La Hague : Areva reconnaît une pollution à l’Américium

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La Commission locale d’information (Cli) d’Areva La Hague se tenait jeudi 26 janvier. L’ASN et la direction de l’établissement ont reconnu qu’il y avait bien eu une pollution aux alentours du site, pointée du doigt à l’automne par l’ACRO.

Une pollution à l'américium était à l'ordre du jour de la Cli d'Areva la Hague ce jeudi 26 janvier. | Jérôme FOUQUET

Une pollution à l'américium était à l'ordre du jour de la Cli d'Areva la Hague ce jeudi 26 janvier. | Jérôme FOUQUET

La Commission locale d’information (Cli) d’Areva-La Hague s’est penchée ce jeudi sur la question de la pollution du ruisseau des Landes à l’américium-241, un élément radioactif toxique.

Alerte en octobre

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) avait lancé une alerte en octobre sur la présence anormale de cet élément radioactif dans le ruisseau. Invitée dans les débats de la Cli, ce jeudi, la question a pu être plus longuement développée, comme promis par Pierre Bihet, président de la Commission.

«Il y a bien des valeurs en américium élevées dans la zone, a reconnu Hélène Héron, directrice de l’antenne caennaise de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Nous n’avons pas d’inquiétude quant à l’impact sanitaire.»

«Reprendre et conditionner les terres»

«Areva la Hague va mettre en œuvre un plan daction en vue de reprendre et conditionner les terres marquées en américium 241 dans la zone située au nord-ouest du site», indiquait mardi Areva.

Ouest-France/Pauline LE MORLEC (26 janvier 2017)

Areva reconnaît une pollution près de son usine de la Hague

POLLUTION : Il faut 432 ans pour que la radioactivité de l’américium 241 diminue de moitié...

Le 7, 2015 la Tour Areva à La Defense. AFP PHOTO ERIC PIERMONT - AFP

Le 7, 2015 la Tour Areva à La Defense. AFP PHOTO ERIC PIERMONT - AFP

Areva va « ramasser » des terres polluées à l’américium 241, un élément très radioactif, près de son usine de Beaumont-Hague (Manche), a indiqué ce jeudi son directeur adjoint René Charbonnier après l’étude d’une association révélant cette pollution. Le responsable s’exprimait lors d’une commission locale d’information (CLI) réunissant industriels, syndicats, Autorité de sûreté nucléaire (ASN), élus locaux et associations écologistes.

Cette décision fait suite à une étude de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), un laboratoire indépendant des industriels, qui avait révélé en octobre des niveaux d’américium jugés depuis « anormalement élevés » par l’ASN. Il faut 432 ans pour que la radioactivité de l’américium 241 diminue de moitié.

 

Présence supposée de plutonium

 

L’ACRO, qui a refait des prélèvements depuis la publication de son étude, a fait état ce jeudi d’une pollution allant « jusqu’à 200 Becquerels par kilo (Bq/kg) sec » (non humide), soit selon elle « plus de 650 fois » les valeurs trouvées par Areva avant l’étude, dans cette zone de marécages traversée par un ruisseau baptisé Les Landes. Selon l’association, une telle présence d’Américium « laisse supposer qu’il y a du plutonium. On peut s’attendre à trouver jusqu’à 300 Bq/kg sec de plutonium », a affirmé Antoine Bertollin, de l’ACRO, devant la CLI.

L’ASN n’a toutefois « pas d’inquiétude particulière quant à l’impact sanitaire » de cette « pollution », a indiqué Hélène Héron, directrice de l’antenne caennaise de l’ASN. « C’est un événement passé, ce n’est pas une pollution qui est en train de se faire » mais il reste « un travail important à réaliser pour essayer de comprendre d’où vient ce marquage », a ajouté Hélène Héron.

 

L’exposition par inhalation non prise en compte ?

 

Selon Areva « il faudrait ingérer environ 30 kg de terres sèches marquées à 84 Bq/kg sec en Américium 241, soit environ 300 kg de terre fraîche pour atteindre la limite de 1 mSv », seuil limite individuel et annuel que le public ne doit pas dépasser.

L’argument a fait bondir Pierre Barbey, membre de l’ACRO et maître de conférence à l’université de Caen, reprochant à Areva de ne pas tenir compte de l’exposition par inhalation, qui est selon lui « 150 à 200 fois » plus importante pour un adulte que par ingestion.

 

Ces terres sont extérieures au site nucléaire mais appartiennent à Areva, selon l’industriel. Selon l’ACRO c’est une zone de pâture.

Le volume, le coût et le calendrier de l’opération sont en cours d’étude, selon Areva. L’usine de retraitement des déchets nucléaires de Beaumont-Hague est le site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe.

20 Minutes avec AFP (26 janvier 2017)

 

A lire aussi : Les chaussures de salariés contaminées dans une usine de retraitement des déchets d'Areva

 

Publié dans Nucléaire

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Jean-Louis 27/01/2017 07:44

Dans les DNA, l'info ne fait que 3 lignes : pardi, c'est qu'il ne faudrait surtout pas apporter de l'eau au moulin de ceux qui militent pour la fermeture de Fessenheim !