Le milan royal est arrivé

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Comme chaque année, des dizaines de volontaires ont passé le weekend à observer et compter les milans royaux, qui émigrent vers le sud à la mauvaise saison. Cette espèce de rapace, qui n'existe qu'en Europe, est désormais classée «vulnérable».

Le milan royal est présent dans les Pyrénées jusqu'au printemps. Photo : archives DDM

Le milan royal est présent dans les Pyrénées jusqu'au printemps. Photo : archives DDM

Majestueux, profitant des courants ascendants pour planer et guetter ses proies, vous en avez peut-être déjà aperçu. Comme chaque année, le Milan royal quitte le nord de l'Europe pour passer l'hiver dans nos régions. N'étant pas un rapace d'altitude, il évolue souvent en plaine et ne dépasse vole pas au-dessus de mille mètres. Ce week-end, comme il est de tradition, l'Ariège, comme beaucoup de pays européens (1), pratique le comptage de ces volatiles. Classé «espèce menacée», il ne resterait que 30 000 couples dans toute l'Europe. 700 individus ont été recensés l'an dernier dans notre département, près de 5 000 dans l'ensemble des Pyrénées.

Intoxiqués

Au point de rendez-vous, Benjamin Bourillier répartit la quinzaine de volontaires en équipes, distribue cartes et talkies-walkies, indique à chacun sa zone d'observation. «L'espèce n'avait aucun souci jusque dans les années quatre-vingt, explique-t-il, mais le milan est aujourd'hui menacé par divers facteurs : se nourrissant dans les champs de vers de terre, de campagnols et de charognes, il est intoxiqué par les pesticides dus à l'agriculture intensive, ainsi que par les plombs de chasse qu'il ingurgite en mangeant des animaux morts non ramassés par les chasseurs. Ceux-ci, parfois, ne se gênent pas pour les tirer alors que c'est interdit, comme pour tous les rapaces. Les lignes électriques représentent également une menace, mais les responsables sont plutôt réactifs».

Balises électroniques

Ce rapace n'existe qu'en Europe. Ce qui signifie qu'en cas de disparition du continent, c'est une espèce de plus qui disparaîtra de la surface du globe. Hormis ce comptage annuel, la LPO (2), à laquelle sont remis ces chiffres, met en œuvre deux moyens pour suivre l'évolution de l'espèce. Un échantillon de volatiles est doté de balises électroniques, ce qui permet de le tracer en temps réel. Une autre méthode consiste à placer des bagues de couleurs sur les oiseaux, afin que les observateurs puissent estimer leur provenance, les codes couleurs étant différents selon le pays d'origine.

Si le milan est en vol la journée, il est plus grégaire à la nuit tombée, les individus se regroupant dans des «dortoirs», le plus souvent des bois afin de s'abriter. Oiseau utile, il contribue à la régulation de l'écosystème en chassant les campagnols qui détruisent les cultures s'ils sont endémiques.

- (1) : Italie, Espagne, Portugal, Lituanie, etc.

- (2) : Ligue de Protection des oiseaux.


Escoufle au XVIe siècle

C'est son nom en ancien français. Pour le reconnaître, son plumage est brun roux dessus, strié de noir dessous, sa tête, sa nuque, sa gorge sont blanchâtres et striées de sombre. En vol, il présente une silhouette caractéristique, avec ses longues ailes étroites et fortement coudées, des taches claires sous les ailes et sa queue échancrée. L'envergure est de 1,75 à 1,95 m. Sa taille est de 60 à 66 cm. Attention à ne pas le confondre avec la buse. Moins grande, elle a les ailes moins coudées en vol et ne présente pas d'échancrure à la queue.


Le chiffre : 700

c'est le nombre> de milans comptés en Ariège l'an dernier. L'espèce compte 5 000 individus dans l'ensemble des Pyrénées. 30 000 couples pour toute l'Europe. Depuis une vingtaine d'années, ce rapace est menacé, de façon indirecte par l'agriculture intensive et la chasse. Ils sont en théorie protégés par la loi, comme toutes les espèces similaires.

 

La Dépêche du Midi/Philippe Abetel (9 janvier 2017)

 

Message de Sébastien Didier - Chargé de mission/LPO Alsace

Concernant les milans royaux, les premiers retours que j’ai eu n’indiquent pas la présence de l’espèce en Alsace bossue. Si l’un ou l’une d’entre-vous en a observé, merci de me le faire savoir. Par ailleurs, si vous avez prospecté sans en observer, merci de m’indiquer le secteur où vous êtes allés.

 

Je reviens vers vous pour deux autres actions coordonnées par la LPO Alsace.

 

Laurent Waeffler recherche actuellement une ou plusieurs personnes qui souhaiteraient participer au comptage des oiseaux d’eau hivernants (Wetlands) ce week-end en Alsace bossue sur la Sarre notamment. Merci de me contacter ou de le contacter directement si vous êtes intéressés pour y participer.

 

La LPO réalise également un suivi annuel des populations de rapaces diurnes via l’opération Observatoire rapaces. Il s’agit de dénombrer les couples nicheurs dans un carré de 5x5 km2 tiré au sort chaque année. Cette année, il y a un quadrat à prospecter sur le secteur de Wolfskirchen, Eywiller, Eschwiller. Un site est dédié à cette action http://observatoire-rapaces.lpo.fr/index.php . Si vous êtes intéressés, merci de me contacter afin que je vous présente plus précisément ce recensement.

 

Publié dans Environnement

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