Apiculture, la filière s’organise

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Dans le Grand Est, la filière apicole se structure pour mieux lutter contre la mortalité des abeilles.

Le syndrome d’effondrement des colonies n’épargne pas l’Alsace. Photo DNA – J.-P.R.

Le syndrome d’effondrement des colonies n’épargne pas l’Alsace. Photo DNA – J.-P.R.

L’hiver dernier, 13 % des ruches alsaciennes n’ont pas passé l’hiver. Le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles préoccupe les professionnels. Ils se sont retrouvés les 8 et 9 février derniers à Paris pour les 5e journées de la recherche apicole.

Lors de son discours introductif, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a insisté sur l’importance de la création d’une interprofession. Pour le moment, la filière s’organise autour des associations régionales de développement apicole (ADA). En Alsace, l’association fédère 95 % des 50 apiculteurs professionnels de la région. Elle accompagne l’installation des jeunes et propose des solutions techniques aux apiculteurs.

Malgré une forte tradition apicole en Alsace, elle n’existe que depuis 2014. La Lorraine et la Champagne-Ardenne voisines sont les dernières régions de France à ne pas en avoir. Une réforme statutaire est donc en cours pour que l’ADA Alsace devienne l’ADA Grand Est. Initiée en décembre, elle passera en assemblée générale le 27 février. Cette nouvelle organisation va augmenter le poids de l’association, permettant ainsi de mieux lutter contre la mortalité des colonies. « Plus on sera nombreux, plus on sera efficaces », assure Christophe Zimmermann, président de l’ADA Alsace.

Varroa et pesticides dans le viseur

Un des objectifs prioritaires de l’ADA Grand Est est la lutte contre le varroa, acarien responsable d’une grande partie des pertes hivernales. Un autre axe majeur est de développer une association plus étroite entre apiculteurs et agriculteurs pour améliorer les pratiques agricoles.

Semer des plantes mellifères après le blé, replanter des haies entre les parcelles… « Il y a plein de collaborations envisageables », s’enthousiasme Christophe Zimmermann. Il espère aboutir à un nouveau modèle agricole qui tienne compte des problèmes des apiculteurs. Ces problèmes, ce sont les pesticides, notamment dans la plaine d’Alsace. « Il n’y a plus de fleurs ! Que des champs de maïs sans mauvaises herbes », se désole André Frieh, président de la fédération d’apiculture du Haut-Rhin. Au-delà de la perte de biodiversité, les pesticides sont aussi impliqués dans l’intoxication de ruchers, un phénomène courant en Alsace. Les résidus de pesticides se retrouvent dans le pollen que les abeilles butinent, ce qui affecte la longévité des reines, la fertilité des mâles et - selon les travaux de l’unité Abeilles et environnement de l’INRA d’Avignon présentés la semaine dernière aux Journées de la recherche apicole - le vol des abeilles.

Pour Christophe Zimmermann, l’ADA Grand Est permettra d’avoir plus de moyens et ainsi de travailler avec des instances comme l’Institut technique et scientifique de l’apiculture (ITSAP) et l’Institut national de recherche agronomique (INRA) sur ces questions. D’autant plus que pour les pesticides, 2017 sera une année cruciale : à l’automne, la commission européenne devra rendre son verdict concernant l’interdiction des néonicotinoïdes, suspectés de contribuer au déclin des colonies.

DNA-Laura Hendrikx (14/02/2017)

Publié dans Biodiversité

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