Vague de froid janvier 2017 : Premier bilan de l’action de la LPO, de son réseau et des associations partenaires

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La Cellule nationale « vague de froid » de la LPO dresse un premier bilan de la période de froid de janvier 2017. Les dernières vagues de froid ayant touché notre pays remontent aux hivers 2012 et 2013.

Grive litorne (Turdus pilaris). Photo : Jean-Louis Schmitt

Grive litorne (Turdus pilaris). Photo : Jean-Louis Schmitt

En effet, depuis le 9 janvier 2017, la LPO, son réseau d’associations locales et associations partenaires (CORIF, Indre Nature, AOMSL…) se sont mobilisés sur la base des conditions météorologiques. En effet, une vague de froid d’au moins 10 jours consécutifs était annoncée, touchant au début une « très grande moitié est » de la France, avec des températures négatives y compris la journée, des sols gelés et ne dégelant pas. Cette période de gel prolongé venait s’ajouter dans de nombreux départements à la présence de la neige, parfois en quantité importante.

 

Trois grandes régions étaient principalement concernées

 

Grand-Est, Bourgogne – Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, mais les régions allant des Hauts de France à la région Centre-Val-de-Loire étaient aussi particulièrement concernés dans un premier temps.

 

Pour les principales régions, le réseau LPO et ses partenaires ont sollicité l’ONCFS et les services de l’État (Préfecture et DDT) pour demander la suspension de la chasse aux oiseaux, avec en priorité la suspension des limicoles (dont la Bécasse des bois, les bécassines, le Vanneau huppé…), les turdidés (grives et merles) et les rallidés, sans oublier l’ensemble des espèces chassables (anatidés, alaudidés, colombidés) qui subissent aussi la vague de froid.

 

Déclenchements de protocoles tardifs et pression accrue de la chasse

 

Il est important de souligner qu’aux conséquences de la vague de froid (non possibilité de s’alimenter, oiseaux affaiblis…) viennent s’ajouter une pression accrue de la chasse.

 

Au fur et à mesure de l’actualisation des prévisions météorologiques et de la confirmation dans la durée de la vague de froid (encore en cours dans certaines régions), l’ensemble du réseau a été sollicité et s’est mobilisé, y compris dans l’Ouest de la France (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Nouvelle-Aquitaine…) où les oiseaux fuyant le froid et les sols gelés sont venus se réfugier.

 

Alors que le réseau de la LPO et ses partenaires sont mobilisés depuis le 9 janvier, le protocole national gel prolongé n’a été déclenché que le 20 janvier (information officielle ONCFS du 23 janvier), même si dans certains départements ou régions, des protocoles locaux avaient été activés. La LPO dénonce aussi dans certains départements les plus touchés le non déclenchement des protocoles locaux ou trop tardifs : parfois plus de 10 jours alors que même les rivières et les plans d’eau étaient majoritairement entièrement gelés.

La LPO regrette encore une fois et dénonce le décalage important entre le début d’une vague de froid et la mise en alerte du protocole, autant que le délai nécessaire afin que les premières préconisations de suspension soient émises.

 

Viennent ensuite s’ajouter la pression des chasseurs locaux, notamment amplifiée en période pré-électorale, qui a retardé voire carrément fait annuler la prise de certains arrêtés.

À cette heure, un seul département (Meurthe-et-Moselle) a renouvelé son arrêté de suspension (soit 13 jours de non chasse pour la majorité et non la totalité des espèces chassables).

 

Alors que certains départements ont mis en place des mesures pour toutes les espèces chassables et sur une durée de 8 à 10 jours, de nombreux préfets ont permis la chasse (voire le massacre) des oiseaux les week-ends (notamment le 21-22 janvier) pour ne fermer que 5 jours durant la semaine et ré-ouvrir le week-end suivant (notamment 28-29 janvier).

De nombreuses espèces sont oubliées (les anatidés et le pigeon ramier ne sont que très rarement cités). Plusieurs départements n’ont suspendu la chasse que pour la Bécasse des bois, alors que les espèces voisines (bécassines, vanneaux et plus généralement les limicoles) ayant les mêmes contraintes pour leur alimentation, ne sont pas concernés.

 

Même si les conditions météorologiques s’améliorent légèrement cette semaine, les oiseaux ont besoin de 5 à 10 jours après une vague de froid pour retrouver un état physiologique normal et se disperser de nouveau sur le territoire.

 

Il est aussi impératif de suspendre, dans les territoires refuges (littoral, notamment atlantique et méditerranéen), la pression de chasse amplifiée par l’afflux des oiseaux fuyant la vague de froid.

 

La LPO, son réseau et ses partenaires se mobiliseront donc encore toute cette semaine pour essayer de préserver l’ensemble de ces oiseaux affaiblis par cette vague de froid.

Vague de froid janvier 2017 : Premier bilan de l’action de la LPO, de son réseau et des associations partenaires

Quelques chiffres clés au 25 janvier 2017 soir :

 

  • 39 départements ont pris des arrêtés de suspension de la chasse ;
  • 1 seul département où l’arrêté préfectoral de suspension de la chasse a été reconduit ;
  • 8,3 jours : c’est la moyenne de suspension de la chasse ;
  • 39 départements ont pris des arrêtés de suspension pour la Bécasse des bois et 33 pour les bécassines ;
  • 30 départements où la chasse aux vanneaux est suspendue ;
  • 28 départements où la chasse aux limicoles est suspendue ;
  • 26 départements où la chasse aux turdidés (grives et merles) est suspendue ;
  • seulement 15 départements où la chasse aux anatidés (canards et oies) a été suspendue ;
  • enfin, 5 départements ont suspendu seulement la chasse à la Bécasse des bois, et non aux bécassines, limicoles…

LPO (26 janvier 2017)

Publié dans Environnement

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Gérard CHAROLLOIS 28/01/2017 07:50

Le chasseur, premier destructeur de la nature

La CONVENTION VIE ET NATURE dépose plainte auprès de la Commission Européenne pour violation, par la France, de la directive relative à la conservation des oiseaux.
Le mercredi 25 janvier, la ministre dite de l'écologie déclara qu'elle avait donné l'instruction de ne pas verbaliser les chasseurs d'oiseaux d'eau qui tireraient des oies entre le 31 janvier et le 10 février, nonobstant la fermeture officielle de cette chasse.
Ainsi, la funeste chasse ne se contente pas de dérogations multiples, Il lui faut des tolérances.
Chasser en temps prohibé, en l'absence d'arrêté d'ouverture, constitue une contravention de braconnage.
La ministre couvre le braconnage pour satisfaire les exigences d'un lobby chasse nocif, hermétique à toute nécessité de sauvegarder la faune.
Malgré le froid intense de ces dernières semaines, le chasseur français veut tuer de manière compulsive.
Pendant des années, ce lobby contre-nature tenta de falsifier les données ornithologiques pour proroger en février le tir des oiseaux migrateurs.
Les ministres successifs, bien peu soucieux de l'intérêt général, déférèrent aux injonctions du monde de la chasse et prirent des arrêtés autorisant ces
tirs.
Le conseil d'Etat dut annuler, durant plusieurs dizaines d'années consécutives, ces arrêtés contraires au droit européen interdisant la chasse "lors du trajet de retour des oiseaux migrateurs vers leurs lieux de nidification".
Faute de pouvoir couvrir le braconnage par des arrêtés nouveaux que le conseil d'Etat ne pourrait qu'annuler, le ministère use de la "tolérance" contre nos oiseaux.
Nous devons dénoncer cette imposture et arracher le masque menteur dont se pare la chasse française.
Elle est la première cause, à défaut d'être la seule, de la mort de la biodiversité.
Abolissons la mort-loisir.
Votons contre les politiciens irresponsables qui flattent les tueurs.