Où sont passés les oiseaux ?

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les appels se succèdent à la LPO Alsace : les mangeoires à oiseaux, pourtant largement garnies, restent désertes cet hiver.

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus). Photo : JLS

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus). Photo : JLS

Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de l’absence de passereaux dans leur jardin. L’observation est partagée dans toute la France et outre-Rhin. Plusieurs théories sont avancées par les ornithologues pour expliquer le phénomène.

La première se base sur les conditions météorologiques de ces dernières semaines avec l’anticyclone qui a stagné durablement sur toute l’Europe. Les oiseaux que l’on observe habituellement en hiver en Alsace sont des migrateurs. Mésanges, rouges-gorges, pinsons et autres passereaux qui se reproduisent durant l’été dans les contrées nordiques n’ont peut-être cette année pas eu besoin de descendre bien loin au sud pour rester à l’abri du froid.

La deuxième explication concerne l’abondance inhabituelle de nourriture dans la nature, notamment en forêt, qui rend cette dernière très attractive pour l’avifaune. De nombreux témoignages attestent ainsi de la présence importante d’oiseaux dans les forêts vosgiennes suite à la bonne fructification des hêtres et à l’inversion de température de ces dernières semaines.

N’oublions pas non plus la très mauvaise saison de reproduction des passereaux au printemps, avec une mortalité d’oisillons importante due à une humidité excessive. Cela a entraîné une nette baisse du nombre d’individus qui, ajoutée à la baisse globale des effectifs des oiseaux communs en France, aboutit au phénomène d’absence constaté actuellement.

C’est le moment de les nourrir

Raison de plus d’être particulièrement vigilant ces jours-ci avec la brusque baisse des températures. Les oiseaux ne sont pas directement affectés par le froid mais par la difficulté d’accès à la nourriture, emprisonnée par le gel ou sous la neige. Le nourrissage s’avère dès lors une aide précieuse.

Les petits oiseaux apprécieront une coupelle d’eau liquide ainsi que des aliments riches en énergie : suif mélangé à des graines, tournesol, cacahuètes non salées et non grillées, noix ou blé concassés, pommes,…

Surtout ne jamais donner de pain ou d’aliments salés, qui provoquent des troubles digestifs.

Plus d’info sur alsace.lpo.fr

DNA-DNA (08/01/2017)

Chardonneret élégant (Carduelis carduelis). Photo : JLS

Chardonneret élégant (Carduelis carduelis). Photo : JLS

Publié dans Environnement

Commenter cet article

Line Schneider 11/01/2017 06:29

C'est bien la première année où il y a si peu de moineaux dans mon jardin. Je compte quelques mésanges, 1 petit rouge gorge et un couple de merles…

M.N. 11/01/2017 06:29

2 mésanges charbonnières,2 mésanges bleues,1 rouge gorge,2 merles, des moineaux par contre très nombreux…

Céline Dacg 11/01/2017 06:29

J'en ai pas mal qui reviennent depuis vendredi mais, c'est vrai, qu'ils se font rares…

Florence Specht Yvars 11/01/2017 06:28

Ils reviennent depuis seulement 1 semaine mais beaucoup moins nombreux que les années précédentes !

Andrée Vetter 11/01/2017 06:25

3 mésanges bleues, une nonnette et une charbonnière, un rouge gorge, 4 merles (2 couples), des pies en pagaille et plein de moineaux. Dans le grand sapin en face de chez moi il y a quand même des mésanges à longue queue... Mais effectivement ce n'est pas beaucoup !

Izabel Mailfert 11/01/2017 06:24

J'en vois quelques-uns depuis trois jours mais ils sont rares (2 mésanges, 1 rouge-gorge, 2 merles, 1 pie et peu de moineaux) il y en avait tellement... Même les choucas et les corneilles ne viennent plus…

Paule 11/01/2017 05:39

Pour les oiseaux : je confirme qu’ils ne sont toujours pas là. J’ai toujours ma réserve de graines et de boules .
Même constatation dans le Haut-Rhin, dans le Limousin, dans le Lot, dans l’ Agenais et à Paris !!! Mon cousin m’a dit que dans les parcs autour de chez lui, les pies ont remplacé les moineaux et qu’il n’y a que très peu de moineaux...
J’espère qu’ils seront de retour au printemps !

Anne Andolfi 09/01/2017 18:35

Voici qui répond à ma question, mes mangeoires désemplissent à peine cet hiver... Très bel article...

Michele Enault 09/01/2017 06:42

Par contre en ville nous en nourrissons beaucoup !!!

Gérard CHAROLLOIS 08/01/2017 20:26

En alimentant forces mangeoires, comme je m’y adonne depuis suffisamment d’années, on mesure la raréfaction de la nature ordinaire, celle de nos parcs et jardins et, plus encore, celle des campagnes empoisonnées par l’agrochimie.
Ce qui frappe un observateur éveillé, non conditionné au nombrilisme spéciste, c’est la disparition du vivant. Ce qui signe l’échec de notre civilisation, pas moins, tient à la disparition, dans les villes hostiles à la vie, des moineaux domestiques qui cohabitèrent avec les hommes durant des siècles. Les villes deviennent des déserts d’avifaune et vous rencontrerez des hommes « nuisibles » pour ânonner que les pigeons, les moineaux et autres compagnons ailés souillent, propagent des maladies.
L’idiotie et les préjugés totalement infondés ne sont pas propagés par les oiseaux ! Pour les obscurantistes, les oiseaux ne servent à rien, les renards envahissent les périphéries des métropoles, les sangliers prolifèrent, les loups persécutent les bergers et l’homme peut aseptiser la terre pour satisfaire ses pulsions de domination, son culte du profit maximisé, pour répondre à ses besoins de violences traditionnelles.
En marge des médias formatés, sachons que l’important, c’est l’oiseau et qu’il faut, en présence d’une innovation technologique, d’un phénomène climatique, d’un mode de production ou d’un loisir, s’interroger sur leurs conséquences pour les autres formes de vies avec lesquelles nous partageons la terre. L’humain est criminel d’électrocuter les grands oiseaux, de piéger les passereaux cavernicoles dans les poteaux métalliques creux du téléphone, de tracer des routes en bordure de marais, de disperser des biocides dans ses cultures, de transformer les forêts en usines à bois et les montagnes en parcs à moutons, d’exploiter et de croître au détriment des autres espèces.
Puis, il y a les sadiques qui « aiment jeter du plomb dans les arbres qui chantent » (Edmond ROSTAND) et tous ceux qui par paresse morale considèrent que les tueurs participent du décor sociologique et que la chasse, la guerre, la tauromachie sont des fatalités auxquelles il convient de se résigner pour ne pas encourir le risque d’être étiqueté extrémiste.
Une révolution culturelle s’impose : il faut désormais penser à la nature. Le poète et le scientifique ont raison : l’important, c’est l’oiseau !

Jpl 08/01/2017 20:04

Bonne année à tous!
Ici dans la région parisienne je n'ai pas observé de grosse différence par rapport à l'hiver dernier mis à part les mésanges huppées et nonnettes que je n'ai pas vues. Ces dernières ne viennent cependant que lorsqu'il fait bien froid. Il y a eu beaucoup moins de moineaux il y a deux ou trois ans mais beaucoup sur 2015/2016.
Ceci dit nous alimentons les mangeoires toute l'année et cela a peut être une influence?

JJ Brother 08/01/2017 19:28

Nous étions nous aussi assez inquiets et étions prêts à accuser le voisin d'avoir trop taillé son coté de haie ! Mais, depuis quelques jours, les oiseaux reviennent certes moins nombreux que d'habitude mais ils reviennent...

Mina Antico 08/01/2017 19:19

C'est la question que nous n'arrêtons pas de nous poser :( ! De milliers, nous sommes passés à quelques dizaines d'oiseaux seulement cet hiver, c'est fou...