Les zones humides, un patrimoine à préserver

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le 2 février, c'est la journée mondiale des zones humides. L'occasion de sensibiliser le grand public à ces milieux naturels en danger.

Photo : Jean-Louis Schmitt

Photo : Jean-Louis Schmitt

Jeudi prochain, les zones humides seront célébrées dans le monde entier. Mais qu'est-ce qu'une zone humide ?

 

Il s'agit des marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves, deltas, rives de lac etc. Des milieux naturels considérés pendant des siècles comme inutiles et insalubres.

L'homme a pourtant décidé d'en tirer parti.

 

Oui, mais souvent à destination des plus pauvres. Le marais poitevin, par exemple (aujourd'hui près de 100 000 hectares) fut concédé ou donné par de grands seigneurs du VIIème à des abbayes. Et ce sont les moines qui ont engagé de gigantesques travaux.

 

En d'autres lieux, la Sologne n'est qu'une terre marécageuse qui va être assainie grâce à la création de milliers d'étangs, entre le 11ème et le 13ème siècle. Aujourd'hui, on en compte près de 3 200.

 

Pourquoi les zones humides sont-elles indispensables ?

 

D'abord, elles ont donné à manger aux populations locales grâce notamment à la pisciculture ou à l'élevage. Ensuite - et peut-être surtout – parce qu’elles constituent une véritable nurserie de la vie sauvage.

50 % des espèces d'oiseaux dépendent de ces milieux qui accueillent également les 2/3 des poissons consommés, sans parler des batraciens, des mammifères comme les loutres ou les visons, etc...

 

Elles jouent également un rôle lié au climat

 

Elles font office d’éponge en résorbant les crues ou en libérant les eaux lors des sécheresses, tout en épurant ces eaux en surface. Les eaux de la ville de Rochefort, par exemple, sont traitées dans une zone humide par lagunage.

Et puis on a constaté que les territoires humides protégeaient les rivages de l'érosion et les côtes des tempêtes. D'une manière générale, on a évalué que les services rendus par les zones humides pouvaient atteindre 6 700€ par hectare.

 

Malgré tous ces bienfaits, elles sont sérieusement menacées, d'où cette journée mondiale du 2 février

 

En France, elles ont perdu les 2/3 de leur superficie en près d'un siècle. C'est à dire près de 2 500 000 hectares, soit 3 fois la Corse en quelques décennies.

Dans le monde, ce n'est guère mieux : 64 % de la surface des zones humides de la planète ont disparu depuis 1900.

 

En a-t-on identifié les raisons ?

 

Toujours les mêmes :

  • l'intensification agricole
  • l'artificialisation
  • les aménagements touristiques et portuaires
  • la création de canalisations, etc.

 

Que faire ?

 

Sensibiliser le grand public et les décideurs d'où cette journée mondiale qui sera lancée depuis Brouage, en Charente Maritime, avec pour thème cette année : « La prévention des catastrophes ».

 

Curieux de Nature/France Inter- Allain Bougrain-Dubourg (29 janvier 2017)

Photo : JLS

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Publié dans Environnement

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Denis S. 30/01/2017 17:37

Des milieux naturels marécageux considérés pendant des siècles comme inutiles et insalubres concédés par de (généreux) seigneurs aux "bonnes œuvres" …

Si j'ai bien compris au début c'était plutôt un "cadeau" merdique et sans valeur fait aux "pauvres"...

Les zones humides sont indispensables mais alors… pourquoi s'acharner à les faire disparaître ? Si vous vous demandez à qui profite le crime la fin de l'article nous fournit la réponse :

• l'intensification agricole : rappel: l'Agriculture, l'Industrie, le Nucléaire, la Science, le Progrès, la Pollution, le Pouvoir, la Justice, ne sont pas des entités abstraites ou des objets mais des hommes souvent mal intentionnés qui rarement sont dénoncés, poursuivis, condamnés à hauteur de leurs méfaits. A regarder "impuissant" ces gens saccager la planète sous le regard bienveillant des autorités il y a de quoi nourrir de envies assassines... mais ça ne se fait pas !

• l'artificialisation : ce que le jardin à la "française" est à la nature, le "caniche toiletté" au chien normal, l'autoroute rectiligne à la départementale, les mégalopoles, les tours infernales, les machins à grande vitesse, les trucs record ...

• les aménagements touristiques et portuaires : quand dans quelques décennies on ne trouvera plus d'endroit où planter une patate il sera un peu tard pour pleurer les millions d'hectares transformés en Mickeylands, en marinas, en bases nautiques, en parkings de grandes surfaces, en pistes d'atterrissage, en terrains militaires ou bradés à de voraces spéculateurs à coup de magouilles et détournements de lois ...

• la création de canalisations, etc. : Curieusement il ne me vient rien à l'idée ! Ah, si quand-même : il me revient l'image de la rivière de mon enfance canalisée au bulldozer sur des kilomètres. Décidément on n'arrête pas, non pas le progrès, mais la capacité de nuisance des hommes...

Pourquoi laisse-ton faire ? Sans doute parce qu’à de rares exceptions près le mal est plus fort que le bien, la saloperie supérieure à la vertu, la générosité peu de chose face à la rapacité, et à court terme le mensonge toujours plus efficace que la vérité...