.

La secrétaire d’État à la biodiversité est venue rencontrer agriculteurs, élus et acteurs locaux de l’environnement. Photo : DNA – David GEISS

La secrétaire d’État à la biodiversité est venue rencontrer agriculteurs, élus et acteurs locaux de l’environnement. Photo : DNA – David GEISS

« Le pronostic vital du grand hamster est engagé », a rappelé Barbara Pompili en précisant qu’en 1970, la région comptait 1 million de hamsters contre 400 en 2007. Et si le chiffre est aujourd’hui remonté à 800, c’est aussi en raison des 2 000 hamsters d’élevage introduits depuis. Mais on est encore bien loin des 1 500 hamsters nécessaires à la réelle préservation de l’espèce. « La population est certes stabilisée », elle n’en reste pas moins en danger. Ce qui a valu à la France d’être condamnée par la cour de justice européenne en 2011 et le pays n’est pas à l’abri d’une nouvelle procédure.

Éviter, réduire et sinon compenser

Ce n’est pourtant pas faute de se retrousser les manches en incluant tous les acteurs et dans un esprit de concertation avec le milieu agricole. Démonstration faite sur cette parcelle jouxtant, près d’Ernolsheim, la RD 45. Une activité agricole prenant en compte les aspects environnementaux et la préservation du grand hamster avec des exploitants qui jouent le jeu tout en regrettant les « retards récurrents des MAE », à savoir les compensations financières de production. Des agriculteurs qui pointent aussi du doigt les prédateurs comme le renard, nuisibles pour le hamster.

Une option cependant peu crédible pour la secrétaire d’État qui profite ensuite d’une petite réunion avec, entre autres, Alsace Nature, la région Grand Est, la DREAL, l’ONCFS et quelques élus locaux et régionaux pour notamment promouvoir la nouvelle loi sur la biodiversité votée l’été dernier. Barbara Pompili d’insister à ce propos sur « la séquence ERC ». Éviter, réduire et sinon compenser. Un principe hiérarchique qui doit guider tout projet d’aménagement « comme le GCO », a-t-elle précisé pour fustiger toute forme de financiarisation de la nature et en prêtant l’oreille aux dizaines de manifestants épaulés par quelques tracteurs, venus hier matin mettre ce sujet sensible sur la table. « Au secours Barbara », scandaient les opposants au Grand contournement ouest. Certains lui proposant même de faire un petit détour par le parc du château de Kolbsheim, haut lieu de biodiversité fortement impacté par le futur tracé de l’autoroute. Ce dossier n’est pas dans ses attributions, mais à entendre la secrétaire d’État, il sera « pionnier » et aura valeur de test pour l’application de la loi sur la biodiversité.

DNA-DNA-David Geiss (28/02/2017)

 

Deux foyers de contestation

Le syndicat mixte du Piémont des Vosges, au nom des communes concernées dans le secteur d’Obernai-Molsheim, où la population de hamsters est la plus vigoureuse en Alsace, a déposé le 16 février un recours auprès de plusieurs ministères. Il sollicite le retrait de la demande de réintroduction de hamster déposée par l’ONCFS pour la période 2017-2021. Ce n’est pas le principe qui pose souci mais le périmètre. Il passe de 9 000 ha à 16 000 ha, alors même que ces communes ont obtenu en décembre de la part de l’État une réduction des espaces de protection.

Les agriculteurs, eux, ont fait part de leur volonté de bloquer des achats de terre agricole par Vinci. Le concessionnaire du GCO a proposé cette voie pour répondre à son obligation de compenser l’habitat favorable au hamster détruit par son autoroute. Les agriculteurs parlent d’une centaine d’hectares, à compenser au moins sur une surface triple.

DNA-DNA-G.M. (28/02/2017)

Barbara Pompili au chevet du grand hamster

Courrier

La Cour des comptes, l’écotaxe et le GCO

Victor Schoenfelder, Gerstheim, réagit à notre page Zoom consacrée au rapport de la Cour des comptes :

« J’ai particulièrement apprécié votre article sur les alertes lancées par la Cour des comptes ( DNA du 9 février ). J’y ai d’ailleurs appris la proposition de Philippe Richert que le Grand Est mette l’écotaxe en place dans sa région. […]

Toutefois je suis déçu de ne pas avoir vu mentionné le projet inutile et imposé du Grand Contournement Ouest (GCO) qui est un sujet indissociable d’une écotaxe dans notre région.

En effet, l’application de l’écotaxe est une mesure phare des dix solutions du collectif “GCO Non Merci” pour faire sauter les bouchons sur l’A35.

Or les défenseurs de ce vieux projet autoroutier ont à cœur de diffuser de leur mieux l’information erronée que le GCO réduira les problèmes de congestion du trafic strasbourgeois. Pour preuve, voici l’avis défavorable des commissaires-enquêteurs dans la conclusion de l’enquête publique : “Le désengorgement [de l’A35] n’est ni l’enjeu, ni l’objectif du GCO”.

Alors que les travaux […] préliminaires démarrent dans la précipitation un peu partout sur le tracé, pourquoi ne pas avoir ouvert votre article sur ce sujet polémique et parfois très mal connu du grand public ?

L’application de l’écotaxe en Alsace est une vraie solution aux problèmes de bouchons, à la différence du GCO qui utilise fallacieusement cet argument. »

DNA-DNA-26/02/2017

 

Publié dans Biodiversité

Commenter cet article

Jean-Louis Imbs 01/03/2017 20:13

Dans 2 mois elle sera "morte" et qui veillera le petit hamster ?