Un long rêve

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Tom Motzko a choisi l’Amérique du Sud pour effectuer un périple à vélo. Il est parti seul pour parcourir 4 800 km à travers l’Argentine, la Bolivie et le Chili. Suite et fin de son récit, de ses impressions et des analyses qu’il retire de son périple.

Tom Motzko et le fameux arbre de pierre, en Bolivie. DR Le fameux arbre de Pierre en Bolivie. DR

Tom Motzko et le fameux arbre de pierre, en Bolivie. DR Le fameux arbre de Pierre en Bolivie. DR

Tom Motzko habite Schwartzbach. Il est ancien élève de la section sportive APPN (activités physiques de pleine nature) du collège de Schirmeck. Tout juste le bac S en poche après des études au lycée de montagne de Moutiers, dans les Alpes, où il a beaucoup pratiqué le ski de rando, l’alpinisme et l’escalade, il devient réserviste au bataillon de Chasseurs Alpins de Chambéry (13e BCA).

49 °C sans un seul arbre

Dans la première partie de son récit, on avait laissé le jeune homme au Chili (lire ici) : « Depuis un dernier col à 4 600 m, j’atteins enfin Arica, la ville la plus au nord du Chili au bord de l’Océan Pacifique où je prends mon premier bain de mer et fête mes 4000 km. 2000 km me séparent encore de la capitale. Malgré l’approche de la fin, cette dernière ligne droite sur la Panaméricaine s’avère assez monotone, très ventée et éprouvante à cause de la chaleur. En plein désert d’Atacama, même à la fin du printemps, mon thermomètre indique 49 °C sans un seul arbre à l’horizon. Par manque de temps, au bout de 800 km à Antofagasta, je prends un bus pour me rendre à Santiago, d’où je décollerai le 5 décembre pour rentrer ».

Tom Motzko évoque les meilleurs moments de son voyage : « Les paysages vraiment fantastiques que j’ai pu voir, surtout au Sud Lipez, en Bolivie, ont été à la hauteur de tous les efforts que j’ai fournis : lacs d’altitude, salars, volcans, canyons colorés par les minerais… ». Ses arrêts pour se reposer étaient également source d’émerveillement : « Autant dans les dunes d’Atacama que sur les hauts plateaux des Andes, au bord de l’océan ou près des volcans, ou dans mon hamac près d’une rivière ». Tom Motzko a aussi croisé des personnes attachantes : « Des cyclistes baroudeurs avec qui j’ai passé de bons moments à discuter. La gentillesse des quelques locaux et touristes qui m’offraient de l’eau, des gâteaux, une bière, des fruits. L’accueil chaleureux que j’ai reçu à Santiago, de la part d’amis chiliens qui m’ont gâté avec des douceurs locales et fait visiter les environs ».

Les galères du voyage

Comme dans tout voyage, il peut y avoir des instants moins sympathiques. Parmi eux, Tom Motzko retiendra « la solitude est vraiment l’épreuve la plus dure, surtout après quatre ans d’internat passés avec mes bons copains. De plus, je n’avais jamais entrepris d’aventure seul aussi longtemps. Les températures extrêmes : plus que du froid, j’ai surtout souffert de la forte chaleur. Et pédaler sur des montées interminables parfois dans le vent, ou pousser mon vélo sur les pistes sableuses : une épreuve vraiment pénible ! ». Le jeune aventurier se souvient aussi d’avoir rêvé « de gros gâteaux au chocolat bien fondant, de lasagnes ou de fromage quand j’avais très faim et que je devais me rationner ». Il a subi également « la pollution dans les villes, où je roulais avec un foulard sur la bouche et le nez, pour éviter les gaz d’échappement » ou encore « les affreux chiens errants qui me coursaient, en aboyant de façon féroce à la hauteur de mes mollets. En les menaçant avec ma machette, je devais pédaler encore plus vite, ce qui était très pénible ! ».

Ce voyage lui aura aussi appris « qu’être un grand sportif ne suffit pas pour avancer ! La volonté que j’ai acquise au fur et à mesure de mes expériences passées m’a beaucoup aidé, même si j’ai dû donner encore plus et aller parfois vraiment au bout de moi-même ».

« Osez, partez ! »

Ne pas connaître la langue du pays qu’on visite n’est pas un obstacle, estime Tom Motzko : « J’ai progressé en anglais, parlé allemand en faisant du woofing et je me suis un peu débrouillé en espagnol ».

De manière plus générale, même s’il a connu la faim et la soif et s’il a pu se « rattraper en ville, j’ai vraiment pris conscience de ce que certaines personnes vivent au quotidien dans le monde. Il suffit de sortir de chez soi, de son confort habituel, d’aller voir ailleurs pour apprécier la vie d’autant plus ! »

Tom Motzko s’adresse, en guise de conclusion, à des jeunes comme lui : « De retour en France, je me suis senti comme au réveil après un long rêve. Je suis revenu vraiment transformé et j’incite les jeunes à partir, eux aussi, à l’aventure : osez, partez, et vous ne le regretterez pas ! ».

DNA-10/01/2017

 

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Publié dans Insolite

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